Deutéronome
IntroductionDeutéronome 14
Nuances du texte source · restitution Déployée
Vous êtes des fils pour le SEIGNEUR votre Dieu. Vous ne vous ferez pas d’incisions et vous ne vous ferez pas de tonsure entre les yeux pour un mort. [« Fils vous êtes pour YHWH » fonde l’interdit des pratiques funéraires : hitgoded [se taillader/s’inciser] et mettre une qorḥah [tonsure/zone rasée] « entre les yeux ».]
Car tu es un peuple saint pour le SEIGNEUR ton Dieu, et le SEIGNEUR t’a choisi pour être pour lui un peuple qui lui appartient en propre parmi tous les peuples qui sont sur la face du sol. [‘Am qadosh [peuple saint] et ‘am segullah [peuple de propriété précieuse/particulière] expriment séparation et appartenance, non supériorité ethnique intrinsèque.]
Tu ne mangeras aucune chose abominable. [To‘evah désigne ici une chose interdite/abominable dans le régime alimentaire cultuel.]
Voici les animaux que vous mangerez : le bœuf, l’agneau des moutons et le chevreau des chèvres, [La liste commence par les trois espèces domestiques : shor, seh kesavim, seh ‘izzim.]
le cerf, la gazelle, le yaḥmour, le ’aqqo, le dishon, le teo et le zamer. [Les sept noms d’animaux sauvages ne sont pas tous identifiables avec certitude : ’ayyal et tsevi sont relativement sûrs ; yaḥmour, ’aqqo, dishon, teo et zamer ont des équivalents zoologiques discutés.]
Vous mangerez tout animal qui a le sabot divisé, le sabot fendu en deux, et qui fait remonter la rumination parmi les animaux. [Le critère cumule mafriset parsah [fendant le sabot], shosa‘at shesa‘ [fendu en deux] et ma‘alat gerah [faisant remonter la rumination].]
Cependant, parmi ceux qui font remonter la rumination ou qui ont le sabot fendu, vous ne mangerez pas le chameau, le lièvre et le daman : ils font remonter la rumination mais n’ont pas le sabot fendu ; ils sont impurs pour vous. [Le shafan est généralement identifié au daman ; le vocabulaire antique de « rumination » décrit l’apparence/comportement selon les catégories du texte, non une taxonomie physiologique moderne.]
Le porc, parce qu’il a le sabot fendu mais ne rumine pas, est impur pour vous. Vous ne mangerez pas de leur chair et vous ne toucherez pas leurs cadavres. [Le pluriel final (« leur chair », « leurs cadavres ») reprend l’ensemble des animaux interdits des v. 7–8.]
Voici ce que vous mangerez de tout ce qui est dans les eaux : tout ce qui a nageoire et écaille, vous le mangerez. [Sennepir [nageoire] et qasqeset [écaille] forment le double critère aquatique.]
Tout ce qui n’a ni nageoire ni écaille, vous ne le mangerez pas ; il est impur pour vous. [La négation reprend symétriquement le double critère du v. 9.]
Vous mangerez tout oiseau pur. [Tsippor tehorah : catégorie générale des oiseaux déclarés purs.]
Mais voici ceux dont vous ne mangerez pas : le nesher, le peres et l’ozniyyah, [Les identifications modernes de plusieurs rapaces sont incertaines ; conserver les lexèmes hébreux évite de figer abusivement « aigle/vautour/gypaète ».]
le ra’ah, l’ayyah et le dayyah selon son espèce, [Ra’ah, ’ayyah et dayyah désignent des rapaces dont la répartition exacte entre milans/faucons/vautours est discutée.]
tout corbeau selon son espèce, [‘Orev couvre le corbeau et ses espèces apparentées dans la classification du texte.]
le bat-hayya‘anah, le taḥmas, le shaḥaf et le nets selon son espèce, [Les quatre termes restent zoologiquement discutés ; nets est souvent rapproché d’un faucon/épervier.]
le kos, le yanshuf et le tinshemet, [Ces noms sont traditionnellement rendus par diverses espèces de chouettes/hiboux, sans certitude suffisante pour une identification unique.]
le qa’at, le raḥamah et le shalakh, [Identifications traditionnelles variables : pélican, vautour, cormoran, etc. ; la prudence lexicale est préférable.]
la ḥasidah, l’anafah selon son espèce, la huppe et la chauve-souris. [Ḥasidah est généralement la cigogne et doukifat la huppe ; ‘atallef est la chauve-souris. ’Anafah reste plus incertain.]
Tout grouillant ailé est impur pour vous ; on n’en mangera pas. [Sherets ha‘of : « grouillant de l’ailé », catégorie différente de la taxonomie zoologique moderne.]
Vous mangerez tout ailé pur. [‘Of tahor récapitule positivement la catégorie autorisée.]
Vous ne mangerez aucune bête morte d’elle-même. Tu la donneras à l’immigré qui est dans tes villes, et il la mangera, ou tu la vendras à un étranger, car tu es un peuple saint pour le SEIGNEUR ton Dieu. Tu ne feras pas cuire un chevreau dans le lait de sa mère.
Tu prélèveras certainement la dîme de tout le produit de ta semence qui sort du champ, année après année. [« Dîmer, tu dîmeras » [‘asser te‘asser] est une construction emphatique ; « année année » marque la périodicité.]
Tu mangeras devant le SEIGNEUR ton Dieu, au lieu qu’il choisira pour y faire demeurer son nom, la dîme de ton blé, de ton vin nouveau et de ton huile, ainsi que les premiers-nés de ton gros et de ton petit bétail, afin que tu apprennes à craindre le SEIGNEUR ton Dieu tous les jours. [La dîme est ici un repas devant YHWH au lieu choisi ; sa finalité explicitée est « apprendre à craindre YHWH ».]
Si le chemin est trop long pour toi et que tu ne puisses la porter, parce que le lieu que le SEIGNEUR ton Dieu choisira pour y placer son nom est trop éloigné de toi, lorsque le SEIGNEUR ton Dieu t’aura béni, [La difficulté envisagée est logistique : « le chemin est trop grand/long » et l’offrande ne peut être portée jusqu’au lieu choisi.]
tu la convertiras en argent, tu serreras l’argent dans ta main et tu iras au lieu que le SEIGNEUR ton Dieu choisira. [Wetsarta hakkesef beyadekha : littéralement « tu lieras/serreras l’argent dans ta main », image du transport de la valeur monétaire.]
Tu donneras l’argent pour tout ce que ton âme désire : gros bétail, petit bétail, vin, boisson fermentée, ou tout ce que ton âme te demandera. Tu mangeras là devant le SEIGNEUR ton Dieu et tu te réjouiras, toi et ta maison.
Quant au lévite qui est dans tes villes, tu ne l’abandonneras pas, car il n’a ni part ni héritage avec toi. [L’interdit ta‘azvennou signifie « tu ne l’abandonneras/délaisseras pas » et rappelle l’absence de ḥeleq et naḥalah du lévite.]
Au terme de trois années, tu feras sortir toute la dîme de ta production de cette année-là et tu la déposeras dans tes villes. [Miqqetseh shalosh shanim : « au bout de trois ans » ; cette dîme est déposée localement « dans tes portes » plutôt que portée au sanctuaire.]
Alors viendront le lévite, puisqu’il n’a ni part ni héritage avec toi, l’immigré, l’orphelin et la veuve qui sont dans tes villes ; ils mangeront et seront rassasiés, afin que le SEIGNEUR ton Dieu te bénisse dans toute l’œuvre de ta main que tu accompliras. [La triade sociale ger–yatom–almanah [immigré, orphelin, veuve] rejoint le lévite ; la finalité est leur satiété et la bénédiction du travail.]