Job
IntroductionJob 21
Édition évolutive · en cours de révision · non validée S5 · reformulation contrôlée pour saisir immédiatement le sens discursif · restitution Paraphrase
Job répondit :
« Écoutez vraiment mes paroles ; ⏎ que cette écoute soit enfin votre manière de me consoler.
Supportez-moi encore le temps que je parle ; ⏎ après, vous pourrez recommencer à vous moquer si vous le voulez.
Ma plainte s’adresse-t-elle seulement à des hommes ? ⏎ Comment mon souffle ne serait-il pas à bout ?
Regardez-moi et soyez stupéfaits ; ⏎ mettez la main sur votre bouche.
Quand je pense à ce que je vais dire, moi-même je suis épouvanté ; ⏎ un frisson saisit ma chair.
Pourquoi les méchants continuent-ils à vivre, ⏎ vieillissent-ils même, et deviennent-ils toujours plus puissants ?
Leur descendance reste solidement établie devant eux ; ⏎ ils voient leurs enfants et les enfants de leurs enfants.
Leurs maisons vivent dans la paix et sans peur ; ⏎ le bâton de Dieu ne les frappe pas.
Leur taureau féconde sans manquer son coup ; ⏎ leur vache met bas sans avorter.
Ils laissent courir leurs enfants comme un troupeau ; ⏎ leurs petits dansent autour d’eux.
Ils chantent au son du tambourin et de la lyre ; ⏎ ils se réjouissent au son de la flûte.
Ils achèvent leurs jours dans le bonheur ⏎ puis descendent en un instant au Shéol.
Et pourtant ce sont eux qui disent à Dieu : “Éloigne-toi de nous ! ⏎ Nous ne voulons pas connaître tes voies.
Qu’est-ce donc que Shaddaï pour que nous le servions ? ⏎ Quel bénéfice aurions-nous à le prier ?”
Je sais bien que leur réussite n’est pas réellement entre leurs mains ; ⏎ leur manière de penser reste loin de moi.
Mais dites-moi : combien de fois voit-on réellement la lampe des méchants s’éteindre ? ⏎ Combien de fois leur malheur tombe-t-il sur eux ? ⏎ Dieu leur distribue-t-il effectivement les douleurs de sa colère ?
Sont-ils vraiment comme de la paille emportée par le vent, ⏎ comme la balle balayée par une tempête ?
Vous direz peut-être : “Dieu garde le châtiment de l’homme pour ses enfants.” ⏎ Mais qu’il le lui fasse subir à lui-même, afin qu’il le sache !
Que ses propres yeux voient sa ruine, ⏎ qu’il boive lui-même la fureur de Shaddaï !
Car que lui importe ce qui arrivera à sa maison après sa mort, ⏎ lorsque le nombre de ses mois sera tranché ?
Peut-on enseigner quelque chose à Dieu, ⏎ lui qui juge même les êtres les plus élevés ?
Un homme meurt dans toute sa vigueur, ⏎ parfaitement tranquille et paisible ;
son corps est encore plein d’abondance, ⏎ et la moelle de ses os reste humide.
Un autre meurt l’âme amère, ⏎ sans avoir jamais goûté au bonheur.
Et pourtant tous deux se couchent ensemble dans la poussière ; ⏎ les vers les recouvrent également.
Je connais bien vos pensées ⏎ et les raisonnements par lesquels vous cherchez à m’accabler.
Vous dites : “Où est maintenant la maison de l’homme important ? ⏎ Où est la tente où vivaient les méchants ?”
N’avez-vous donc jamais interrogé ceux qui voyagent ? ⏎ Refusez-vous d’entendre ce qu’ils constatent :
qu’au jour du désastre le méchant peut être épargné, ⏎ et qu’au jour de la colère il peut être mis à l’abri ?
Qui ose lui reprocher en face sa conduite ? ⏎ Qui lui rend réellement ce qu’il a fait ?
On finit pourtant par le conduire au tombeau, ⏎ et l’on veille encore sur son tertre.
Même la terre de la vallée lui devient douce ; ⏎ toute l’humanité suit le même chemin après lui, ⏎ comme d’innombrables hommes l’ont précédé.
Alors comment pouvez-vous prétendre me consoler avec des paroles vides ? ⏎ Vos réponses ne sont finalement que tromperie. »