Deutéronome
IntroductionDeutéronome 3
Analyse du texte source · restitution Philologique
Derekh habashan, « chemin du Bashân », introduit la nouvelle campagne ; wayyetse… liqratenu reprend la formule de rencontre hostile déjà utilisée pour Sihôn.
Natatti veyadekha, « j’ai donné dans ta main », exprime la victoire comme acquise ; la comparaison avec Sihôn fournit le modèle narratif de l’action à venir.
Wayyitten… beyadenu reprend exactement le langage du « don dans la main » ; ‘ad bilti hish’ir-lo sarid signifie qu’aucun rescapé ne fut laissé.
Hevel Argov désigne une région ou un district ; le chiffre soixante porte sur les villes prises dans l’ensemble territorial du royaume d’Og.
‘Arim betsurot oppose les villes fortifiées aux ‘arei happerazi, agglomérations ouvertes/non murées ; beriah est la barre de fermeture des portes.
Vannaharem est la forme verbale de ḥerem ; dans ce contexte guerrier, il s’agit d’une mise à part vouée à la destruction, avec énumération explicite des habitants.
Habehemah et shelal he‘arim distinguent le bétail et le butin urbain ; bazoznu lanu signifie « nous pillâmes pour nous ».
Miyyad shene malke ha’emori, « de la main des deux rois amorites », emploie « main » pour leur pouvoir/possession territoriale.
Le verset conserve deux toponymes traditionnels pour l’Hermon : Siryon dans l’usage sidonien, Senir dans l’usage amorite.
Mishor désigne ici le plateau transjordanien ; l’énumération géographique délimite l’étendue de la conquête.
‘Eres peut désigner un lit ou une couche ; « fer » qualifie l’objet. Be’ammat ish, « selon la coudée d’un homme », indique une mesure ordinaire sans permettre de convertir exactement sans hypothèse métrologique.
Yarashnu signifie ici « nous prîmes possession » ; la seconde moitié du verset passe à la première personne singulière pour la répartition territoriale par Moïse.
Hatsi shevet Menashsheh désigne la demi-tribu de Manassé ; la notice « pays des Rephaïm » est une désignation géographique/traditionnelle du Bashân.
Hawwot Ya’ir signifie traditionnellement « campements/villages de Yaïr » ; ‘ad hayyom hazzeh, « jusqu’à ce jour », est une formule rétrospective narrative.
La brièveté du verset isole l’attribution du Galaad à Makir, lignée de Manassé ; le verbe est natatti, « j’ai donné ».
Tokh hannahal ougevul, « le milieu du torrent et frontière », décrit une limite territoriale suivant le cours d’eau ; le Yabboq marque la frontière ammonite.
Yam ha‘Aravah yam hammelah identifie la « mer de l’Araba » à la mer Salée ; ashdot happisgah désigne les pentes/contreforts du Pisga.
Halutsim peut désigner des hommes équipés/armés et rangés pour la bataille ; bene hayil, littéralement « fils de vaillance », qualifie les combattants aptes.
Rav miqneh lakhem, « beaucoup de bétail est à vous », forme une parenthèse explicative justifiant que les troupeaux restent à l’est du Jourdain.
Nuah, « donner du repos », a ici une valeur territoriale et militaire ; le retour est conditionné par l’établissement des autres tribus.
‘Enekha haro’ot, « tes yeux voient/ont vu », appelle l’expérience récente comme garantie ; la comparaison étend le précédent de Sihôn et Og aux royaumes futurs.
Hu hannilham lakhem met le pronom hu en relief : « lui, celui qui combat pour vous » ; le participe décrit YHWH comme l’acteur du combat.
Wa’etḥannan vient de la racine ḥnn, « faire grâce » ; la forme hitpael signifie demander grâce/supplier, et donne son incipit traditionnel à la section Va’etḥannan.
Adonay YHWH réunit le titre « Seigneur » et le tétragramme ; mi-el… asher ya‘aseh formule une question rhétorique sur l’incomparabilité divine.
‘Eberah-na, « que je passe, je t’en prie », combine une forme cohortative et la particule de supplication na ; la demande porte à la fois sur traverser et voir.
Wayyit‘abber est apparenté à une racine exprimant le débordement de colère ; rav-lakh, « assez pour toi », clôt explicitement la requête de Moïse.
Yammah, tsafonah, temanah, mizrahah forment les quatre directions ; yammah, littéralement « vers la mer », signifie ici vers l’ouest.
Tsaw et Yehoshua, « ordonne à Josué », est suivi de deux impératifs, ḥazzeqehu et ’ammetsehu ; le hiphil de naḥal signifie « faire hériter ».
Bagay mol Bet-Pe‘or situe la scène « dans la vallée, en face de Beth-Péor » ; ce verset sert de transition géographique vers le discours du chapitre 4.