3 Maccabées

Introduction

3 Maccabées 4

Édition évolutive · en cours de révision · non validée S5 · reformulation contrôlée pour saisir immédiatement le sens discursif · restitution Paraphrase

Partout où le décret royal arrivait, les populations non juives organisaient des réjouissances publiques, avec cris et fêtes : leur hostilité ancienne, jusque-là contenue, pouvait désormais s’exprimer ouvertement.

Pour les Juifs, au contraire, ce fut un deuil impossible à décrire : ils pleuraient et criaient, le cœur consumé par la détresse devant la destruction soudaine qui venait d’être décidée contre eux.

Dans quelle région, dans quelle ville ou dans quelle rue ne voyait-on pas alors des scènes de lamentation et des cris de deuil à leur sujet ?

Les autorités locales les expédiaient tous avec une dureté si impitoyable que même certains de leurs ennemis, voyant de leurs propres yeux cette souffrance et se rappelant combien le destin humain est incertain, se mirent à pleurer sur leur départ misérable.

On voyait traîner un vieillard aux cheveux blancs, courbé et ralenti par l’âge, contraint sans aucun respect pour sa faiblesse à marcher rapidement sous la violence de ceux qui le poussaient.

De jeunes femmes tout juste entrées dans la vie conjugale échangeaient la joie de leurs noces contre les lamentations. Leurs cheveux parfumés étaient couverts de poussière ; conduites publiquement sans voile, elles chantaient ensemble des chants de deuil à la place des chants nuptiaux, comme déchirées par des étrangers.

Enchaînées publiquement, elles étaient traînées de force jusqu’au moment de monter dans les bateaux.

Leurs jeunes époux, encore dans la vigueur de l’âge, portaient autour du cou des liens au lieu de couronnes nuptiales. Les jours qui auraient dû prolonger la fête du mariage se passaient désormais dans les lamentations, comme s’ils voyaient déjà la mort à leurs pieds.

Ils furent conduits comme des animaux, maintenus par des entraves de fer : certains avaient le cou fixé aux bancs ou aux structures des navires, d’autres les pieds enfermés dans des fers impossibles à briser.

Un plancher serré disposé au-dessus d’eux les plongeait encore dans l’obscurité. Privés de lumière et traités comme des conspirateurs, ils subirent ainsi toute la traversée.

Après leur arrivée au lieu appelé Schédia, conformément à la décision royale, on les enferma dans l’hippodrome situé devant la ville. Son immense enceinte convenait particulièrement au spectacle humiliant que le pouvoir voulait offrir à tous ceux qui entraient à Alexandrie ou en repartaient. Les prisonniers furent même tenus à l’écart des troupes et jugés indignes de l’enceinte militaire.

Le roi apprit ensuite que les Juifs d’Alexandrie sortaient discrètement et de plus en plus nombreux pour pleurer le sort honteux de leurs frères.

Furieux, il ordonna que ceux-là aussi soient traités avec la même rigueur et subissent exactement le même châtiment que les autres.

Toute la population juive devait désormais être enregistrée individuellement. Il ne s’agissait plus de les réduire à la condition servile annoncée auparavant : après les tortures prescrites, ils devaient tous être exterminés en une seule journée.

L’enregistrement fut donc mené avec une dureté et un zèle extrêmes, du lever au coucher du soleil. Pourtant, même après quarante jours, il n’était toujours pas achevé.

Pendant ce temps, le roi, constamment rempli d’allégresse, organisait des banquets en l’honneur des idoles. L’esprit éloigné de la vérité et la bouche profanatrice, il célébrait des dieux incapables de parler ou de secourir, tandis qu’il proférait contre Dieu des paroles qui ne convenaient pas.

Au terme de cette longue période, les scribes vinrent annoncer au roi qu’ils n’étaient plus capables de poursuivre l’enregistrement tant le nombre des Juifs était immense.

Et pourtant, la majorité se trouvait encore dispersée dans le pays : certains demeuraient dans leurs maisons, d’autres étaient déjà rassemblés sur place. La tâche dépassait matériellement les possibilités de tous les gouverneurs d’Égypte.

Le roi les menaça alors plus sévèrement, les accusant d’avoir accepté des présents pour permettre des évasions. Ils réussirent cependant à lui démontrer clairement que ce n’était pas la raison de leur échec.

Ils lui montrèrent que le papier et même les roseaux servant à écrire étaient déjà épuisés.

Derrière cet obstacle matériel, le récit reconnaît l’action invincible de la providence céleste qui venait au secours des Juifs.

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