Ben Zoma disait : qui est sage ? Celui qui apprend de toute personne, comme il est dit : « De tous ceux qui m’enseignent j’ai reçu l’intelligence, car Tes témoignages sont mon entretien. » Qui est fort ? Celui qui maîtrise son penchant, comme il est dit : « Mieux vaut être lent à la colère qu’un héros, et gouverner son esprit que prendre une ville. » Qui est riche ? Celui qui se réjouit de sa part, comme il est dit : « Quand tu mangeras du travail de tes mains, heureux es-tu et bien sera pour toi » — heureux dans ce monde, et bien pour toi dans le monde à venir. Qui est honoré ? Celui qui honore les créatures, comme il est dit : « Ceux qui M’honorent, Je les honorerai ; ceux qui Me méprisent seront tenus pour peu. »
Mishnah Avot
Pirqé Avot — Chapitre 4
Ce chapitre appartient aux cinq chapitres de Mishnah Avot.
Texte hébreu de base : Torat Emet 357, diffusé en domaine public via l’API Sefaria. Traduction française originale Bible Savoy depuis l’hébreu ; les notes signalent les difficultés significatives sans transformer l’appareil en commentaire confessionnel.
Ben Azzaï disait : cours vers un commandement léger comme vers un commandement grave, et fuis la transgression ; car un commandement entraîne un commandement, et une transgression entraîne une transgression. La récompense d’un commandement, c’est un commandement ; la récompense d’une transgression, c’est une transgression.
Il disait encore : ne méprise aucune personne et ne rejette aucune chose, car il n’est pas de personne qui n’ait son heure, ni de chose qui n’ait sa place.
Rabbi Levitas de Yavné disait : sois très, très humble d’esprit, car l’espérance de l’être humain, ce sont les vers. Rabbi Yohanan ben Beroka disait : quiconque profane le Nom du Ciel en secret, on lui demande compte au grand jour ; pour la profanation du Nom, l’acte involontaire comme l’acte volontaire ont à répondre.
Rabbi Ishmaël, son fils, disait : celui qui apprend la Torah afin d’enseigner reçoit la possibilité d’apprendre et d’enseigner ; celui qui apprend afin de pratiquer reçoit la possibilité d’apprendre, d’enseigner, de garder et de pratiquer. Rabbi Tsadok disait : ne fais pas des paroles de Torah une couronne pour t’en grandir, ni une pioche pour creuser grâce à elles. Ainsi Hillel disait : « Celui qui se sert de la couronne disparaît. » Tu apprends donc que quiconque tire profit des paroles de Torah retranche sa vie du monde.
Rabbi Yossé disait : quiconque honore la Torah voit sa personne honorée par les créatures ; quiconque profane la Torah voit sa personne déshonorée par les créatures.
Rabbi Ishmaël, son fils, disait : celui qui se tient à l’écart du jugement se débarrasse de l’hostilité, du vol et du faux serment ; celui dont le cœur s’enorgueillit lorsqu’il rend une décision est insensé, méchant et orgueilleux.
Il disait encore : ne juge pas seul, car seul l’Unique juge seul. Et ne dis pas : « Acceptez mon avis » ; eux ont le droit de le faire, pas toi.
Rabbi Yonatan disait : quiconque maintient la Torah dans la pauvreté finira par la maintenir dans la richesse ; quiconque délaisse la Torah dans la richesse finira par la délaisser dans la pauvreté.
Rabbi Meïr disait : réduis tes affaires et occupe-toi de la Torah ; sois humble d’esprit devant toute personne. Si tu t’es détourné de la Torah, beaucoup de causes de distraction se dresseront contre toi ; mais si tu peines dans la Torah, Il a une grande récompense à te donner.
Rabbi Eliézer ben Jacob disait : celui qui accomplit un commandement acquiert pour lui un défenseur ; celui qui commet une transgression acquiert pour lui un accusateur. Le retour et les bonnes actions sont comme un bouclier devant le châtiment. Rabbi Yohanan le Sandalier disait : toute assemblée qui se réunit au nom du Ciel finit par subsister ; celle qui ne se réunit pas au nom du Ciel ne finit pas par subsister.
Rabbi Elazar ben Shammoua disait : que l’honneur de ton disciple te soit aussi cher que le tien ; l’honneur de ton compagnon comme la crainte de ton maître ; et la crainte de ton maître comme la crainte du Ciel.
Rabbi Juda disait : sois attentif dans l’étude, car une erreur d’étude peut être comptée comme une faute volontaire. Rabbi Shimon disait : il y a trois couronnes — la couronne de la Torah, la couronne du sacerdoce et la couronne de la royauté — mais la couronne d’un bon nom s’élève au-dessus d’elles.
Rabbi Nehoraï disait : exile-toi vers un lieu de Torah ; ne dis pas qu’elle viendra derrière toi, car ce sont tes compagnons qui la rendront solide entre tes mains. Et ne t’appuie pas sur ta propre intelligence.
Rabbi Yannaï disait : nous n’avons en main ni l’explication de la tranquillité des méchants, ni celle des souffrances des justes. Rabbi Mattia ben Harash disait : sois le premier à saluer toute personne ; sois une queue parmi les lions plutôt qu’une tête parmi les renards.
Rabbi Jacob disait : ce monde ressemble à un vestibule devant le monde à venir. Prépare-toi dans le vestibule afin de pouvoir entrer dans la salle du banquet.
Il disait encore : une heure de retour et de bonnes actions dans ce monde est plus belle que toute la vie du monde à venir ; et une heure de sérénité dans le monde à venir est plus belle que toute la vie de ce monde.
Rabbi Shimon ben Elazar disait : ne cherche pas à apaiser ton prochain au moment de sa colère ; ne le console pas lorsque son mort repose encore devant lui ; ne l’interroge pas au moment où il prononce son vœu ; et ne cherche pas à le voir au moment de sa déchéance.
Shmouel le Petit disait : « Lorsque ton ennemi tombe, ne te réjouis pas ; lorsqu’il trébuche, que ton cœur ne jubile pas, de peur que le SEIGNEUR ne le voie, que cela ne soit mauvais à Ses yeux, et qu’Il ne détourne de lui Sa colère. »
Élisha ben Avouya disait : celui qui apprend étant enfant, à quoi ressemble-t-il ? À de l’encre écrite sur du papier neuf. Celui qui apprend étant vieux, à quoi ressemble-t-il ? À de l’encre écrite sur du papier effacé. Rabbi Yossé bar Juda de Kefar ha-Bavli disait : celui qui apprend des jeunes, à quoi ressemble-t-il ? À quelqu’un qui mange des raisins âpres et boit du vin du pressoir. Celui qui apprend des anciens, à quoi ressemble-t-il ? À quelqu’un qui mange des raisins mûrs et boit du vin vieux. Rabbi disait : ne regarde pas la cruche, mais ce qu’elle contient ; il est une cruche neuve pleine de vin vieux, et une vieille cruche qui ne contient même pas de vin nouveau.
Rabbi Elazar ha-Qappar disait : la jalousie, le désir et la recherche de l’honneur font sortir l’être humain du monde.
Il disait encore : ceux qui naissent sont destinés à mourir ; ceux qui sont morts, à revivre ; ceux qui vivent, à être jugés — afin de savoir, de faire savoir et qu’il soit reconnu qu’Il est Dieu : Lui qui forme, Lui qui crée, Lui qui comprend, Lui qui juge, Lui qui est témoin, Lui qui est partie au procès, et Lui qui jugera. Béni soit-Il : devant Lui il n’y a ni injustice, ni oubli, ni favoritisme, ni acceptation de pot-de-vin, car tout Lui appartient. Sache que tout est selon le compte. Que ton penchant ne te promette pas que le Shéol sera pour toi un refuge : malgré toi tu es formé, malgré toi tu nais, malgré toi tu vis, malgré toi tu meurs, et malgré toi tu devras rendre jugement et compte devant le Roi des rois des rois, le Saint — béni soit-Il.
Passerelles
Pour situer, approfondir ou revenir au texte.