4 Esdras

Dossier

4 Esdras 11

Reformulation contrôlée · restitution Paraphrase · Texte ancien versifié · S5 · statut canonique distinct

Source : noyau de 4 Esdras (3–14) · latin critique · OCP / Weber

La deuxième nuit, je fis un songe : un immense aigle monta de la mer, avec douze ailes couvertes de plumes et trois têtes.

Je regardai : il étendait ses ailes sur toute la terre ; tous les vents du ciel soufflaient vers lui et les nuages se rassemblaient auprès de lui.

Je vis naître de ses ailes d’autres ailes opposées, qui devinrent de petites ailes minuscules.

Ses têtes demeuraient au repos. Celle du milieu était plus grande que les deux autres, mais elle reposait avec elles.

L’aigle devient maître de la terre entière.

Tout ce qui est sous le ciel lui était soumis ; aucune créature terrestre ne lui résistait.

Puis l’aigle se dressa sur ses serres et fit entendre une voix à ses ailes :

« Ne veillez pas toutes en même temps. Dormez chacune à votre place et veillez à tour de rôle ;

mais que les têtes soient réservées pour la fin. »

Je remarquai que la voix ne venait pas des têtes mais du milieu du corps.

Je comptai les ailes secondaires : elles étaient huit.

Alors, du côté droit, une aile se leva et régna sur toute la terre.

Une première aile exerce le pouvoir, disparaît, puis une autre lui succède et règne beaucoup plus longtemps.

Puis sa fin arriva à elle aussi et elle disparut comme la première.

Une voix lui fut adressée :

« Écoute, toi qui as dominé la terre pendant si longtemps, avant de disparaître :

aucun de ceux qui viendront après toi ne conservera le pouvoir aussi longtemps que toi, ni même la moitié de ce temps. »

La troisième se leva, exerça à son tour le pouvoir souverain, puis disparut elle aussi.

Ainsi les ailes se succèdent : chacune reçoit son temps de domination, puis disparaît.

Avec le temps, d’autres ailes se dressèrent elles aussi à droite pour exercer le pouvoir ; certaines régnèrent, mais disparurent aussitôt.

D’autres s’élevèrent mais ne parvinrent pas à régner.

Après cela, je vis que les douze ailes et deux petites ailes avaient disparu.

Il ne restait sur le corps de l’aigle que les trois têtes au repos et six petites ailes.

Parmi les six petites ailes, deux se séparèrent et restèrent sous la tête de droite ; les quatre autres demeurèrent à leur place.

Ces petites ailes cherchèrent à leur tour à se lever et à exercer le pouvoir.

L’une d’elles se leva, mais disparut aussitôt.

La deuxième se leva ensuite et disparut encore plus vite que la première.

Les deux ailes restantes formèrent alors le projet de régner elles aussi.

La grande tête centrale s’éveille alors et prend l’initiative.

Je vis qu’elle s’associa les deux autres têtes.

Puis cette tête, avec celles qui étaient avec elle, se tourna et dévora les deux petites ailes qui avaient voulu régner.

Cette tête domina toute la terre, soumit ses habitants à une grande domination brutale et exerça sur le monde un pouvoir plus fort que toutes les ailes précédentes.

Après cela, la tête du milieu disparut soudainement, elle aussi, comme les ailes.

Deux têtes restèrent ; elles régnèrent à leur tour sur la terre et ses habitants.

Puis la tête de droite dévora celle de gauche.

J’entendis une voix me dire : « Regarde devant toi et considère ce que tu vois. »

Je regardai : un lion rugissant sortit de la forêt et adressa à l’aigle une parole humaine :

« Écoute : je vais te parler. Voici ce que te dit le Très-Haut :

N’es-tu pas celle qui subsiste des quatre animaux que j’avais établis pour régner sur mon monde, afin que par eux arrive la fin de mes temps ?

Le quatrième est venu, a vaincu tous les animaux précédents et a dominé le monde avec une grande terreur, soumettant toute la terre à une oppression cruelle ; il a habité longtemps le monde dans la tromperie.

Tu as jugé la terre sans vérité.

Le chef d’accusation est moral autant que politique : oppression des faibles, violence contre les pacifiques, haine de la vérité, faveur accordée au mensonge et destruction des innocents.

Ton insolence est montée jusqu’au Très-Haut et ton orgueil jusqu’au Puissant.

Mais ce pouvoir a une limite fixée : les temps que Dieu lui avait laissés sont arrivés à leur terme.

Disparais donc et ne parais plus, aigle, avec tes ailes terrifiantes, tes petites ailes perverses, tes têtes mauvaises, tes serres funestes et tout ton corps méprisable, §46 afin que toute la terre respire, soit délivrée de ta violence et espère le jugement et la miséricorde de celui qui l’a créée. »

Réseau biblique

Parallèles

Outil de lecture

Dictionnaire

Exploration du corpus

Concordance

Un mot isolé est recherché comme mot entier ; plusieurs mots comme expression continue.

Sélectionnez un mot dans le texte ou saisissez un terme.

Langues sources

Lexique

Hébreu : lemmatisation et morphologie OSHB/WLC pour le corpus actuellement publié.

Depuis un verset, « Lexique du verset » affiche directement ses termes sources.

Contexte historique

Histoire & archéologie

Sélectionnez un verset pour afficher son contexte.

Bureau d’exégète

Dossier du passage