Ézéchiel
IntroductionÉzéchiel 32
Nuances du texte source · restitution Déployée
La lamentation sur Pharaon est datée peu avant la seconde lamentation du v.17.
Fils d’homme, porte lamentation sur Pharaon roi d’Égypte et tu diras vers lui : jeune lion des nations tu fus ressemblé, et toi comme le monstre dans les mers ; et tu jaillissais dans tes fleuves, et tu troublais eaux dans tes pieds, et tu remuais leurs fleuves.
Le monstre aquatique souverain devient une prise capturée au filet de YHWH.
Le maître des eaux devient cadavre exposé sur la terre ferme, renversement humiliant de sa puissance.
Le corps de Pharaon devient image gigantesque couvrant le paysage.
J’abreuverai la terre de ton sang jusque sur les montagnes, et les ravins seront remplis de toi.
La chute de Pharaon reçoit une dimension cosmique par un langage d’obscurcissement céleste.
Le motif céleste du v.7 est généralisé à tous les astres.
La chute de l’Égypte devient événement international produisant stupeur et inquiétude.
La chute d’une grande puissance devient avertissement pour les autres souverains.
L’agent historique du jugement est nommé explicitement : Babylone.
Le jugement vise à la fois population/armée et orgueil impérial.
L’arrêt de toute activité autour des eaux exprime la dépopulation et la fin de l’économie fluviale.
Après le tumulte de Pharaon, l’eau retrouve une immobilité presque huileuse, signe ambigu de calme après destruction.
Le refrain de connaissance clôt l’interprétation du jugement historique.
Le premier oracle est explicitement qualifié de qinah, chant funèbre destiné à être repris par d’autres peuples.
Une seconde lamentation commence, centrée cette fois sur la descente de l’Égypte au monde des morts.
La lamentation devient une procession funèbre vers le monde souterrain, où l’Égypte rejoint les puissances déjà tombées.
L’orgueil esthétique et impérial de l’Égypte est brutalement nivelé par la mort.
Le pays autrefois puissant est maintenant traité comme un captif conduit parmi les morts.
Le Shéol est mis en scène comme lieu où les puissances déchues se reconnaissent entre elles.
La procession des empires morts commence par Assour, ancien modèle de puissance impériale.
Ses tombes ont été placées au plus profond de la fosse, et son assemblée entoure sa tombe : tous sont tombés, frappés par l’épée, eux qui répandaient la terreur dans le pays des vivants.
Élam rejoint Assour dans le même renversement : puissance militaire sur terre, honte dans la mort.
On lui a donné une couche au milieu des morts, avec toute sa multitude ; ses tombes l’entourent. Tous sont incirconcis, frappés par l’épée. Parce qu’ils avaient répandu leur terreur dans le pays des vivants, ils portent leur honte avec ceux qui descendent dans la fosse ; Élam est placé au milieu des morts.
Méshek et Toubal rejoignent la série des puissances guerrières désormais réduites au silence.
Ils ne reposent pas avec les héros tombés autrefois parmi les incirconcis, qui étaient descendus au Shéol avec leurs armes de guerre, leurs épées placées sous leur tête et leurs fautes sur leurs os, car la terreur des héros régnait dans le pays des vivants.
La galerie des peuples morts revient directement à Pharaon : il partage désormais leur sort.
Édom, pourtant proche géographiquement et historiquement d’Israël, est inclus dans la même égalisation funèbre des nations.
Là sont tous les princes du Nord et tous les Sidoniens. Ils sont descendus avec les morts ; malgré la terreur qu’inspirait leur puissance, ils sont couverts de honte. Incirconcis, ils reposent avec ceux qui ont été frappés par l’épée et portent leur honte avec ceux qui descendent dans la fosse.
La consolation est ironique et funèbre : Pharaon découvre que son humiliation n’est pas unique.
La finale reprend le mot « terreur » : celle que les empires imposaient est finalement subordonnée à celle du jugement de YHWH.