Daniel
IntroductionDaniel 3
Analyse du texte source · restitution Philologique
Tselem signifie « image/statue ». Les proportions sont extraordinaires ; le texte ne dit pas explicitement qu’il s’agit d’une statue anthropomorphe.
La série de titres est en partie d’origine perse et administrative ; plusieurs termes restent difficiles à distinguer exactement.
Le style araméen emploie la répétition comme procédé narratif et rhétorique.
‘Ammayya, ummayya, lishshanayya : « peuples, nations, langues », formule impériale récurrente de Daniel.
Plusieurs noms d’instruments sont des emprunts grecs ou internationaux. Segid signifie « se prosterner/rendre hommage », avec ici une portée cultuelle évidente.
Be-sha‘atah, « à cette heure même », insiste sur l’immédiateté de la sanction.
La formule « tout en face de ceci » traduit kol-qovel denah, causal : « c’est pourquoi ».
L’expression araméenne ’akhal qartsehon, litt. « manger leurs morceaux », est idiomatique : calomnier/accuser.
La formule malkā le-‘ālem ḥeyi est une salutation officielle araméenne.
Le verset répète presque mot pour mot la proclamation des vv. 5–6.
Reprise du v. 6.
« Ne pas placer sur toi considération » signifie ne pas tenir compte de l’ordre royal, non un simple manque de politesse.
Regaz waḥemah : doublet intensif, « colère et fureur ».
Ha-tseda’ est difficile : probablement « est-ce vrai / délibérément ? ».
La question « qui est le dieu… ? » prépare narrativement la confession du v. 28.
La ḥashḥin : « nous n’avons pas besoin » ; l’expression indique l’absence de nécessité d’une défense argumentée.
Hen ’itay peut être compris « s’il en est ainsi / si notre Dieu existe [comme celui que nous servons] ». La syntaxe reste discutée.
Wehen la : « et sinon ». La phrase ne nie pas la puissance divine ; elle refuse de conditionner l’obéissance à l’intervention attendue.
Ḥad-shiv‘ah est une expression intensive : « sept fois ». La précision n’implique pas une mesure technique exacte.
Gibbāre-ḥayil : hommes de force/élite militaire.
Les termes vestimentaires araméens sont difficiles et parfois traduits différemment ; la précision narrative importe plus que l’identification exacte de chaque pièce.
Le contraste met en évidence l’impuissance humaine devant le feu même que le roi instrumentalise.
Le MT ne contient pas les additions grecques de Daniel 3 ; celles-ci devront être traitées séparément à partir de la Septante/Théodotion.
Le grec περιεπάτουν… ὑμνοῦντες… εὐλογοῦντες enchaîne trois actions continues : marcher, chanter, bénir.
Συνστὰς Ἀζαρίας : « Azarias s’étant tenu/debout ». L’addition conserve les noms hébreux des trois jeunes gens.
Εὐλογητὸς… αἰνετός… δεδοξασμένον : succession de prédicats de bénédiction, louange et gloire.
Κρίσεις… ἀλήθεια : les « jugements » divins sont qualifiés de « vérité », non seulement de légalité.
Le grec répète ἀλήθεια/κρίσις, « vérité/jugement », pour encadrer théologiquement la catastrophe.
Ἡμάρτομεν / ἠνομήσαμεν / ἐξημάρτομεν : triple vocabulaire de péché et de transgression.
Ἵνα εὖ ἡμῖν γένηται : « afin qu’il nous arrive du bien ».
La reprise de ἐν ἀληθινῇ κρίσει réaffirme le cadre de la confession.
Le superlatif πονηροτάτῳ dramatise la méchanceté du souverain sans retirer à Dieu la souveraineté du jugement.
Αἰσχύνη καὶ ὄνειδος : honte et reproche public.
Μὴ… εἰς τέλος : « ne [nous livre] pas jusqu’à la fin / définitivement ».
Le grec ἠγαπημένον… δοῦλον… ἅγιον donne trois qualifications distinctes aux patriarches.
Παρά τὸ χεῖλος τῆς θαλάσσης : litt. « près de la lèvre de la mer », idiome pour le rivage.
Ἐσμικρύνθημεν : « nous avons été rendus petits / diminués ».
Καρπῶσαι peut évoquer l’offrande fructueuse/agréable ; le sens cultuel général est clair malgré la formulation rare.
Ψυχῇ συντετριμμένῃ / πνεύματι ταπεινώσεως : cœur/âme brisé et esprit d’humilité.
Ἐκτελέσαι ὄπισθέν σου : expression difficile, probablement « aller jusqu’au bout à ta suite / t’obéir pleinement ».
Ἐν ὅλῃ καρδίᾳ : « de tout cœur », formule d’engagement total.
Ἐπιείκεια : douceur, clémence, bienveillance.
Ἐξελοῦ : impératif de ἐξαιρέω, « délivrer, arracher hors de ».
Δυναστεία / ἰσχύς : autorité dominatrice et force effective.
Μόνος : « seul ». Οἰκουμένη : la terre habitée, le monde humain.
Νάφθα, πίσσα, στιππύον, κληματίς : liste de combustibles destinés à intensifier le feu.
Le grec donne explicitement πήχεις τεσσεράκοντα ἐννέα, « quarante-neuf coudées ».
Διώδευσεν : « elle traversa / se répandit ».
Συγκατέβη : « descendit avec ». Ἐξετίναξεν : repoussa/secoua hors.
Πνεῦμα δρόσου διασυρίζον : « souffle de rosée qui passe/siffle doucement », image de fraîcheur au cœur du feu.
Ὡς ἐξ ἑνὸς στόματος : « comme d’une seule bouche », formule d’unanimité liturgique.
Les composés ὑπερυψούμενος / ὑπεραινετός renforcent l’idée d’une louange qui dépasse toute mesure ordinaire.
Ναὸς τῆς ἁγίας δόξης : « temple de la sainte gloire ».
Ἐπιβλέπων ἀβύσσους : regarder/surveiller les abîmes ; καθήμενος ἐπὶ χερουβείν : siégeant sur les chérubins.
Θρόνος τῆς βασιλείας : « trône du règne/royaume ».
Στερέωμα τοῦ οὐρανοῦ : « firmament du ciel ».
Πάντα τὰ ἔργα Κυρίου : « toutes les œuvres du Seigneur ».
Ἄγγελοι Κυρίου : « anges du Seigneur ».
Οὐρανοί : « cieux ».
Ὕδατα καὶ πάντα τὰ ἐπάνω τοῦ οὐρανοῦ : eaux au-dessus du ciel.
Πᾶσα ἡ δύναμις : « toute puissance/armée » du Seigneur.
Ἥλιος καὶ σελήνη : « soleil et lune ».
Ἄστρα τοῦ οὐρανοῦ : « astres du ciel ».
Ὄμβρος καὶ δρόσος : « pluie et rosée ».
Πάντα τὰ πνεύματα : « tous les souffles/vents ». Πνεῦμα peut signifier vent ou souffle ; ici la série cosmique favorise « vents ».
Πῦρ καὶ καῦμα : « feu et chaleur brûlante ».
La tradition catholique numérote ici le couple fraîcheur/froid. Le témoin électronique de Théodotion présente une perturbation de numérotation dans cette série ; l’ordre catholique est conservé.
La série météorologique associe givre et rosée. La versification catholique stabilise ici la séquence du cantique.
Le couple poursuit la série des phénomènes de froid. Le témoin grec transmis varie dans l’ordre et la numérotation de ces couples météorologiques.
Πάχνη/χιόνες et termes voisins appartiennent au champ du givre et de la neige. La tradition de versification française catholique distingue ce verset des deux précédents.
Νύκτες καὶ ἡμέραι : « nuits et jours ». Le fichier Swete électronique perd ici le marqueur de verset, mais la phrase est attestée dans la tradition du cantique.
Φῶς καὶ σκότος : « lumière et ténèbres ». Même perte de marqueur dans le témoin électronique ; la versification catholique est maintenue.
Ἀστραπαὶ καὶ νεφέλαι : « éclairs et nuées ».
Ἡ γῆ : « la terre ».
Ὄρη καὶ βουνοί : « montagnes et collines ».
Πάντα τὰ φυόμενα ἐν τῇ γῇ : « tout ce qui pousse dans la terre ».
Αἱ πηγαί : « les sources ».
Θάλασσαι καὶ ποταμοί : « mers et fleuves ».
Κήτη καὶ πάντα τὰ κινούμενα ἐν ὕδασιν : grands animaux marins et êtres aquatiques.
Πάντα τὰ πετεινὰ τοῦ οὐρανοῦ : « tous les oiseaux du ciel ».
Πάντα τὰ θηρία καὶ τὰ κτήνη : « toutes les bêtes sauvages et le bétail ».
Οἱ υἱοὶ τῶν ἀνθρώπων : « les fils des humains ».
Ἰσραήλ : le peuple est appelé à prendre sa place dans la louange de toute la création.
Ἱερεῖς : « prêtres ».
Δοῦλοι : « serviteurs ».
Πνεύματα καὶ ψυχαὶ δικαίων : « esprits et âmes des justes ».
Ὅσιοι καὶ ταπεινοὶ τῇ καρδίᾳ : « saints/fidèles et humbles de cœur ».
Ἐξ ᾄδου / ἐκ χειρὸς θανάτου : « hors de l’Hadès / de la main de la mort ». La délivrance est formulée dans un langage plus large que le seul feu physique.
Ἐξομολογεῖσθε… ὅτι χρηστός… εἰς τὸν αἰῶνα τὸ ἔλεος αὐτοῦ : formule de Ps 135/136 et autres psaumes.
Οἱ σεβόμενοι τὸν κύριον : ceux qui révèrent/adorent le Seigneur. Θεὸς τῶν θεῶν : « Dieu des dieux ».
Tewah : être stupéfait. Le vocabulaire souligne la rupture de ce que le roi pensait maîtriser. Numérotation catholique : Dn 3,91 correspond au texte araméen massorétique Dn 3,24.
Bar-’elahin est litt. « fils de dieux / fils des dieux ». Une traduction « fils de Dieu » imposerait une lecture théologique que l’araméen royal ne requiert pas. Numérotation catholique : Dn 3,92 correspond au texte araméen massorétique Dn 3,25.
’Elaha ‘illaya : « Dieu Très-Haut », titre qui sera fréquent dans la section araméenne. Numérotation catholique : Dn 3,93 correspond au texte araméen massorétique Dn 3,26.
Shelet : exercer pouvoir/maîtrise. Le feu n’a littéralement « pas dominé » leur corps. Numérotation catholique : Dn 3,94 correspond au texte araméen massorétique Dn 3,27.
Mal’akheh : « son messager/ange ». La narration du v. 25 disait seulement « fils des dieux » du point de vue initial du roi. Numérotation catholique : Dn 3,95 correspond au texte araméen massorétique Dn 3,28.
Shalah : faute/parole offensante. Le décret ne signifie pas encore conversion personnelle du roi à une foi exclusive. Numérotation catholique : Dn 3,96 correspond au texte araméen massorétique Dn 3,29.
Hatslaḥ : faire réussir/prospérer. Numérotation catholique : Dn 3,97 correspond au texte araméen massorétique Dn 3,30.
La numérotation massorétique place 3,31-33 avant ce que plusieurs traditions appellent Daniel 4,1-3. Numérotation catholique : Dn 3,98 correspond au texte araméen massorétique Dn 3,31.
Shefar qodamay : litt. « cela a paru bon devant moi ». Numérotation catholique : Dn 3,99 correspond au texte araméen massorétique Dn 3,32.
Le parallélisme araméen associe malkhut, royaume/règne, et sholtan, domination/souveraineté. Numérotation catholique : Dn 3,100 correspond au texte araméen massorétique Dn 3,33.