2 Baruch
Dossier2 Baruch 21
Structure du texte source · restitution Littérale · Texte ancien versifié · S3 · statut canonique distinct
Je partis de là et m’assis dans la vallée du Cédron, dans une caverne de la terre; je sanctifiai là mon âme. Je ne mangeai pas de pain et je n’eus pas faim; je ne bus pas d’eau et je n’eus pas soif. Et je fus là jusqu’au septième jour, comme il me l’avait commandé.
Ensuite je vins à ce lieu où il avait parlé avec moi.
Et il advint, aux couchers du soleil, que mon âme prit une grande pensée, et je commençai à parler devant le Puissant.
« Ô celui qui a fait la terre, écoute-moi; celui qui a fixé le firmament par sa parole et affermi la hauteur des cieux par le souffle; celui qui appelle dès le commencement du monde ce qui n’était pas encore, et ils t’obéissent.
Toi qui as commandé à l’air par ton signe et as vu les choses futures comme celles qui sont passées.
Toi qui conduis avec une grande pensée les puissances qui se tiennent devant toi, et les êtres saints sans nombre que tu as faits dès toujours de flamme et de feu, qui se tiennent autour de ton trône, tu les conduis avec puissance.
À toi seul est ceci : faire en un instant tout ce que tu as voulu.
Celui qui fait pleuvoir en nombre les gouttes de pluie sur la terre, et la fin des temps avant qu’ils viennent, toi seul l’as connue. Regarde ma demande.
Car toi seul peux supporter tous ceux qui se tiennent, ceux qui passent et ceux qui viennent, ceux qui pèchent et ceux qui sont justifiés, comme le Vivant qui ne se sonde pas.
Car toi seul es Vivant, qui ne meurt pas et ne se sonde pas; et tu connais le nombre des fils des hommes.
Et si beaucoup ont péché dans leur temps, d’autres, non peu nombreux, ont été justifiés.
Toi, tu sais où est gardée la fin de ceux qui ont péché ou l’achèvement de ceux qui ont été justifiés.
Car si la vie d’ici seulement était la vie pour chacun, rien ne serait plus amer que cela.
Car que profite la force qui retourne à la maladie, ou la nourriture qui rassasie et retourne à la faim, ou la beauté qui retourne à ce qui est haï?
En tout temps, en effet, la nature des fils des hommes change.
Ou bien nous ne sommes en rien comme ce que nous étions auparavant; maintenant nous ne sommes pas ce que nous étions, et comme nous sommes maintenant, ensuite nous ne demeurerons pas.
Car s’il ne devait pas y avoir un achèvement pour tout, notre commencement aurait été pour vanité.
Mais tout ce qui vient d’auprès de toi, fais-le-moi connaître; et sur ce que je demande de toi, éclaire-moi.
Jusqu’à quand ce qui se corrompt subsiste-t-il? Et jusqu’à quand le temps des mortels prospère-t-il? Et jusqu’à quel temps ceux qui passent dans le monde se vautrent-ils dans une grande impiété?
Ordonne donc avec miséricordes et établis tout ce que tu as dit faire venir, afin que ta puissance soit connue de ceux qui pensent que ta longanimité est faiblesse.
Et montre à ceux qui ne savent pas et qui ont vu ce qui nous est arrivé, à nous et à notre ville, jusqu’à maintenant, selon la longanimité de ta souveraineté; car tu nous as appelés sur ton nom, peuple bien-aimé.
Mets donc désormais fin à la nature mortelle.
Et réprimande dès maintenant l’ange de la mort; que ta gloire soit vue et que la grandeur de ta beauté soit connue; que le Shéol soit scellé afin que dès maintenant il ne reçoive plus les morts; et que se retournent les réserves des âmes qui sont enfermées en elles.
Car nombreuses sont les années, comme elles sont désertes, depuis les jours d’Abraham, Isaac et Jacob et de tous ceux qui leur ressemblent, qui dorment dans la terre, ceux pour lesquels tu as dit avoir créé le monde.
Et maintenant, montre rapidement ta gloire et ne retarde pas ce qui a été décidé par toi.
Et il advint, quand furent achevées les paroles de cette prière, que je fus très affaibli.