Ézéchiel
IntroductionÉzéchiel 21
Nuances du texte source · restitution Déployée
Ouverture de l’oracle du feu puis de l’épée.
Trois termes de direction méridionale s’accumulent pour orienter symboliquement l’oracle vers Juda/Jérusalem.
L’opposition arbre vert/arbre sec souligne l’indiscrimination du désastre annoncé.
Tout être vivant verra que c’est moi, le SEIGNEUR, qui ai allumé ce feu ; il ne s’éteindra pas.
La plainte du prophète explique le passage immédiat de l’image de la forêt au langage explicite de l’épée.
Le feu de la forêt est maintenant explicité comme épée contre Jérusalem et Israël.
Le référent de la « forêt du sud » est désormais explicite.
Le jugement collectif du siège atteint la population sans reproduire ici la logique de responsabilité individuelle exposée ailleurs chez Ézéchiel.
La portée géographique rejoint celle du feu des vv.2–4.
Toute chair saura que moi, le SEIGNEUR, j’ai tiré mon épée de son fourreau ; elle n’y rentrera plus.
Le prophète doit devenir lui-même signe corporel de l’effondrement à venir.
L’expression très corporelle des « genoux qui vont en eau » décrit une terreur paralysante.
Commence un chant de l’épée, rythmé par des répétitions et impératifs.
Fils d’homme, prophétise et tu diras : ainsi a dit Seigneur. Dis : épée, épée, elle a été aiguisée et aussi polie.
La seconde moitié du verset est textuellement obscure ; l’image du « sceptre de mon fils » semble opposer le pouvoir royal de Juda à l’épée qui le renverse.
La personnification de l’épée culmine dans sa remise à l’exécuteur du jugement.
Frapper la cuisse est un geste de stupeur, douleur ou lamentation.
Car c’est une épreuve. Et qu’arrivera-t-il si même le sceptre qui méprise disparaît ? — oracle du Seigneur DIEU.
Les répétitions numériques intensifient le mouvement de l’épée plutôt que de décrire nécessairement trois armes distinctes.
Pour faire fondre les cœurs et multiplier les chutes, j’ai placé à toutes leurs portes la menace de l’épée. Ah ! Elle est faite pour lancer l’éclair, elle est prête pour le massacre.
L’épée est apostrophée comme un combattant autonome ; plusieurs impératifs sont morphologiquement ou syntaxiquement difficiles.
Le geste divin répond au geste imposé au prophète au v.19 et ferme le chant de l’épée.
Commence la scène du carrefour où le roi de Babylone consulte les présages.
Le prophète doit représenter graphiquement un carrefour stratégique entre deux objectifs militaires.
Les deux destinations possibles du roi de Babylone sont Rabba, capitale ammonite, et Jérusalem.
Car le roi de Babylone se tient au carrefour, au départ des deux routes, pour pratiquer la divination. Il secoue les flèches, consulte les idoles domestiques et examine le foie.
La divination débouche sur une série technique de préparatifs de siège.
À leurs yeux, ce présage paraît mensonger, puisqu’ils sont liés par des serments. Mais lui fait revenir leur faute en mémoire, afin qu’ils soient capturés.
Le jugement n’est pas attribué au hasard divinatoire : la culpabilité de Juda est donnée comme raison profonde de la capture.
Et toi, prince d’Israël, profané et méchant, dont le jour est arrivé au temps où la faute atteint son terme,
Le renversement vise l’ordre royal existant ; turban et couronne peuvent associer images sacerdotales et royales, mais le contexte immédiat concerne le prince.
Ruine ! Ruine ! Ruine ! Voilà ce que j’en ferai. Elle ne sera plus jusqu’à ce que vienne celui à qui appartient le droit ; à lui je le donnerai.
Après le choix de Jérusalem au carrefour, Ammon n’est pas déclaré épargné : son propre jugement est annoncé.
Comme pour Jérusalem, les pratiques divinatoires ne déterminent pas la vérité du jugement ; elles sont qualifiées de mensongères.
Le jugement d’Ammon ne dépend pas d’une invasion dirigée d’abord vers Jérusalem : il aura lieu sur son territoire même.
Je répandrai sur toi mon indignation ; je soufflerai contre toi le feu de ma fureur et je te livrerai à des hommes brutaux, artisans de destruction.
Tu deviendras la nourriture du feu ; ton sang sera répandu au milieu du pays. On ne se souviendra plus de toi, car moi, le SEIGNEUR, j’ai parlé.