Odes de Salomon
DossierOdes de Salomon 11
Nuances du texte source · restitution Déployée · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct
Mon cœur a été taillé comme pour une nouvelle naissance : sa fleur s’est montrée, la grâce y a poussé et il a porté du fruit pour le Seigneur.
Le Très-Haut a accompli cette circoncision par son Esprit saint : il m’a ouvert entièrement à lui et m’a rempli d’amour.
La transformation intérieure reçoit une finalité sotériologique : elle devient salut et ouvre une course paisible dans la voie de vérité.
Depuis l’origine jusqu’à l’achèvement, sa connaissance m’a été donnée.
La stabilité du chanteur repose sur un « rocher de vérité » et sur l’acte de Dieu qui l’y a personnellement établi.
Une eau capable de devenir parole est venue jusqu’à mes lèvres, jaillissant de la source généreuse du Seigneur.
J’ai bu à cette eau vivante jusqu’à en être rempli comme d’une ivresse, car cette eau ne connaît pas la mort.
L’ivresse du verset précédent est explicitement distinguée d’une perte de connaissance : elle produit plutôt le rejet de ce qui est vain.
Le retournement vers Dieu est immédiatement lié à l’enrichissement que procure son don.
La folie est traitée comme quelque chose que l’on peut abandonner puis retirer de soi comme un vêtement devenu inutile.
Le Seigneur m’a donné un vêtement nouveau et m’a fait sien dans sa lumière.
Il m’a fait reposer d’en haut dans une paix qui ne se détruit pas ; je suis devenu comme une terre féconde, heureuse de ce qu’elle porte.
Le Seigneur se tenait sur cette terre comme un soleil qui la baigne de sa lumière.
Deux effets complémentaires apparaissent : illumination du regard et humidification vivifiante du visage par la rosée.
Tout mon souffle a été rempli du parfum agréable du Seigneur.
Le paradis est défini ici par l’abondance de la délectation ou joie qui appartient au Seigneur.
La réaction du chanteur à la gloire rencontrée dans le paradis est l’adoration.
J’ai proclamé heureux ceux que tu as plantés dans ta terre, Seigneur, et ceux à qui tu donnes une demeure dans ton paradis.
Ils grandissent avec les arbres que tu as plantés et quittent les ténèbres pour entrer dans une beauté nouvelle, §20 … ils portent de bonnes actions et quittent le mal pour se tourner vers ta bonté.
Ils ont laissé derrière eux l’amertume attachée aux arbres, dès qu’ils ont été replantés dans ta terre.
… et demeure pour toujours la mémoire de tes serviteurs fidèles.
Ton paradis offre un espace abondant où rien ne demeure improductif : partout se trouve la fécondité.
Gloire à toi, ô Dieu, joie et délectation du paradis qui demeure pour toujours. Alléluia.