Jérémie
IntroductionJérémie 23
Analyse du texte source · restitution Philologique
`ro‘im me’abbədim umefitsim` : bergers « faisant périr et dispersant ». L’image pastorale vise les responsables du peuple.
Jeu sur `paqad` : `lo feqadtem` = « vous ne vous en êtes pas occupés » ; `poqed ‘aleikhem` = « je m’occuperai de vous / vous visiterai en jugement ».
`she’erit tsoni` : « le reste de mes brebis ». La restauration est formulée par les verbes de rassemblement, retour, fécondité et multiplication.
`lo yippaqedu` peut signifier « aucune ne sera manquante / ne fera défaut », en écho possible au champ de `paqad` du v. 2.
`tsemaḥ tsaddiq` : « germe / pousse juste ». Image dynastique davidique. `hiskil` : agir avec discernement/réussir intelligemment. Aucune identification confessionnelle n’est ajoutée au texte.
`YHWH tsidqenu` : « YHWH est notre justice / le SEIGNEUR notre justice ». Forme nominale théophore ou proclamation ; le français doit laisser ouverte cette syntaxe.
La formule juratoire `ḥay YHWH` est ici liée à l’Exode, puis reformulée au v. 8 autour du retour d’exil.
`zera‘ bet Yisrael` : « semence/descendance de la maison d’Israël ». L’Exode est reconfiguré par un nouvel acte de rassemblement.
`raḥafu kol-‘atsmotay` : « tous mes os tremblent ». `gevar ‘avaro yayin` : homme « traversé/dominé » par le vin.
`merutsatam ra‘ah` : « leur course est mauvaise » ; `gevuratam lo-khen` : leur puissance n’est pas droite/convenable.
`ḥanefu` : être impie/profane, agir sans fidélité. La dénonciation atteint les deux institutions religieuses.
`ḥalaqlaqqot ba’aphelah` : « lieux glissants dans l’obscurité ». `shenat pequddatam` : année de leur visitation/jugement.
`tiflah` : absurdité/sottise. La référence à Samarie prépare un contraste aggravé avec Jérusalem au v. 14.
`ḥizzequ yede mere‘im` : « ils fortifient les mains des malfaiteurs ». Le critère prophétique est ici moral : favoriser ou empêcher le retour du mal.
`la‘anah` = absinthe/amertume ; `mei-rosh` = eau toxique/empoisonnée. `ḥanufah` : impiété/profanation propagée.
`ḥazon libbam` : « vision de leur cœur ». `lo mippi YHWH` : « non de la bouche de YHWH ». Critère d’origine de la parole.
`shalom yihyeh lakhem` : « paix sera pour vous ». La promesse de paix est dénoncée parce qu’elle confirme l’impénitence au lieu d’appeler au retour.
`sod YHWH` : conseil/cercle confidentiel de YHWH ; peut évoquer l’assemblée divine ou l’accès au secret délibératif divin.
`sa‘ar mitḥolel` : tempête/tourbillon se formant, tournoyant. Image dynamique du jugement.
`be’aḥarit hayyamim titbonenu vah binah` : « dans la suite/fin des jours vous la comprendrez avec intelligence ». Ne requiert pas ici une lecture eschatologique technique.
Antithèse syntaxique nette : `lo shalaḥti ... wehem ratsu / lo dibbarti ... wehem nibba’u`.
Le fruit du `sod` authentique est le `shuv`, retour/conversion : la parole vraie ne confirme pas l’obstination, elle appelle à quitter la mauvaise voie.
Antithèse `miqqarov / meraḥoq`, « de près / de loin » ; elle introduit l’affirmation d’omniprésence du v. 24.
`’et-hashamayim we’et-ha’arets ’ani male` : « les cieux et la terre, moi je remplis ». Affirmation directe de la présence divine universelle.
La répétition `ḥalamti ḥalamti`, « j’ai rêvé, j’ai rêvé », mime la revendication insistante d’autorité onirique.
`nevi’e tarmit libbam` : « prophètes de la tromperie de leur cœur ». Même critère d’origine que 23,16.
`lehashkiaḥ ... shemi` : « faire oublier mon nom ». Le parallèle avec Baal donne au faux prophétisme une portée idolâtrique.
`teven / bar` : « paille / grain ». Le contraste porte sur valeur et substance, non simplement sur deux styles de révélation.
Deux métaphores : `ka’esh`, feu ; `kefattish yefotsets sela‘`, marteau qui fracasse le roc. Elles définissent l’efficacité de la parole.
`meganneve devaray` : « volant mes paroles ». Critique d’une parole prophétique dérivée et appropriée sans mandat.
Jeu sur `ne’um`: la formule technique « déclaration/oracle » est imitée par ceux qui ne disposent que de leur propre langue.
`paḥazutam` : légèreté, témérité, irresponsabilité. `ho‘el lo-yo‘ilu` : intensif « ils ne seront vraiment d’aucun profit ».
`massa` = à la fois « charge/fardeau » et terme technique pour « oracle ». Les vv. 33–39 reposent sur ce double sens ; il faut le rendre visible.
`paqad ‘al` : visiter/demander compte. La formule `massa YHWH` devient interdite dans cette controverse précise.
Deux questions simples remplacent `massa` : `mah-‘anah YHWH` et `mah-dibber YHWH`.
Jeu central : `hammasa yihyeh le’ish devaro` — « le fardeau/oracle sera pour chacun sa propre parole ». La dérive consiste à substituer son discours au message divin.
Variation personnelle : `mah-‘anakh YHWH`, « que t’a répondu le SEIGNEUR ? »
Le verset reprend cinq fois implicitement ou explicitement le terme controversé ; la répétition est rhétorique et doit rester perceptible.
Le MT présente un jeu textuellement difficile autour de `nasha` / « porter-oublier », probablement volontairement lié à `massa`. Le sens global est rejet/oubli et éloignement de la présence divine.
`ḥerpat ‘olam / kelimmut ‘olam` : honte et humiliation durables ; finale en contraste avec l’oubli du nom divin au v. 27.