Isaïe
IntroductionIsaïe 9
Analyse du texte source · restitution Philologique
Tsalmawet peut être analysé traditionnellement comme « ombre de mort » ou comme « obscurité profonde ». La traduction conserve la force poétique sans imposer une anthropologie de l’au-delà.
Le MT porte un célèbre ketiv/qere lo/lô autour de la joie. La lecture massorétique reçue avec lamed-waw donne « pour elle / sa joie », cohérente avec le parallélisme.
Nogeś appartient au vocabulaire de l’oppresseur/exacteur. L’allusion à Madian renvoie au cycle de Gédéon en Juges 6–8.
Se’on est un terme rare généralement compris comme botte/chaussure militaire. Damim est pluriel : sangs/violences sanglantes.
La syntaxe de wayyiqra shemo et la segmentation de la titulature sont discutées. Pele’ yo‘ets peut être « merveilleux conseiller » ou « merveille de conseiller » ; El gibbor signifie litt. « Dieu puissant / divin héros » ; Avi-‘ad, « père de durée/éternité » ; Sar-shalom, « prince de paix ».
Lemarbeh présente un mem final anormal au milieu du mot dans le texte massorétique. Qin’ah peut être zèle, ardeur, jalousie passionnée.
Nafal, « tomber », donne à la parole prophétique une force événementielle.
Godel levav : « grandeur du cœur », ici arrogance plutôt que magnanimité.
Gazit : pierre taillée. Le sycomore, bois courant, est opposé au cèdre prestigieux.
Yesakhsekh est rare et signifie probablement exciter, mêler, pousser au conflit.
Miqqedem / me’aḥor sont litt. « depuis l’avant/est » et « depuis l’arrière/ouest ». Bekhol-peh : « à pleine bouche ».
Shuv ‘ad : revenir jusqu’à/vers. Darash YHWH : rechercher, consulter, se tourner vers YHWH.
Kippah / ’agmon sont probablement branche de palmier et roseau. La paire fonctionne comme mérisme social.
Nesu-panim : « élevé de face », personne de rang/considération. Moreh-sheqer : enseignant le mensonge.
Me’ashsherim / me’ushsharim jouent sur une même racine normalement liée au fait de conduire droit ou dire heureux ; ici la direction devient égarement.
Ḥanef : impie, profane, corrompu. Nevalah : folie morale, infamie. Le refrain clôt une nouvelle strophe.
Wayyit’abbekhu ge’ut ‘ashan est difficile ; l’image est celle de colonnes/tourbillons de fumée qui s’élèvent.
Ne‘tam est rare, probablement « être brûlé/obscurci ». La dernière proposition annonce le fratricide développé ensuite.
Gazar peut signifier couper/arracher. Besar zero‘o, « chair de son bras », est probablement métaphore de ses proches ou de sa propre force, avant l’explication tribale du v.20.
L’hébreu est extrêmement elliptique, sans verbe explicite dans les deux premiers membres ; le contexte du v.19 fournit l’idée de dévorer.