Pasteur d’Hermas
DossierPasteur d’Hermas 19
Analyse du texte source · restitution Philologique · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct
Marchant dans le champ et considérant un orme et une vigne, Hermas se demande au sujet de leurs fruits. Le Pasteur apparaît et demande : « Que cherches-tu en toi-même au sujet de l’orme et de la vigne ? » — « Je considère, Seigneur, qu’ils sont très beaux l’un pour l’autre. »
« Ces deux arbres sont posés comme type pour les serviteurs de Dieu. »
« Cette vigne porte fruit, mais l’orme est un bois sans fruit ; pourtant si la vigne ne monte pas sur l’orme, elle ne peut porter beaucoup de fruit, étant jetée à terre, et le fruit qu’elle porte est pourri. Quand la vigne est jetée sur l’orme, elle porte fruit par elle-même et par l’orme.
Tu vois donc que l’orme donne beaucoup de fruit, pas moins que la vigne, plutôt même davantage. Cette parabole est posée pour les serviteurs de Dieu, pour pauvre et riche.
Le riche a des richesses mais est pauvre dans les choses vers le Seigneur, distrait par sa richesse, et il a une intercession et confession très petite et faible. Quand le riche s’appuie sur le pauvre et lui fournit les choses nécessaires, il croit qu’en travaillant envers le pauvre il pourra trouver le salaire auprès de Dieu ; car le pauvre est riche dans l’intercession.
Le pauvre, fourni par le riche, intercède auprès de Dieu en rendant grâce pour celui qui lui donne ; celui-ci s’empresse encore davantage pour le pauvre afin qu’il soit sans manque dans sa vie.
Tous deux donc accomplissent l’œuvre : le pauvre travaille par l’intercession dans laquelle il est riche ; le riche pareillement fournit sans hésiter au pauvre la richesse qu’il a reçue du Seigneur.
Comme l’orme, ayant de l’eau en temps de sécheresse, nourrit la vigne, et la vigne ayant de l’eau sans interruption rend double fruit, pour elle-même et pour l’orme, ainsi les pauvres intercédant pour les riches accomplissent leur richesse, et les riches fournissant aux pauvres accomplissent leurs prières.
Ils deviennent donc tous deux partenaires (κοινωνοί) de l’œuvre juste.
Heureux ceux qui ont et comprennent qu’ils sont enrichis par le Seigneur ; celui qui comprend cela pourra aussi servir quelque bien. »