Isaïe
IntroductionIsaïe 10
Analyse du texte source · restitution Philologique
Ḥoqeqim ḥiqeqei-’awen joue sur la racine ḥ-q-q, « graver/décréter ». ‘Amal peut signifier peine, oppression, injustice.
Lehatot middin : « faire dévier du jugement ». Mishpat signifie ici le droit dû aux pauvres. Le vocabulaire shalal/baz est celui du butin de guerre appliqué à la justice sociale.
Yom pequddah est le « jour de visitation/intervention », pouvant être jugement ou inspection. Kevodkhem, « votre gloire », peut désigner richesse, prestige ou biens précieux.
Bilti kara‘ est difficile et elliptique. Le sens général oppose captivité et mort comme seules issues. Le refrain est identique à celui de 9,11.16.20.
Le changement singulier/pluriel de beyadam (« dans leur main ») est textuellement notable. L’image de l’outil prépare explicitement 10,15.
Li-shlol shalal we-lavoz baz reprend exactement shalal/baz. Ḥanef signifie profane, impie, corrompu.
Yedammeh / yaḥshov forment un parallélisme de pensée. Lo me‘at, litt. « pas peu », signifie « en grand nombre ».
Sarim désigne chefs/princes. Le verset introduit une parole de vantardise assyrienne développée jusqu’au v.14.
Les toponymes correspondent à des centres syriens et nord-israélites vaincus ou menacés par l’expansion assyrienne.
Mamlekhot ha’elil : « royaumes de l’idole/non-dieu ». Le comparatif implicite de la phrase est difficile mais l’argument est clair : les cultes plus riches n’ont pas sauvé leurs royaumes.
‘Atsabim désigne des images/idoles façonnées. Le discours assyrien confond le Dieu d’Israël avec ces objets cultuels.
’Efqod, « je visiterai/interviendrai contre », marque une sanction. Peri godel levav : fruit de la grandeur du cœur, c’est-à-dire manifestation de l’orgueil.
‘Atudot peut désigner réserves/trésors. Ka’bbir est difficile dans la dernière proposition ; l’idée générale est celle d’une domination écrasante.
Ḥeil ha‘ammim : richesse/force des peuples. Les trois gestes finaux — aile, bouche, pépiement — décrivent l’absence de résistance.
La dernière expression lo-‘ets, « non-bois », souligne l’absurdité : le bâton prétendrait mouvoir l’être humain qui le tient.
Mishmannaw, « ses gras/robustes », désigne les puissants. Razon, maigreur/dépérissement, inverse cette image.
Qedosho, « son Saint », reprend le titre isaïen du Saint d’Israël. Le couple shamir/shayit réapparaît dans une nouvelle fonction métaphorique.
Karmel peut désigner terre fertile/verger plutôt que le mont Carmel. Mimmenephesh we‘ad-basar : « de l’âme jusqu’à la chair », totalité de la destruction.
Mispar yihyu : « ils seront [un] nombre », c’est-à-dire peu nombreux. Le verbe katav rend l’image concrète : un enfant suffit à les enregistrer.
She’ar / peletat : reste et rescapés. Be’emet peut signifier en vérité, fidélité, de manière fiable.
She’ar yashuv reprend le nom propre She’ar-Yashuv. El gibbor est exactement le syntagme de la titulature royale en 9,5 ; la traduction garde cette identité lexicale.
Kilayon ḥaruts est « destruction/anéantissement décidé ». Shotef tsedaqah est difficile : la destruction est décrite comme débordant/ruisselant de justice.
Khalah weneḥeratsah associe accomplissement/consommation et décision ferme. Ha’arets peut être le pays ou la terre selon l’horizon du passage.
Derekh Mitsrayim, « selon la manière/le chemin de l’Égypte », relie oppression assyrienne et mémoire de l’Exode.
Me‘at miz‘ar est une double expression de brièveté. Tavlitam est rare et peut signifier destruction/fin.
Le rocher d’Oreb renvoie à Jg 7,25. Le bâton sur la mer évoque explicitement le schéma de l’Exode sans que le texte reproduise tout le récit.
Mippenei shamen signifie litt. « à cause de/devant la graisse ou l’huile ». Les propositions « le joug éclate sous l’embonpoint » ou « à cause de l’onction » sont interprétatives ; aucune n’est imposée ici.
10,28–32 déroule une progression topographique vers Sion. Yafqid kelaw : déposer/confier son équipement ou ses bagages.
Ma‘barah désigne un passage stratégique. Le discours « Géba, halte pour nous » peut être entendu comme parole de l’armée en marche.
Tsahali qolekh signifie pousser un cri aigu, littéralement parfois « hennir ». ‘Aniyyah ‘Anatot joue possiblement sur le son du nom d’Anatoth.
He‘izu est difficile ; il peut signifier mettre à l’abri, faire fuir, chercher refuge. Le sens de panique locale reste clair.
Yanofef yado est un geste de menace. La formule « fille de Sion » personnifie Jérusalem tout en localisant son mont.
Mesa‘ef pu’rah décrit l’ébranchage/élagage de la ramure. Ma‘aratsah peut évoquer force terrible ou fracas.
’Addir signifie puissant/majestueux et peut désigner Dieu ou l’agent du renversement. Le lien forêt abattue → souche/rejeton structure la transition vers 11,1.