On lui apporte la grande cuillère et la pelle. Il prend de l’encens à pleines mains et le place dans la cuillère ; la quantité dépend naturellement de la taille de ses mains. Il prend la pelle à braises dans sa main droite et la cuillère d’encens dans la gauche. Il traverse le sanctuaire jusqu’aux deux rideaux séparant le Saint du Saint des saints, entre lesquels il y avait une coudée. Rabbi Yossi dit qu’il n’y avait qu’un seul rideau. Le rideau extérieur était ouvert au sud, l’intérieur au nord. Il passe entre eux jusqu’au nord, tourne vers le sud et avance le long du rideau jusqu’à l’emplacement de l’Arche. Arrivé là, il dépose les braises entre les deux barres de l’Arche, entasse l’encens sur les braises et toute la Maison se remplit de fumée. Il ressort par le même chemin qu’à l’entrée et récite une courte prière dans le sanctuaire extérieur, sans prolonger sa prière pour ne pas inquiéter Israël.
Note philologique. La description des rideaux et de l’entrée dans le Saint des saints est une source rabbinique essentielle pour la topographie du sanctuaire.
Après la disparition de l’Arche, une pierre existait depuis le temps des premiers prophètes ; on l’appelait la pierre de fondation. Elle dépassait du sol de trois doigts, et c’est sur elle que le grand prêtre déposait la pelle à braises.
Il reprend le sang du taureau des mains du prêtre qui le remuait, entre de nouveau jusqu’à l’endroit où il était entré, se tient là où il s’était tenu et fait une aspersion vers le haut et sept vers le bas. Il ne vise pas précisément le haut ou le bas mais asperge comme avec un fouet. Il compte ainsi : « une ; une et une ; une et deux ; une et trois ; une et quatre ; une et cinq ; une et six ; une et sept. » Il sort et pose le sang sur le support d’or dans le sanctuaire.
On lui apporte le bouc destiné au Seigneur ; il l’abat et reçoit son sang. Il entre au même endroit et effectue de nouveau une aspersion vers le haut et sept vers le bas, avec le même compte. Il sort et pose ce sang sur le second support du sanctuaire ; Rabbi Yehouda dit qu’il n’y avait qu’un seul support. Il reprend le sang du taureau et fait devant le rideau, à l’extérieur du Saint des saints, une aspersion vers le haut et sept vers le bas. Puis il reprend le sang du bouc et effectue de même devant le rideau. Enfin, il verse le sang du taureau dans celui du bouc puis reverse le mélange dans le premier récipient afin qu’ils soient complètement mêlés.
Il sort alors vers « l’autel qui est devant le Seigneur », c’est-à-dire l’autel d’or. Il commence la purification de ses angles en allant : angle nord-est, nord-ouest, sud-ouest, sud-est. Là où l’on commence habituellement le sang d’un sacrifice pour le péché sur l’autel extérieur, il termine ici le tour de l’autel intérieur. Rabbi Eliezer dit qu’il reste à la même place et applique le sang sur les angles depuis là ; il pose le sang de bas en haut sur les angles éloignés, sauf sur celui qui se trouve juste devant lui, où il le pose de haut en bas.
Il asperge sept fois la surface pure de l’autel intérieur. Le reste du sang du service intérieur est versé sur la base occidentale de l’autel extérieur ; le reste du sang de l’autel extérieur, sur sa base méridionale. Les deux écoulements se mêlent dans le canal et sortent vers le torrent du Cédron ; ils sont vendus aux jardiniers comme engrais et l’usage de ce sang sans paiement approprié relève de la meïla.
Tous les actes de Yom Kippour prescrits dans un ordre déterminé sont invalides si l’on inverse cet ordre. Si l’on a fait les aspersions du sang du bouc avant celles du taureau, il faut recommencer celles du bouc après le taureau. Si le sang se renverse avant que toutes les aspersions intérieures soient achevées, on apporte un autre animal et on recommence le service intérieur depuis le début de cette série ; de même pour le sanctuaire puis pour l’autel d’or, car chacune de ces étapes constitue une expiation distincte. Rabbi Elazar et Rabbi Shimon disent : on reprend seulement à l’endroit où le service a été interrompu.