Jérémie
IntroductionJérémie 20
Analyse du texte source · restitution Philologique
`paqîd nagîd` : Pashhour est « préposé / responsable » dans la maison du SEIGNEUR ; le texte associe fonction sacerdotale et autorité disciplinaire.
`mahpekhet` : dispositif de contrainte, souvent rendu « ceps ». Le prophète est frappé puis publiquement immobilisé dans l’enceinte du Temple.
`Magor-missabib` signifie « terreur de tous côtés ». Le nom-oracle retourne contre Pashhour la terreur qu’il voulait imposer au prophète.
Le verbe `noten` (« je donne / établis ») fait de Pashhour lui-même un `magor`. Babylone est explicitement nommée comme puissance de déportation.
`ḥosen` peut désigner richesse/ressource ; `yegia‘` le produit du labeur. L’énumération décrit le pillage économique total.
`nibbetha lahem basheqer` : « tu leur as prophétisé dans le mensonge ». Le conflit n’est donc pas seulement disciplinaire mais prophétique.
`pittitani ... wa’eppat` : « tu m’as séduit / trompé / persuadé, et j’ai été séduit ». `ḥazaqtani wattukhal` : « tu m’as saisi avec force et tu as prévalu ». La plainte doit conserver cette audace lexicale.
`ḥamas washod` : « violence et dévastation ». `ḥerpah` et `qeles` décrivent l’opprobre et la raillerie suscités par la parole prophétique.
`ke’esh bo‘eret ‘atsur be‘atsmotay` : « comme un feu brûlant, enfermé dans mes os ». La parole prophétique est décrite comme une contrainte corporelle intérieure.
`’enosh shelomi` : « hommes de ma paix », proches/alliés. `tsal‘i` : mon faux pas/ma chute. Le verbe de 20,7 (`patah`, séduire) réapparaît dans la bouche des ennemis.
`gibbor ‘arits` : guerrier puissant/terrible. L’opposition `yikkashelu / lo yukhalu` répond aux tentatives de « pouvoir contre » le prophète.
`kelayot waleb` : « reins et cœur », profondeur des motivations et du discernement intérieur. `gilliti ’et-ribi` : j’ai exposé / découvert ma cause devant toi.
`nefesh ’evyon` : « vie / personne du pauvre ». Le parfait `hitsil` peut être confession anticipée de délivrance.
`’arur hayyom` : « maudit soit le jour ». Lamentation comparable dans sa forme à Job 3, mais intégrée ici à la crise prophétique de Jérémie.
`ben zakhar` : « un fils, un mâle / garçon ». La répétition de la joie (`sammeaḥ simmeḥahu`) accentue l’ironie tragique.
`haphakh YHWH welo niḥam` : « que le SEIGNEUR a renversées et ne s’est pas ravisé ». `teru‘ah` : clameur/sonnerie d’alarme.
Image volontairement impossible : le prophète souhaite une mort prénatale, de sorte que `reḥem` (sein maternel) devienne `qivri` (mon tombeau).
`‘amal weyagon` : peine/labeur et chagrin. La section se termine sur une question ouverte, sans réponse narrative immédiate.