Eupolème
DossierEupolème 2
Nuances du texte source · restitution Déployée · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct
Dans son ouvrage Sur la prophétie d’Élie, Eupolème attribue quarante années de prophétie à Moïse, puis trente à Josué fils de Noun ; Josué aurait vécu cent dix ans et établi à Silo la tente sacrée, c’est-à-dire le sanctuaire mobile d’Israël.
Après Josué vient Samuel, qualifié de prophète. Selon la volonté de Dieu, Samuel choisit Saül pour roi ; Eupolème lui attribue vingt et une années de règne avant sa mort.
David lui succède et étend sa domination : le texte énumère les Syriens de l’Euphrate, la Commagène, les Assyriens de Galaad et les Phéniciens, puis ses campagnes contre Iduméens, Ammonites, Moabites, Ituréens, Nabatéens et Nabdéens.
David marche encore contre Sourôn, roi de Tyr et de Phénicie, et impose aux vaincus un tribut payable aux Juifs ; parallèlement, il conclut avec Ouaphrès, roi d’Égypte, une alliance d’amitié.
Désireux de bâtir un sanctuaire pour Dieu, David demande que lui soit révélé le lieu de l’autel. Un ange apparaît au-dessus de l’emplacement destiné à l’autel de Jérusalem, mais interdit à David de bâtir lui-même le Temple : ses guerres et le sang humain versé l’en rendent impropre dans ce récit.
L’ange, nommé Dianathan, ordonne que la construction soit confiée au fils de David ; David doit en revanche préparer tout ce qui est nécessaire : or, argent, bronze, pierres, cyprès et cèdre.
David fait alors construire des navires à Élana, ville d’Arabie, et envoie des mineurs vers Ouphrè, île de la mer Rouge que le texte décrit comme riche en mines d’or ; l’or extrait est transporté vers la Judée.
Après quarante années de règne, David transmet la royauté à Salomon, âgé de douze ans, devant Éli le grand prêtre et les douze chefs des tribus. Il lui remet en même temps les réserves d’or, d’argent, de bronze, de pierres, de cyprès et de cèdre destinées au sanctuaire ; David meurt, et Salomon commence à régner.
Lettre de Salomon à Ouaphrès.
Salomon s’adresse à Ouaphrès, roi d’Égypte et ami de son père.
Salomon écrit à Ouaphrès, roi d’Égypte et ami de son père. Il affirme avoir reçu la royauté de David par le Dieu Très-Haut, créateur du ciel et de la terre, et demande au roi d’envoyer des ouvriers qui demeureront auprès de lui jusqu’à l’achèvement du sanctuaire ordonné par Dieu.
Réponse d’Ouaphrès.
Ouaphrès répond au roi Salomon.
Ouaphrès répond qu’il s’est réjoui de l’avènement de Salomon et qu’il a célébré avec son armée un jour de fête. Il envoie quatre-vingt mille hommes répartis entre plusieurs nomes — les districts administratifs égyptiens — et demande qu’ils soient entretenus convenablement puis renvoyés dans leur patrie après leur service.
Lettre de Salomon à Sourôn.
Salomon s’adresse à Sourôn, roi de Tyr, de Sidon et de Phénicie.
Salomon écrit aussi à Sourôn, roi de Tyr, Sidon et Phénicie, et lui demande des ouvriers pour le sanctuaire du Dieu créateur. Leur ravitaillement doit être réparti entre Galilée, Samarie, Moab, Ammon, Galaad, Judée et Arabie : le texte chiffre notamment chaque mois dix mille kors de blé et dix mille kors de vin, en précisant ses équivalences de mesure.
Réponse de Sourôn.
Sourôn répond au grand roi Salomon.
Sourôn répond en bénissant le Dieu créateur du ciel et de la terre, qui a choisi « un homme bon issu d’un homme bon » ; il se réjouit que Salomon ait reçu la royauté.
Sourôn annonce l’envoi de quatre-vingt mille Tyriens et Phéniciens et d’un architecte tyrien né d’une mère juive de la tribu de David, présenté comme capable d’enseigner et d’exécuter tout ouvrage d’architecture qu’on lui demandera.
Sourôn demande enfin que Salomon écrive aux gouverneurs locaux afin que les hommes envoyés reçoivent tout ce dont ils ont besoin pendant leur service et pour leur retour.
Salomon se rend au Liban avec les amis de son père, des Sidoniens et des Tyriens. Les bois préparés par David sont acheminés par mer jusqu’à Joppé puis par terre à Jérusalem. Salomon commence le sanctuaire à treize ans ; les peuples mentionnés et les douze tribus assurent le travail et l’entretien de seize myriades d’ouvriers, une tribu par mois. Les fondations sont données comme longues et larges de soixante coudées, avec dix coudées d’épaisseur ; le prophète Nathan aurait prescrit ces dispositions.
La construction alterne une assise de pierre et un chaînage de cyprès, reliés par de lourdes agrafes de bronze. À l’intérieur, cèdre et cyprès cachent la maçonnerie ; de grandes plaques d’or recouvrent le sanctuaire et sont fixées par des clous d’argent façonnés en saillies.
L’or couvre l’intérieur du sol au plafond ; le plafond reçoit des caissons d’or, tandis que le toit est fait de tuiles de bronze coulé. Deux colonnes de bronze sont en outre revêtues d’or pur sur l’épaisseur d’un doigt.
Les deux colonnes ont la hauteur du Temple et dix coudées de circonférence chacune. Salomon fait aussi dix lampadaires d’or, de dix talents chacun, en prenant pour modèle celui que Moïse avait placé dans la tente du témoignage.
Les dix lampadaires sont répartis de part et d’autre du sanctuaire ; soixante-dix lampes d’or permettent que sept brûlent sur chacun. Les portes sont également travaillées et ornées d’or, d’argent, de cèdre et de cyprès.
Au nord du sanctuaire, Salomon construit un portique soutenu par quarante-huit colonnes de bronze. Il fait aussi un vaste bassin de bronze, vingt coudées sur vingt et cinq de haut, muni d’une bordure permettant aux prêtres de monter pour les ablutions, ainsi que de douze supports moulés placés sous le bassin, à droite de l’autel.
Près du bassin, une estrade de bronze haute de deux coudées permet au roi d’être vu du peuple lorsqu’il prie. L’autel est donné comme mesurant vingt-cinq coudées sur vingt et douze de hauteur.
Deux grands réseaux ou anneaux de bronze, formés comme des chaînes, sont élevés sur des mécanismes dépassant le Temple de vingt coudées et couvrant le sanctuaire. Chacun porte quatre cents cloches de bronze : leur bruit doit empêcher les oiseaux de se poser ou de nicher sur le bâtiment et d’en souiller les parties hautes.
Salomon fortifie aussi Jérusalem par murailles, tours et fossés, puis se construit un palais.
Le texte propose ensuite une étymologie : le sanctuaire aurait d’abord été appelé « sanctuaire de Salomon » ; par altération de ce nom, la ville aurait reçu celui de Jérusalem, devenu Hiérosolyma dans l’usage grec.
Après l’achèvement du sanctuaire et des fortifications, Salomon va à Silo et offre mille bœufs en holocauste. Il prend ensuite la tente, l’autel et les objets fabriqués par Moïse et les transporte à Jérusalem pour les déposer dans la Maison.
Il y place également l’arche, l’autel d’or, le lampadaire, la table et les autres objets sacrés, conformément à l’ordre attribué au prophète.
Les sacrifices sont comptés par milliers : dix mille victimes, deux mille brebis et trois mille cinq cents veaux. Le texte transmet ensuite des quantités extraordinaires d’or, d’argent et de bronze pour les colonnes et le Temple ; ces chiffres sont conservés tels qu’ils se présentent dans la tradition.
Salomon renvoie ensuite les ouvriers égyptiens et phéniciens dans leurs pays en donnant à chacun dix sicles d’or ; le texte ajoute l’équivalence surprenante d’un talent pour un sicle. Ouaphrès reçoit aussi de grandes quantités d’huile, de dattes, de miel et d’aromates.
À Sourôn, à Tyr, Salomon envoie enfin une colonne d’or que le récit dit encore visible, consacrée dans le sanctuaire de Zeus à Tyr.