Jérémie

Introduction

Jérémie 20

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Pashhour, fils d’Immer, prêtre investi d’une autorité de surveillance dans la maison du SEIGNEUR, entendit Jérémie prononcer publiquement ces paroles prophétiques.

Pashhour répondit à la prophétie par la violence : il frappa Jérémie puis le fit immobiliser dans l’instrument de contrainte placé près de la porte supérieure de Benjamin, à l’intérieur du complexe du Temple.

Lorsque Pashhour le libéra le lendemain, Jérémie transforma son nom en oracle : désormais, le SEIGNEUR le désigne comme « Magor-Missabib », c’est-à-dire « Terreur de tous côtés ».

Le surnom reçoit son explication : Pashhour deviendra lui-même le témoin terrifié de la chute de ses proches, tandis que Juda sera livré au roi de Babylone, déporté et frappé.

Le jugement ne vise pas seulement les personnes : les ressources économiques, les biens précieux et les trésors royaux de Jérusalem seront saisis comme butin et transportés à Babylone.

Pashhour ne restera pas simple spectateur du désastre : lui, sa maisonnée et ses proches connaîtront eux-mêmes la captivité à Babylone, où il mourra ; l’oracle précise qu’il avait prophétisé faussement à ses amis.

Jérémie adresse à Dieu une plainte d’une audace extrême : il décrit son appel comme une séduction à laquelle il a cédé, puis comme une force qui l’a dominé ; cette vocation l’a exposé quotidiennement à la dérision.

Parce que le message confié à Jérémie annonce constamment violence et ruine, chaque prise de parole prophétique l’expose à l’insulte et au ridicule.

Jérémie essaie de renoncer à sa mission et de se taire, mais la parole divine intériorisée devient physiquement comparable à un feu enfermé dans ses os : la contenir lui est impossible.

Le nom-oracle donné à Pashhour revient maintenant comme slogan hostile contre Jérémie lui-même : des gens de son entourage attendent qu’il se laisse tromper afin de pouvoir le vaincre et se venger de lui.

La plainte bascule en confession de confiance : Jérémie se représente le SEIGNEUR comme un guerrier puissant qui se tient avec lui, de sorte que les persécuteurs finiront par échouer et porter la honte qu’ils voulaient lui imposer.

Jérémie remet son conflit au jugement divin : le SEIGNEUR, qui discerne jusqu’aux reins et au cœur, est appelé à juger ceux qui le poursuivent.

Au cœur même de la plainte, un bref appel à la louange affirme que le SEIGNEUR délivre la vie du pauvre et vulnérable de ceux qui lui font du mal.

Après la louange, la lamentation retombe brutalement : Jérémie maudit non sa mère, mais le jour même de sa naissance, souhaitant qu’aucune bénédiction ne s’y attache.

Jérémie étend sa malédiction au messager qui apporta autrefois à son père l’heureuse nouvelle de sa naissance, renversant rétrospectivement la joie familiale en lamentation.

Le prophète souhaite que le messager connaisse symboliquement le sort de villes renversées sans retour : une existence enveloppée de cris d’alarme du matin jusqu’à midi.

Jérémie pousse la lamentation jusqu’au souhait impossible d’être mort avant de naître : le sein maternel serait alors devenu son tombeau, sans passage vers la vie extérieure.

La lamentation se clôt sans résolution : Jérémie interroge le sens même de sa naissance, puisque son existence prophétique semble ne lui apporter que peine, chagrin et honte.

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