Job
IntroductionJob 10
Édition évolutive · en cours de révision · non validée S5 · reformulation contrôlée pour saisir immédiatement le sens discursif · restitution Paraphrase
« Je suis dégoûté de ma propre vie ; ⏎ je vais donc laisser sortir ma plainte ⏎ et parler avec toute l’amertume de mon âme.
Je dirai à Dieu : “Ne me condamne pas sans m’expliquer ; ⏎ fais-moi savoir ce que tu me reproches.
Trouves-tu bon de m’opprimer, ⏎ de rejeter l’ouvrage de tes propres mains, ⏎ tout en laissant prospérer les projets des méchants ?
Aurais-tu des yeux de chair ? ⏎ Verrais-tu les choses comme les voit un homme ?
Tes jours seraient-ils limités comme ceux d’un mortel, ⏎ tes années comme celles d’un homme,
pour que tu recherches ma faute avec tant d’insistance ⏎ et que tu enquêtes sur mon péché,
alors que tu sais que je ne suis pas coupable ⏎ et que personne ne peut m’arracher de ta main ?
Tes propres mains m’ont façonné et formé, ⏎ tout entier, de tous côtés — et maintenant tu voudrais me détruire !
Souviens-toi : tu m’as modelé comme de l’argile, ⏎ et tu voudrais déjà me ramener à la poussière.
Ne m’as-tu pas versé comme du lait ⏎ et fait cailler comme du fromage ?
Tu m’as revêtu de peau et de chair, ⏎ puis tissé d’os et de nerfs.
Tu m’as donné la vie et ta fidélité bienveillante ; ⏎ ta sollicitude a gardé mon souffle.
Et pourtant, je comprends maintenant que tu gardais quelque chose en réserve dans ton cœur ; ⏎ je sais que ce projet était auprès de toi :
si je péchais, tu me surveillerais ⏎ et ne me tiendrais pas quitte de ma faute.
Si je suis coupable, malheur à moi ! ⏎ Et même si je suis juste, je n’ose pas relever la tête, ⏎ tellement je suis rempli de honte et accablé par ma misère.
Si je relève la tête, tu me poursuis comme un lion ; ⏎ encore une fois tu déploies contre moi une puissance redoutable.
Tu fais surgir sans cesse de nouveaux témoins contre moi, ⏎ tu intensifies ta colère, ⏎ et les attaques se succèdent comme des relèves militaires.
Pourquoi donc m’as-tu fait sortir du ventre ? ⏎ J’aurais pu mourir avant qu’un seul œil me voie.
J’aurais été comme si je n’avais jamais existé ; ⏎ du ventre maternel on m’aurait conduit directement au tombeau.
Mes jours ne sont-ils pas déjà si peu nombreux ? ⏎ Qu’il cesse donc de me presser ; qu’il détourne de moi son regard, ⏎ afin que je retrouve un peu de répit,
avant de partir pour le lieu d’où l’on ne revient pas, ⏎ pays de ténèbres et d’ombre de mort,
pays obscur, sans ordre, ⏎ où même la lumière ressemble à la nuit. »