2 Chroniques

Introduction

2 Chroniques 6

Analyse du texte source · restitution Philologique

עֲרָפֶל, « obscurité épaisse / nuée sombre », appartient au vocabulaire théophanique. לִשְׁכּוֹן, infinitif de שׁכן, exprime le fait de demeurer.

בֵּית־זְבֻל est une « maison de demeure élevée/noble ». מָכוֹן est un lieu établi, une demeure fixée. עוֹלָמִים est un pluriel intensif de durée : « pour des âges / pour toujours ».

וַיַּסֵּב אֶת־פָּנָיו, litt. « il fit tourner sa face ». עוֹמֵד est un participe : l’assemblée « se tenant debout » pendant la bénédiction.

Le parallélisme בְּפִיו / וּבְיָדָיו oppose « de sa bouche » et « de ses mains » : parole divine puis accomplissement effectif.

Le double בָּחַרְתִּי, « j’ai choisi », porte d’abord sur une ville, puis sur un homme. לִהְיוֹת שְׁמִי שָׁם signifie littéralement « pour que mon nom soit là ».

וָאֶבְחַר est répété pour Jérusalem puis David. Le texte met en parallèle le lieu choisi pour le nom et l’homme choisi pour gouverner.

עִם־לְבַב, litt. « avec le cœur de », exprime ce qui est dans l’intention profonde. לְשֵׁם YHWH : la maison est bâtie « pour le nom » de YHWH.

יַעַן אֲשֶׁר introduit la cause : « parce que ». הֱטִיבוֹתָ signifie « tu as bien fait ». La répétition de לֵבָב maintient l’accent sur l’intention.

מֵחֲלָצֶיךָ, litt. « de tes reins », est un idiome généalogique. רַק marque la restriction : David ne bâtira pas, son fils le fera.

וַיָּקֶם, hifil de קום, signifie ici « il a fait se lever / confirmé » sa parole. Les verbes וָאָקוּם, וָאֵשֵׁב, וָאֶבְנֶה forment une chaîne d’accomplissement.

בְּרִית YHWH est l’« alliance de YHWH ». כָּרַת בְּרִית est l’idiome hébreu « couper une alliance », rendu par « conclure une alliance ».

וַיִּפְרֹשׂ כַּפָּיו, « il étendit ses paumes/mains », est le geste de prière. נֶגֶד marque la position « face à » l’assemblée.

כִּיּוֹר נְחֹשֶׁת désigne ici l’estrade/plate-forme de bronze du roi, usage remarquable du terme כִּיּוֹר. וַיִּבְרַךְ עַל־בִּרְכָּיו : « il s’agenouilla sur ses genoux ».

שֹׁמֵר הַבְּרִית וְהַחֶסֶד : « gardant l’alliance et le hesed ». חֶסֶד désigne la fidélité bienveillante. בְּכָל־לִבָּם : « de tout leur cœur ».

Le verset reprend le contraste bouche/main : דִּבַּרְתָּ בְּפִיךָ, « tu as parlé de ta bouche », וּבְיָדְךָ מִלֵּאתָ, « de ta main tu as accompli/rempli ».

לֹא־יִכָּרֵת, nifal de כרת, « ne sera pas retranché ». רַק אִם introduit la condition. תוֹרָתִי est « ma Torah / mon enseignement normatif ».

יֵאָמֵן, nifal de אמן, signifie « qu’elle soit rendue ferme / confirmée ». Le même réseau lexical donnera « foi / fermeté » ailleurs dans Chroniques.

הַאֻמְנָם ouvre une question rhétorique : « est-ce vraiment ? ». יְכַלְכְּלוּךָ, de כלכל, signifie ici « te contenir ». « Cieux des cieux » intensifie l’immensité céleste.

תְּפִלָּה est la prière, תְּחִנָּה la supplication implorante. רִנָּה peut désigner le cri, l’appel ou l’acclamation. מִתְפַּלֵּל est un participe hitpael de פלל.

לָשׂוּם שִׁמְךָ שָׁם : « placer ton nom là ». Le Temple est ainsi lieu du nom, tandis que Dieu est dit écouter depuis les cieux.

Le verbe שׁמע, « écouter/entendre », est répété trois fois dans la séquence. וְסָלָחְתָּ, de סלח, « et tu pardonneras », ferme la formule liturgique.

אָלָה est un serment assorti de malédiction. לְהַאֲלֹתוֹ, hifil de אלה, signifie faire entrer quelqu’un sous cette malédiction jurée.

לְהָשִׁיב ... בְּרֹאשׁוֹ, litt. « faire revenir sa voie sur sa tête », exprime la rétribution. לְהַצְדִּיק צַדִּיק : « déclarer juste le juste ».

יֻנָּגֵף, nifal de נגף, signifie « être battu / frappé ». וְהוֹדוּ אֶת־שְׁמֶךָ peut signifier « confesser / célébrer ton nom ».

וַהֲשֵׁיבוֹתָם, hifil de שׁוב, « tu les feras revenir », répond au וְשָׁבוּ du v.24 : retour vers Dieu et retour vers la terre sont lexicalement liés.

בְּהֵעָצֵר הַשָּׁמַיִם : « quand les cieux seront retenus/fermés ». תַעֲנֵם, de ענה, signifie ici humilier/affliger selon le contexte disciplinaire.

תוֹרֵם, hifil de ירה, « tu leur enseigneras / montreras ». הַדֶּרֶךְ הַטּוֹבָה est « le bon chemin ». נַחֲלָה : héritage, possession reçue.

שִׁדָּפוֹן et יֵרָקוֹן désignent des atteintes des récoltes, souvent rendues brûlure et jaunisse. אַרְבֶּה et חָסִיל sont deux termes pour des ravageurs de type sauterelle.

נִגְעוֹ וּמַכְאֹבוֹ : « son fléau et sa douleur ». Le singulier אִישׁ individualise la prière au sein de « tout ton peuple Israël ».

מְכוֹן שִׁבְתֶּךָ : « le lieu établi de ta demeure ». לְבַדְּךָ, « toi seul », réserve à Dieu la connaissance pleine du לֵב, le cœur intérieur humain.

לְמַעַן introduit le but : « afin que ». יִירָאוּךָ, « qu’ils te craignent », est relié à לָלֶכֶת בִּדְרָכֶיךָ, « marcher dans tes voies ».

הַנָּכְרִי désigne l’étranger extérieur au peuple d’Israël. « Grand nom », « main forte » et « bras étendu » reprennent un lexique exodique de puissance divine.

נִקְרָא שִׁמְךָ עַל־הַבַּיִת, litt. « ton nom est appelé sur la maison », exprime l’appartenance du Temple au nom de YHWH, non une localisation physique de Dieu.

דֶּרֶךְ הָעִיר, litt. « en direction de la ville », décrit l’orientation de la prière. Le même schéma relie ville choisie, maison et nom.

וְעָשִׂיתָ מִשְׁפָּטָם : « tu feras leur jugement / leur droit », idiome rendu par « fais-leur justice ».

כִּי אֵין אָדָם אֲשֶׁר לֹא־יֶחֱטָא est une généralisation : « il n’y a pas d’humain qui ne pèche ». וְאָנַפְתָּ, de אנף, signifie « tu te mettras en colère ».

וְהֵשִׁיבוּ אֶל־לְבָבָם, litt. « ils feront revenir vers leur cœur », idiome de prise de conscience. La confession accumule trois verbes : חטא, עוה, רשע.

בְּכָל־לִבָּם וּבְכָל־נַפְשָׁם : « de tout leur cœur et de toute leur nefesh ». La prière est orientée vers terre, ville et maison.

Le refrain « écouter depuis les cieux » revient. תְּחִנֹּתֵיהֶם est le pluriel de « supplications ». וְסָלַחְתָּ reprend le verbe technique du pardon déjà employé plus haut.

פְתֻחוֹת, « ouverts », et קַשֻּׁבוֹת, « attentives », sont des participes/adjectifs féminins accordés respectivement à « yeux » et « oreilles ».

קוּמָה, impératif avec ה paragogique, « lève-toi ». מְנוּחֶךָ est le lieu de repos. « Arche de ta force » et « prêtres revêtus de salut » reprennent un langage proche du Ps 132.

מְשִׁיחֶךָ signifie « ton oint ». חַסְדֵי דָוִיד peut se comprendre comme les actes de hesed liés à David / les bontés promises à David ; le pluriel est conservé analytiquement.

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