Deutéronome
IntroductionDeutéronome 13
Nuances du texte source · restitution Déployée
Tout ce que je vous ordonne, vous veillerez à le mettre en pratique. Tu n’y ajouteras rien et tu n’en retrancheras rien. [Tout « le mot/la chose » [kol-haddavar] que je vous ordonne, vous le garderez pour le faire ; tu n’ajouteras pas sur lui et tu n’en retrancheras pas.]
Si un prophète ou un rêveur de rêves se lève au milieu de toi et te donne un signe ou un prodige, [Si se lève au milieu de toi un navi [prophète] ou un ḥolem ḥalom [rêveur de rêve], et qu’il te donne un ’ot [signe] ou un mofet [prodige],]
et que le signe ou le prodige dont il t’a parlé se réalise, s’il dit : « Allons après d’autres dieux que tu n’as pas connus et servons-les », [Même si vient le signe ou le prodige annoncé, l’appel « allons après d’autres dieux » reste le critère décisif ; l’accomplissement du signe n’authentifie donc pas à lui seul le prophète.]
tu n’écouteras pas les paroles de ce prophète ni de ce rêveur, car le SEIGNEUR votre Dieu vous met à l’épreuve pour savoir si vous aimez le SEIGNEUR votre Dieu de tout votre cœur et de toute votre âme. [Le verbe nissah [éprouver/tester] attribue l’épreuve à YHWH ; « savoir » [lada‘at] expose au grand jour la fidélité d’alliance, sans faire du signe un critère autonome.]
Vous marcherez après le SEIGNEUR votre Dieu ; vous le craindrez, garderez ses commandements, écouterez sa voix, le servirez et vous attacherez à lui. [La chaîne verbale est dense : aller après YHWH, craindre, garder, écouter sa voix, servir, s’attacher [dabaq].]
Ce prophète ou ce rêveur de rêves sera mis à mort, parce qu’il a parlé de rébellion contre le SEIGNEUR votre Dieu, qui vous a fait sortir du pays d’Égypte et t’a racheté de la maison des esclaves, afin de t’écarter du chemin que le SEIGNEUR ton Dieu t’a ordonné de suivre. Tu extirperas le mal du milieu de toi. [Dibber sarah : « parler déviation/rébellion » ; le verbe hiddiḥa signifie égarer/détourner. La formule ubi‘arta hara‘ miqqirbek, « tu extirperas le mal de ton milieu », devient formulaire juridique.]
Si ton frère, fils de ta mère, ton fils, ta fille, la femme de ton sein ou ton ami qui est comme ta propre vie t’incite en secret : « Allons servir d’autres dieux », que toi et tes pères n’avez pas connus,
parmi les dieux des peuples qui vous entourent, proches de toi ou éloignés, d’une extrémité de la terre à l’autre, [La formulation universalise l’interdit : dieux « proches » ou « lointains », « d’une extrémité de la terre à l’autre ».]
tu ne consentiras pas à lui et tu ne l’écouteras pas ; ton œil ne l’épargnera pas, tu n’auras pas compassion et tu ne le couvriras pas. [Cinq négations successives ferment toute possibilité d’acquiescement, de pitié ou de dissimulation ; tekhasseh signifie ici « couvrir/cacher ».]
Mais tu le mettras à mort : ta main sera la première sur lui pour le faire mourir, puis la main de tout le peuple. [« Tuer, tu le tueras » [harog tahargennou] est une construction emphatique ; la main du témoin/accusateur est engagée la première, puis celle du peuple.]
Tu le lapideras avec des pierres, et il mourra, parce qu’il a cherché à t’écarter du SEIGNEUR ton Dieu, qui t’a fait sortir du pays d’Égypte, de la maison des esclaves. [La justification reprend hiddiḥa, « détourner/égarer », et fonde la sanction dans la fidélité au Dieu de l’Exode.]
Tout Israël l’entendra et craindra ; on ne recommencera plus à commettre une chose aussi mauvaise au milieu de toi. [« Ils entendront et craindront » est une formule de dissuasion juridique récurrente dans le Deutéronome.]
Si tu entends dire, dans l’une de tes villes que le SEIGNEUR ton Dieu te donne pour y habiter : [La procédure s’ouvre sur une information rapportée, non sur une condamnation immédiate ; l’enquête du v. 15 est donc structurante.]
« Des hommes, fils de Bélial, sont sortis du milieu de toi et ont égaré les habitants de leur ville en disant : Allons servir d’autres dieux que vous n’avez pas connus »,
tu rechercheras, enquêteras et interrogeras avec soin. Si la chose est vraie et établie, si cette abomination a été commise au milieu de toi, [Trois verbes imposent la vérification : darash [rechercher], ḥaqar [examiner/enquêter], sha’al [interroger], renforcés par heitev [soigneusement].]
tu frapperas certainement les habitants de cette ville au fil de l’épée ; tu voueras à la destruction la ville, tout ce qu’elle contient et son bétail, au fil de l’épée. [« Frapper, tu frapperas » [hakkeh takkeh] est emphatique ; haḥarem renvoie au ḥerem, mise à part irrévocable pour destruction dans ce cadre de guerre sacrée antique.]
Tu rassembleras tout son butin au milieu de sa place et tu brûleras au feu la ville et tout son butin, entièrement pour le SEIGNEUR ton Dieu. Elle deviendra un monceau pour toujours et ne sera plus rebâtie. [Kalil laYHWH : « entièrement pour YHWH » ; tel ‘olam désigne un « monceau durable/perpétuel » et marque l’interdit de reconstruction.]
Rien de ce qui est voué à la destruction ne s’attachera à ta main. Alors le SEIGNEUR reviendra de l’ardeur de sa colère, te donnera compassion, aura compassion de toi et te multipliera, comme il l’a juré à tes pères, [Le ḥerem ne doit « s’attacher » [dabaq] à la main de personne ; le retour de la colère ouvre sur raḥamim [compassions/miséricorde].]
parce que tu écouteras la voix du SEIGNEUR ton Dieu, en gardant tous ses commandements que je te donne aujourd’hui, pour faire ce qui est droit aux yeux du SEIGNEUR ton Dieu. [Le chapitre s’achève sur la norme positive : « écouter la voix », « garder les commandements », « faire le droit » [hayyashar] aux yeux de YHWH.]