2 Baruch
Dossier2 Baruch 14
Compréhension immédiate · restitution Clarté · Texte ancien versifié · S3 · statut canonique distinct
Tu m’as fait connaître le déroulement des temps et ce qui arrivera ensuite; tu m’as dit aussi que le jugement atteindra les nations.
Pourtant, beaucoup ont péché, ont vécu dans la prospérité et sont morts, tandis qu’un petit nombre seulement seront encore là lorsque viendra ce jugement.
Quel profit y a-t-il donc pour ceux qui ont vécu auparavant? Et que pouvons-nous encore redouter de pire que les malheurs que nous voyons?
Je veux encore parler devant toi.
Quel avantage ont eu ceux qui t’ont connu, qui n’ont pas vécu dans la vanité comme les autres peuples, qui n’ont pas cherché la vie auprès des morts, mais qui t’ont craint et ont gardé tes voies?
Eux aussi ont été emportés, et même à cause d’eux tu n’as pas épargné Sion.
Si d’autres ont commis l’injustice, ne convenait-il pas que Sion fût épargnée à cause de ceux qui avaient fait le bien, plutôt que détruite à cause des artisans du mal?
Mais qui peut comprendre ton jugement, Seigneur? Qui peut sonder la profondeur de ta voie ou mesurer le poids de ton chemin?
Qui peut saisir ta pensée insondable? Quel mortel a jamais trouvé le commencement ou la fin de ta sagesse?
Nous sommes tous semblables à un souffle.
Comme la vapeur monte sans le vouloir et disparaît aussitôt, ainsi les humains quittent la vie sans l’avoir choisi et ignorent ce qui les attend à la fin.
Les justes, eux, attendent la fin avec confiance et quittent cette demeure sans peur, car leurs œuvres sont gardées auprès de toi comme dans des trésors.
C’est pourquoi ils abandonnent ce monde sans crainte et attendent avec joie le monde que tu leur as promis.
Mais malheur à nous : nous souffrons déjà maintenant et nous redoutons encore les malheurs à venir.
Toi seul sais parfaitement ce que tu fais de tes créatures; nous, nous ne savons pas discerner le bien comme toi, notre Créateur.
Je parlerai encore devant toi, Seigneur mon Maître.
Avant que le monde et ses habitants existent, tu as conçu ton dessein, tu as parlé, et aussitôt les œuvres de la création se sont tenues devant toi.
Tu as voulu placer l’être humain comme intendant de tes œuvres, afin qu’on sache que l’homme n’a pas été fait pour le monde, mais le monde pour lui.
Pourtant je vois aujourd’hui que le monde fait pour nous demeure, tandis que nous, pour qui il fut fait, nous passons.