Lamentations
IntroductionLamentations 2
Analyse du texte source · restitution Philologique
Ya‘iv vient de ‘-w-b, « couvrir de nuage ». Hadom raglaw, « marchepied de ses pieds », est une image cultuelle de la présence divine. Le chapitre est un acrostiche de 22 versets.
Billa‘, « engloutir », est un verbe récurrent du chapitre. Ḥillel signifie profaner/rendre commun, appliqué ici au royaume et aux princes.
Qeren, « corne », fonctionne métaphoriquement pour puissance/honneur. Heshiv ’aḥor yemino : « il a fait revenir en arrière sa droite », inversion de l’image habituelle du secours divin.
Ke’oyev / ketsar, « comme ennemi / comme adversaire », sont des comparaisons explicites. Maḥamadde-‘ayin : « ce qui est précieux/désirable à l’œil ».
Ta’aniyyah wa’aniyyah forment un jeu sonore sur lamentation et plainte/deuil. Le redoublement de billa‘ renforce l’idée d’engloutissement total.
Sokh peut signifier abri/enclos ; mo‘ed désigne à la fois lieu/temps de rendez-vous et fête fixée. Le parallélisme avec shabbat confirme ici le registre cultuel.
Ni’er signifie repousser/dédaigner. L’expression keyom mo‘ed crée une ironie tragique : le bruit militaire imite le tumulte d’un jour de fête.
Qaw, « cordeau », peut servir à mesurer pour bâtir ou démolir. Billa‘, « engloutir », reprend le vocabulaire des vv.2 et 5.
Torah peut désigner ici instruction/enseignement, probablement lié à l’institution sacerdotale. Lo-matse’u ḥazon : « ils n’ont pas trouvé de vision ».
Yiddemu : « ils se taisent ». Les gestes de poussière et de sac appartiennent au répertoire traditionnel du deuil et de l’humiliation.
Kaved, « foie », est siège d’émotion dans l’anthropologie poétique. Shever bat-‘ammi : « brisure/ruine de la fille de mon peuple ».
Nefesh peut signifier vie/souffle/personne. Hishtappekh nefesham, « leur vie se répand », décrit l’agonie par une image de liquide qui s’écoule.
Mah-’a‘idekh est difficile : « que puis-je attester pour toi ? » ou « que puis-je prendre comme comparaison ? ». Shever peut être fracture, brèche ou ruine.
Shaw’ wetafel : « vanité et fadeur/mensonge ». Madduḥim vient d’une racine d’égarement. Hashiv shevutekh peut être « ramener ta captivité/ta situation ».
Sapaq kappayim peut exprimer applaudissement moqueur ou geste de stupeur. Kelilat yofi : « perfection/couronne de beauté ».
L’ordre Pé/Ayin est inversé par rapport à l’alphabet standard, phénomène partagé par les chapitres 2–4. Bala‘nu, « nous avons englouti », répond au verbe divin billa‘ des vv.2 et 5.
Bitsa‘ ’emrato : « accomplir/achever sa parole ». Qeren tsarayikh, « corne de tes adversaires », signifie leur puissance relevée.
Bat-‘enekh, litt. « fille de ton œil », désigne la prunelle. Al-tidom : « qu’elle ne se taise/se repose pas ».
Roni peut signifier crier, gémir ou faire retentir la voix. Shifkhi khammayim libbekh : « verse comme de l’eau ton cœur », métaphore de prière totale.
‘Olelei tippuḥim désigne les petits enfants élevés/portés avec soin. Le verset est une série de questions accusatrices adressées à Dieu.
Tavaḥta, « tu as abattu/égorgé », est un verbe sacrificiel ou militaire très fort. Le verset fait entendre la théologie du jugement depuis l’intérieur de la lamentation.
Megurai peut signifier « mes terreurs » ou « ceux qui m’entourent », mais le parallélisme avec mo‘ed favorise l’image d’une convocation des terreurs. Tippaḥti weribbiti : « j’ai soigné/élevé et fait grandir ».