Jérémie

Introduction

Jérémie 9

Structure du texte source · restitution Littérale

Le prophète voudrait pouvoir fuir au désert, dans un simple refuge pour voyageurs, loin d’un peuple devenu tout entier adultère et infidèle à l’alliance.

Leur langue fonctionne comme une arme bandée pour le mensonge ; leur puissance sociale ne repose pas sur la fidélité, et leur trajectoire va de mal en mal jusqu’à l’ignorance de Dieu.

La confiance sociale elle-même s’est effondrée : ni voisin ni frère n’est sûr, chacun pouvant supplanter ou propager la calomnie.

Le mensonge est devenu une compétence apprise : ils ont éduqué leur langue à tromper au point de s’épuiser dans la perversité.

Le milieu social est devenu entièrement trompeur, et cette fraude n’est pas seulement morale : elle sert de refus actif de connaître Dieu.

Dieu reprend l’image du métallurgiste : face à la corruption, il soumet le peuple au feu du raffinage afin d’en éprouver la qualité.

La duplicité est totale : la parole extérieure promet la paix tandis que l’intériorité prépare l’agression.

La question judiciaire revient comme refrain : une société fondée sur la tromperie ne peut rester sans visitation ni jugement.

La lamentation embrasse tout le paysage : pâturages brûlés, routes vides, silence du bétail et disparition des animaux.

Jérusalem elle-même deviendra un amas de ruines occupé par les animaux sauvages, tandis que les villes de Juda seront vidées de leur population.

La question cherche un interprète capable de relier la catastrophe visible à sa cause théologique : pourquoi le pays est-il devenu désert ?

La cause est donnée sans détour : abandon de la Torah, refus d’écouter la voix divine et refus de marcher selon cette instruction.

Au lieu de l’instruction de Dieu, ils ont reçu une autre pédagogie : celle de l’obstination intérieure et des Baals transmise par leurs pères.

Le jugement est figuré comme une nourriture amère et une boisson toxique, inverse des dons nourriciers de l’alliance.

L’exil ne mettra pas immédiatement fin au jugement : même dispersés parmi des nations inconnues, ils resteront poursuivis par l’épée.

Le deuil est si vaste qu’il faut convoquer les femmes dont la compétence sociale est de composer et conduire la lamentation funèbre.

Le chant funèbre doit provoquer un deuil à la hauteur de la catastrophe, jusqu’à transformer les yeux eux-mêmes en écoulement de larmes.

Sion elle-même formule le deuil de l’exil : destruction, honte, perte de la terre et expulsion des maisons.

Le deuil doit désormais être transmis de génération en génération : les femmes reçoivent la parole divine et enseignent aux filles l’art même de lamenter.

La mort est personnifiée comme un envahisseur qui franchit fenêtres et palais et enlève l’avenir de la communauté : enfants et jeunes gens.

Les morts seront aussi nombreux et abandonnés que les restes d’une moisson, mais sans aucun glaneur pour les recueillir et leur donner sépulture.

Les trois grandes ressources humaines — intelligence, force et richesse — ne peuvent servir de fondement ultime à la gloire d’un homme.

La seule gloire légitime consiste à discerner et connaître le SEIGNEUR tel qu’il agit : par fidélité bienveillante, droit et justice ; connaître Dieu signifie donc aussi reconnaître les valeurs auxquelles il prend plaisir.

Un paradoxe ouvre l’oracle : la circoncision corporelle ne protège pas celui qui demeure intérieurement incirconcis.

Juda est placé dans la même liste de peuples soumis au jugement : l’avantage du signe corporel est annulé si le cœur demeure fermé à Dieu.

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