Job
IntroductionJob 9
Édition évolutive · en cours de révision · non validée S5 · reformulation contrôlée pour saisir immédiatement le sens discursif · restitution Paraphrase
Job répondit :
« Oui, je sais bien ce que tu veux dire. ⏎ Mais comment un mortel pourrait-il être déclaré juste dans un procès face à Dieu ?
S’il voulait débattre avec lui, ⏎ il ne pourrait répondre à une seule question sur mille.
Dieu est sage de cœur et puissant en force ; ⏎ qui s’est raidi contre lui et en est sorti indemne ?
Il déplace les montagnes sans qu’elles s’en aperçoivent ; ⏎ dans sa colère, il les renverse.
Il secoue la terre hors de sa place, ⏎ et ses colonnes vacillent.
Il commande au soleil de ne pas se lever ⏎ et ferme les étoiles comme sous un sceau.
Lui seul déploie les cieux ⏎ et marche sur les hauteurs de la mer.
Il a fait Ash, Kesil et Kimah, ⏎ ainsi que les chambres du ciel austral.
Il accomplit des choses immenses et insondables, ⏎ des merveilles qu’on ne peut compter.
S’il passe tout près de moi, je ne le vois pas ; ⏎ s’il se déplace devant moi, je ne le distingue pas.
S’il saisit quelque chose, qui pourrait l’obliger à rendre ? ⏎ Qui pourrait lui demander : “Que fais-tu ?”
Dieu ne retire pas facilement sa colère ; ⏎ même les auxiliaires de Rahab, puissance du chaos, se courbent sous lui.
Alors comment pourrais-je, moi, lui répondre ⏎ et trouver les mots justes devant lui ?
Même si j’étais dans mon droit, je ne saurais quoi répondre ; ⏎ je ne pourrais que supplier mon juge.
Même si je l’appelais et qu’il me répondait, ⏎ je ne serais pas sûr qu’il ait réellement prêté attention à ma voix.
Lui qui m’écrase dans la tempête ⏎ et multiplie mes blessures sans raison
ne me laisse même pas reprendre souffle, ⏎ mais me remplit d’amertume.
S’il s’agit de force, il est le puissant. ⏎ S’il s’agit d’un procès, qui pourrait me faire comparaître avec lui ?
Même si je me déclarais juste, mes propres paroles me condamneraient ; ⏎ si je proclamais mon intégrité, ma bouche me ferait paraître coupable.
Je suis intègre — pourtant je ne reconnais plus ma propre vie ; ⏎ je la méprise.
Au fond, tout revient au même ; c’est pourquoi j’ose le dire : ⏎ il détruit l’homme intègre comme le méchant.
Quand un fléau tue soudainement, ⏎ il semble se moquer du désespoir des innocents.
La terre est livrée aux mains du méchant ; ⏎ le visage de ses juges est couvert. ⏎ Si ce n’est pas lui qui le permet, qui donc ?
Mes jours passent plus vite qu’un coureur ; ⏎ ils fuient sans avoir connu le bonheur.
Ils glissent comme des barques de papyrus, ⏎ comme un aigle qui fond sur sa proie.
Si je me dis : “J’oublierai ma plainte, ⏎ je changerai de visage et retrouverai la sérénité”,
je reste effrayé par toutes mes douleurs, ⏎ car je sais que tu ne me déclareras pas innocent.
Si je dois de toute façon être déclaré coupable, ⏎ pourquoi m’épuiser encore en vain ?
Même si je me lavais dans l’eau de neige ⏎ et nettoyais mes mains avec de la soude,
tu pourrais encore me plonger dans la fosse, ⏎ au point que mes vêtements eux-mêmes me trouveraient répugnant.
Dieu n’est pas un homme comme moi auquel je puisse répondre, ⏎ afin que nous comparaissions ensemble devant un tribunal.
Il n’existe entre nous aucun arbitre ⏎ capable de poser sa main sur nous deux,
de retirer de moi son bâton ⏎ et d’éloigner la terreur qui m’écrase.
Alors je pourrais parler sans avoir peur de lui ; ⏎ mais, dans la situation où je suis, je ne le peux pas. »