Pasteur d’Hermas
DossierPasteur d’Hermas 17
Lecture personnelle fluide · restitution Lecture · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct
« Retire de toi tout mauvais désir et revêts le désir bon et digne. Revêtu de ce désir, tu haïras le mauvais et tu le tiendras en bride.
Le mauvais désir est sauvage et difficile à apprivoiser ; il consume surtout ceux qui n’ont pas revêtu le bon désir mais restent mêlés au monde présent.
— Quelles œuvres du mauvais désir conduisent l’être humain à la mort ?
D’abord le désir d’une femme ou d’un homme qui n’est pas à toi, puis le luxe de la richesse, l’excès des nourritures, les ivresses et les nombreux plaisirs vains.
Ces désirs sont mauvais et mortifères pour celui qui s’y abandonne sans leur résister.
Revêts donc le désir de justice et arme-toi de la crainte du Seigneur. Quand le mauvais désir te verra ainsi préparé, il s’éloignera.
Après l’avoir vaincu, va vers le désir de justice et remets-lui ta victoire : sers-le et tu pourras tenir le mauvais désir sous ton autorité.
Comment servir le bon désir ? Pratique justice, vertu, vérité, crainte du Seigneur, foi, douceur et tout ce qui leur ressemble. Celui qui agit ainsi est agréable à Dieu et vivra pour lui.
Le Pasteur acheva alors les douze commandements : “Tu les as. Marche en eux et exhorte ceux qui les entendent afin que leur repentance demeure pure pendant le reste de leur vie.
Accomplis avec soin le service que je te donne : je serai avec toi dans cette mission.”
Hermas répond : “Ces commandements sont grands, beaux et glorieux, mais je ne sais pas si l’être humain peut les garder, car ils sont très difficiles.”
“Si tu te mets devant toi qu’ils peuvent être gardés, tu les garderas aisément ; si tu installes dans ton cœur qu’ils sont impossibles, tu ne les garderas pas.”
Le Pasteur l’avertit sévèrement de ne pas les négliger.
Puis, voyant Hermas bouleversé, il adoucit sa parole : “Ne comprends-tu pas la puissance de Dieu ? Celui qui a le Seigneur dans son cœur peut dominer ces commandements. Ceux qui n’ont le Seigneur que sur les lèvres les trouvent durs ; mettez-le dans votre cœur et vous découvrirez qu’ils sont doux et praticables.”
“Ne craignez pas le diable : sa menace est sans nerf. Je suis avec vous comme ange de la repentance.”
Hermas objecte : “L’être humain veut garder les commandements, mais le diable est dur et semble les dominer.”
“Il peut lutter, mais il ne peut vaincre ceux qui espèrent de tout leur cœur dans le Seigneur. Résistez-lui et il fuira.”
Comme un marchand examine surtout les jarres à moitié vides qui risquent de s’aigrir, le diable trouve place dans ceux qui restent vides de foi ; ceux qui sont pleins lui résistent.
“Ne le craignez donc pas. Vous qui avez désespéré de votre vie à cause de vos péchés, revenez de tout votre cœur au Seigneur, pratiquez la justice pour le reste de vos jours : il guérira vos fautes passées. Purifiez votre cœur des désirs vains et vous pourrez garder ces commandements.”