Les sages enseignèrent dans la langue de la Mishnah — béni soit Celui qui les a choisis, eux et leur enseignement. Rabbi Meïr disait : quiconque s’occupe de la Torah pour elle-même mérite beaucoup de choses ; bien plus, le monde entier vaut la peine pour lui. On l’appelle compagnon, bien-aimé, aimant le Lieu, aimant les créatures, réjouissant le Lieu, réjouissant les créatures. La Torah le revêt d’humilité et de crainte ; elle le rend apte à être juste, pieux, droit et fidèle ; elle l’éloigne de la faute et le rapproche du mérite. On bénéficie de lui en conseil, en solide discernement, en intelligence et en force, comme il est dit : « À moi le conseil et la solide sagesse ; moi, l’intelligence ; à moi la force. » Elle lui donne royauté, autorité et discernement du jugement ; les secrets de la Torah lui sont dévoilés ; il devient comme une source jaillissante et comme un fleuve qui ne tarit pas ; il devient modeste, patient et pardonne l’offense ; elle le grandit et l’élève au-dessus de toutes les œuvres.
Appendice traditionnel · hors Mishnah
Pirqé Avot — Appendice · Kinyan Torah
Kinyan Torah est traditionnellement lu comme sixième chapitre de Pirqé Avot, mais il ne fait pas partie de la Mishnah Avot proprement dite.
Texte hébreu de base : Torat Emet 357, diffusé en domaine public via l’API Sefaria. Traduction française originale Bible Savoy depuis l’hébreu ; les notes signalent les difficultés significatives sans transformer l’appareil en commentaire confessionnel.
Rabbi Josué ben Lévi disait : chaque jour, une voix céleste sort du mont Horeb, proclame et dit : « Malheur aux créatures à cause de l’humiliation de la Torah ! » Car quiconque ne s’occupe pas de la Torah est appelé réprouvé, comme il est dit : « Un anneau d’or au groin d’un porc : telle est une belle femme dépourvue de discernement. » Il est encore dit : « Les tables étaient l’œuvre de Dieu, et l’écriture était l’écriture de Dieu, gravée sur les tables. » Ne lis pas seulement « gravée » — harout — mais « liberté » — hérout — car nul n’est libre sinon celui qui s’occupe de l’étude de la Torah. Et quiconque s’occupe de l’étude de la Torah s’élève, comme il est dit : « De Mattana à Nahaliel, et de Nahaliel à Bamot. »
Celui qui apprend de son prochain un chapitre, une seule halakha, un seul verset, une seule parole, ou même une seule lettre, doit lui témoigner de l’honneur. Ainsi avons-nous trouvé chez David, roi d’Israël : bien qu’il n’eût appris d’Ahitofel que deux choses, il l’appela son maître, son guide et son familier, comme il est dit : « Mais toi, homme de mon rang, mon guide et mon familier. » À plus forte raison, celui qui apprend de son prochain un chapitre, une halakha, un verset, une parole ou même une lettre doit-il lui témoigner de l’honneur. Or il n’est d’honneur que la Torah, comme il est dit : « Les sages hériteront de l’honneur », et encore : « Les hommes intègres hériteront du bien. » Et il n’est de bien que la Torah, comme il est dit : « Car Je vous ai donné un bon enseignement ; n’abandonnez pas Ma Torah. »
Telle est la voie de la Torah : tu mangeras du pain avec du sel, tu boiras de l’eau mesurée, tu dormiras à même le sol, tu vivras une vie de peine, et dans la Torah tu peineras. Si tu fais ainsi : « Heureux es-tu et bien sera pour toi » — heureux dans ce monde, et bien pour toi dans le monde à venir.
Ne recherche pas la grandeur pour toi-même et ne convoite pas l’honneur. Fais davantage que ce que tu as appris ; ne désire pas la table des rois, car ta table est plus grande que leur table et ta couronne plus grande que leur couronne. Et le maître de ton travail est fidèle pour te payer le salaire de ton œuvre.
Grande est la Torah, plus que le sacerdoce et que la royauté : la royauté s’acquiert par trente degrés, le sacerdoce par vingt-quatre, mais la Torah s’acquiert par quarante-huit choses : par l’étude ; l’écoute attentive ; l’articulation des lèvres ; l’intelligence du cœur ; le discernement du cœur ; la révérence ; la crainte ; l’humilité ; la joie ; la pureté ; le service des sages ; l’examen minutieux avec les compagnons ; la discussion avec les disciples ; la pondération ; l’Écriture ; la Mishnah ; la réduction des affaires ; la réduction des occupations du monde ; la réduction du plaisir ; la réduction du sommeil ; la réduction des conversations ; la réduction du rire ; la patience ; un bon cœur ; la confiance dans les sages ; l’acceptation des souffrances ; le fait de connaître sa place ; de se réjouir de sa part ; de mettre une haie à ses paroles ; de ne pas s’attribuer de mérite ; d’être aimé ; d’aimer le Lieu ; d’aimer les créatures ; d’aimer les actes de justice ; d’aimer la droiture ; d’aimer les réprimandes ; de s’éloigner de l’honneur ; de ne pas laisser son cœur s’enorgueillir de son étude ; de ne pas se réjouir de rendre des décisions ; de porter le joug avec son prochain ; de le juger du côté du mérite ; de l’établir dans la vérité ; de l’établir dans la paix ; de fixer son cœur dans son étude ; de questionner et répondre ; d’écouter et ajouter ; d’apprendre afin d’enseigner ; d’apprendre afin de pratiquer ; de rendre son maître plus sage ; de viser juste dans ce qu’il a reçu ; et de rapporter une parole au nom de celui qui l’a dite. Tu apprends ainsi que quiconque rapporte une parole au nom de son auteur apporte la délivrance au monde, comme il est dit : « Esther le dit au roi au nom de Mardochée. »
Grande est la Torah, car elle donne la vie à ceux qui la pratiquent dans ce monde et dans le monde à venir, comme il est dit : « Elles sont vie pour ceux qui les trouvent et guérison pour toute leur chair » ; et encore : « Elle sera guérison pour ton nombril et rafraîchissement pour tes os » ; « Elle est un arbre de vie pour ceux qui la saisissent, et ceux qui la soutiennent sont heureux » ; « Elles seront une gracieuse couronne pour ta tête et des colliers pour ton cou » ; « Elle mettra sur ta tête une gracieuse couronne, elle te remettra un diadème de splendeur » ; « Par moi tes jours se multiplieront et des années de vie te seront ajoutées » ; « Dans sa droite, longueur de jours ; dans sa gauche, richesse et honneur » ; « Longueur de jours, années de vie et paix te seront ajoutées » ; et encore : « Ses voies sont des voies agréables, et tous ses sentiers sont paix. »
Rabbi Shimon ben Juda disait au nom de Rabbi Shimon ben Yohaï : la beauté, la force, la richesse, l’honneur, la sagesse, la vieillesse, les cheveux blancs et les enfants conviennent aux justes et conviennent au monde, comme il est dit : « Les cheveux blancs sont une couronne de splendeur ; ils se trouvent sur le chemin de la justice » ; « La splendeur des jeunes gens est leur force, et l’ornement des anciens, leurs cheveux blancs » ; « La couronne des sages, c’est leur richesse » ; « La couronne des anciens, ce sont les enfants des enfants, et la splendeur des enfants, leurs pères » ; et encore : « La lune rougira et le soleil sera confondu, car le SEIGNEUR des armées régnera sur le mont Sion et à Jérusalem, et devant Ses anciens sera la gloire. » Rabbi Shimon ben Menassia disait : ces sept qualités que les sages ont énumérées pour les justes se sont toutes accomplies en Rabbi et en ses fils.
Rabbi Yossé ben Kisma disait : un jour, je marchais sur la route lorsqu’un homme me rencontra. Il me salua, et je lui rendis son salut. Il me dit : « Rabbi, de quel endroit es-tu ? » Je lui répondis : « Je suis d’une grande ville de sages et de scribes. » Il me dit : « Rabbi, veux-tu habiter avec nous dans notre localité ? Je te donnerai mille milliers de dinars d’or, des pierres précieuses et des perles. » Je lui répondis : « Mon fils, même si tu me donnais tout l’argent, tout l’or, toutes les pierres précieuses et toutes les perles du monde, je n’habiterais que dans un lieu de Torah. Et plus encore : au moment où l’être humain quitte ce monde, ni argent, ni or, ni pierres précieuses, ni perles ne l’accompagnent, mais seulement la Torah et les bonnes actions, comme il est dit : “Quand tu marcheras, elle te conduira ; quand tu te coucheras, elle veillera sur toi ; à ton réveil, elle s’entretiendra avec toi.” “Quand tu marcheras”, dans ce monde ; “quand tu te coucheras”, dans la tombe ; “à ton réveil”, dans le monde à venir. David, roi d’Israël, a aussi écrit dans le livre des Psaumes : “La Torah de Ta bouche est meilleure pour moi que des milliers de pièces d’or et d’argent.” Et il est dit : “À Moi l’argent, à Moi l’or — parole du SEIGNEUR des armées.” »
Le Saint — béni soit-Il — a acquis cinq possessions dans Son monde : la Torah est une possession ; les cieux et la terre, une possession ; Abraham, une possession ; Israël, une possession ; le Temple, une possession. D’où savons-nous pour la Torah ? Il est écrit : « Le SEIGNEUR m’a acquise au commencement de Sa voie, avant Ses œuvres les plus anciennes. » Pour les cieux et la terre ? Il est écrit : « Ainsi parle le SEIGNEUR : les cieux sont Mon trône et la terre l’escabeau de Mes pieds ; quelle maison pourriez-vous Me bâtir, et quel lieu serait celui de Mon repos ? » Et encore : « Que Tes œuvres sont nombreuses, SEIGNEUR ! Tu les as toutes faites avec sagesse ; la terre est remplie de Tes possessions. » Pour Abraham ? Il est écrit : « Il le bénit et dit : Béni soit Abram par le Dieu Très-Haut, possesseur des cieux et de la terre. » Pour Israël ? Il est écrit : « Jusqu’à ce que passe Ton peuple, SEIGNEUR, jusqu’à ce que passe ce peuple que Tu as acquis » ; et encore : « Quant aux saints qui sont dans le pays, eux, les nobles, tout mon plaisir est en eux. » Pour le Temple ? Il est écrit : « Lieu que Tu as préparé pour Ta demeure, SEIGNEUR ; sanctuaire, Seigneur, que Tes mains ont établi » ; et encore : « Il les fit venir vers Sa frontière sainte, vers cette montagne que Sa droite a acquise. »
Tout ce que le Saint — béni soit-Il — a créé dans Son monde, Il ne l’a créé que pour Sa gloire, comme il est dit : « Tout ce qui est appelé de Mon nom, Je l’ai créé pour Ma gloire, Je l’ai formé, Je l’ai même fait » ; et encore : « Le SEIGNEUR régnera pour toujours et à jamais. » Rabbi Hanania ben Akashia disait : le Saint — béni soit-Il — a voulu rendre Israël méritant ; c’est pourquoi Il a multiplié pour eux Torah et commandements, comme il est dit : « Le SEIGNEUR a voulu, à cause de Sa justice, rendre la Torah grande et magnifique. »
Passerelles
Pour situer, approfondir ou revenir au texte.