Le monde fut créé par dix paroles. Qu’est-ce que cela vient enseigner ? N’aurait-il pas pu être créé par une seule parole ? C’est afin de demander compte aux méchants qui détruisent le monde créé par dix paroles, et d’accorder une bonne récompense aux justes qui maintiennent le monde créé par dix paroles.
Mishnah Avot
Pirqé Avot — Chapitre 5
Ce chapitre appartient aux cinq chapitres de Mishnah Avot.
Texte hébreu de base : Torat Emet 357, diffusé en domaine public via l’API Sefaria. Traduction française originale Bible Savoy depuis l’hébreu ; les notes signalent les difficultés significatives sans transformer l’appareil en commentaire confessionnel.
Il y eut dix générations d’Adam jusqu’à Noé, pour faire connaître combien Il est patient : toutes ces générations allaient en provoquant Sa colère, jusqu’à ce qu’Il fasse venir sur elles les eaux du Déluge. Il y eut dix générations de Noé jusqu’à Abraham, pour faire connaître combien Il est patient : toutes ces générations allaient en provoquant Sa colère, jusqu’à ce qu’Abraham vienne et reçoive sur lui la récompense de toutes.
Abraham notre père — paix sur lui — fut éprouvé par dix épreuves et tint ferme dans toutes, afin de faire connaître combien grande était l’affection pour Abraham notre père — paix sur lui.
Dix miracles furent accomplis pour nos pères en Égypte, et dix à la mer. Dix plaies le Saint — béni soit-Il — fit venir sur les Égyptiens en Égypte, et dix à la mer. Par dix épreuves nos pères éprouvèrent le Lieu — béni soit-Il — dans le désert, comme il est dit : « Ils M’ont éprouvé dix fois et n’ont pas écouté Ma voix. »
Dix miracles furent accomplis pour nos pères dans le Temple : aucune femme ne fit de fausse couche à cause de l’odeur de la viande consacrée ; jamais la viande consacrée ne se corrompit ; jamais une mouche ne fut vue dans l’abattoir ; jamais le grand prêtre n’eut d’émission nocturne le jour des Expiations ; jamais les pluies n’éteignirent le feu du bûcher de l’autel ; jamais le vent ne dispersa la colonne de fumée ; jamais on ne trouva de défaut dans l’omer, les deux pains ou les pains de présentation ; on se tenait serrés mais on se prosternait au large ; jamais serpent ni scorpion ne causa de dommage à Jérusalem ; et jamais personne ne dit à son prochain : « L’endroit est trop étroit pour que je passe la nuit à Jérusalem. »
Dix choses furent créées à la veille du shabbat, entre les deux lumières : la bouche de la terre, la bouche du puits, la bouche de l’ânesse, l’arc-en-ciel, la manne, le bâton, le shamir, l’écriture, l’inscription et les tables. Certains disent : également les êtres nuisibles, la tombe de Moïse et le bélier d’Abraham notre père. Certains disent aussi : les tenailles, car une paire de tenailles est faite avec des tenailles.
Sept choses caractérisent l’être inachevé, et sept le sage. Le sage ne parle pas devant quelqu’un qui le dépasse en sagesse et en rang ; il n’entre pas au milieu des paroles de son prochain ; il ne se précipite pas pour répondre ; il questionne à propos et répond selon la règle ; il traite le premier point en premier et le dernier en dernier ; sur ce qu’il n’a pas entendu, il dit : « Je n’ai pas entendu » ; et il reconnaît la vérité. Les contraires caractérisent l’être inachevé.
Sept sortes de calamités viennent sur le monde pour sept catégories de transgressions. Si certains prélèvent la dîme et d’autres non, vient une famine de sécheresse : certains ont faim et d’autres sont rassasiés. S’ils décident tous de ne pas prélever la dîme, vient une famine de panique et de sécheresse. S’ils ne prélèvent pas la pâte consacrée, vient une famine d’anéantissement. La peste vient sur le monde pour les peines de mort énoncées dans la Torah qui n’ont pas été remises au tribunal, et pour les fruits de l’année sabbatique. L’épée vient sur le monde pour le retard dans le jugement, pour la perversion du jugement et pour ceux qui enseignent la Torah contrairement à la halakha.
Les bêtes féroces viennent sur le monde à cause du faux serment et de la profanation du Nom. L’exil vient sur le monde à cause de l’idolâtrie, des unions sexuelles interdites, de l’effusion de sang et du non-respect du repos de la terre. À quatre périodes la peste augmente : la quatrième année, la septième, à la sortie de la septième et à la sortie de la fête chaque année. La quatrième, à cause de la dîme des pauvres de la troisième ; la septième, à cause de la dîme des pauvres de la sixième ; après la septième, à cause des fruits de la septième année ; et après la fête de chaque année, à cause du vol des dons destinés aux pauvres.
Il y a quatre dispositions chez l’être humain. Celui qui dit : « Ce qui est à moi est à moi, ce qui est à toi est à toi » — c’est une disposition moyenne ; certains disent : c’est la disposition de Sodome. « Ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi » — c’est celle de l’homme sans instruction. « Ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à toi » — c’est le pieux. « Ce qui est à moi est à moi, et ce qui est à toi est à moi » — c’est le méchant.
Il y a quatre dispositions dans les caractères. Facile à mettre en colère et facile à apaiser : son gain est annulé par sa perte. Difficile à mettre en colère et difficile à apaiser : sa perte est compensée par son gain. Difficile à mettre en colère et facile à apaiser : c’est le pieux. Facile à mettre en colère et difficile à apaiser : c’est le méchant.
Il y a quatre dispositions chez les disciples. Prompt à comprendre et prompt à oublier : son gain est annulé par sa perte. Lent à comprendre et lent à oublier : sa perte est compensée par son gain. Prompt à comprendre et lent à oublier : c’est le sage. Lent à comprendre et prompt à oublier : c’est une mauvaise part.
Il y a quatre dispositions chez ceux qui donnent pour la justice généreuse. Celui qui veut donner mais ne veut pas que les autres donnent a un mauvais œil sur ce qui appartient aux autres. Celui qui veut que les autres donnent mais ne donne pas lui-même a un mauvais œil sur ce qui lui appartient. Celui qui donne et veut que les autres donnent est pieux. Celui qui ne donne pas et ne veut pas que les autres donnent est méchant.
Il y a quatre dispositions chez ceux qui vont à la maison d’étude. Celui qui y va mais ne pratique pas a en main la récompense de sa marche. Celui qui pratique mais n’y va pas a en main la récompense de l’action. Celui qui y va et pratique est pieux. Celui qui n’y va pas et ne pratique pas est méchant.
Il y a quatre dispositions chez ceux qui sont assis devant les sages : l’éponge, l’entonnoir, la passoire et le tamis. L’éponge absorbe tout. L’entonnoir fait entrer par un côté et sortir par l’autre. La passoire laisse passer le vin et retient la lie. Le tamis laisse passer la farine ordinaire et retient la fleur de farine.
Tout amour qui dépend d’une chose : lorsque la chose disparaît, l’amour disparaît. Mais celui qui ne dépend d’aucune chose ne disparaît jamais. Quel est l’amour qui dépend d’une chose ? L’amour d’Amnon et Tamar. Et celui qui ne dépend d’aucune chose ? L’amour de David et Jonathan.
Toute controverse menée au nom du Ciel finit par subsister ; celle qui n’est pas menée au nom du Ciel ne finit pas par subsister. Quelle controverse est menée au nom du Ciel ? Celle de Hillel et Shammaï. Et laquelle ne l’est pas ? Celle de Coré et de toute son assemblée.
Quiconque rend la multitude méritante ne voit pas la faute venir par sa main ; quiconque fait fauter la multitude ne reçoit pas la possibilité d’accomplir le retour. Moïse acquit du mérite et rendit la multitude méritante : le mérite de la multitude dépend de lui, comme il est dit : « Il a accompli la justice du SEIGNEUR et Ses jugements avec Israël. » Jéroboam pécha et fit pécher la multitude : la faute de la multitude dépend de lui, comme il est dit : « À cause des péchés de Jéroboam, par lesquels il pécha et fit pécher Israël. »
Quiconque possède ces trois choses est parmi les disciples d’Abraham notre père ; qui possède trois choses opposées est parmi les disciples de Balaam le méchant. Un bon œil, un esprit humble et une âme modeste : parmi les disciples d’Abraham notre père. Un mauvais œil, un esprit hautain et une âme avide : parmi les disciples de Balaam le méchant. Quelle différence entre les disciples d’Abraham notre père et ceux de Balaam le méchant ? Les disciples d’Abraham notre père mangent dans ce monde et héritent du monde à venir, comme il est dit : « Pour faire hériter ceux qui M’aiment d’un bien réel, et Je remplirai leurs trésors. » Les disciples de Balaam le méchant héritent de la Géhenne et descendent au puits de destruction, comme il est dit : « Et Toi, Dieu, Tu les feras descendre au puits de destruction ; les hommes de sang et de fraude n’atteindront pas la moitié de leurs jours, mais moi je mets ma confiance en Toi. »
Juda ben Tema disait : sois audacieux comme le léopard, léger comme l’aigle, rapide comme le cerf et fort comme le lion pour faire la volonté de ton Père qui est dans les cieux. Il disait encore : le visage effronté va à la Géhenne, le visage pudique au jardin d’Éden. Que ce soit Ta volonté, SEIGNEUR notre Dieu, que Ta ville soit reconstruite bientôt, de nos jours, et donne-nous notre part dans Ta Torah.
Il disait : à cinq ans, l’Écriture ; à dix ans, la Mishnah ; à treize ans, les commandements ; à quinze ans, le Talmud ; à dix-huit ans, le dais nuptial ; à vingt ans, poursuivre ; à trente ans, la force ; à quarante ans, l’intelligence ; à cinquante ans, le conseil ; à soixante ans, la vieillesse ; à soixante-dix ans, les cheveux blancs ; à quatre-vingts ans, la vigueur ; à quatre-vingt-dix ans, se courber ; à cent ans, c’est comme s’il était mort, passé et retiré du monde.
Ben Bag Bag disait : tourne-la et retourne-la, car tout est en elle. Regarde en elle ; vieillis et use-toi en elle ; ne t’en écarte pas, car tu n’as pas de meilleure mesure qu’elle.
Ben Hé Hé disait : selon la peine, la récompense.
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