Mishnah · Nashim · Yevamot

Mishnah Yevamot — chapitre 9

Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.

S0 · édition évolutive6 mishnayotHébreu · français

Texte de base : Torat Emet 357, domaine public via Sefaria. Collation critique et annotation à poursuivre avant tout statut supérieur.

Yevamot 9,1
יֵשׁ מֻתָּרוֹת לְבַעֲלֵיהֶן וַאֲסוּרוֹת לִיְבָמֵיהֶן, מֻתָּרוֹת לִיְבָמֵיהֶן וַאֲסוּרוֹת לְבַעֲלֵיהֶן, מֻתָּרוֹת לָאֵלּוּ וְלָאֵלּוּ, וַאֲסוּרוֹת לָאֵלּוּ וְלָאֵלּוּ. וְאֵלוּ מֻתָּרוֹת לְבַעֲלֵיהֶן וַאֲסוּרוֹת לִיְבָמֵיהֶן, כֹּהֵן הֶדְיוֹט שֶׁנָּשָׂא אֶת הָאַלְמָנָה וְיֶשׁ לוֹ אָח כֹּהֵן גָּדוֹל, חָלָל שֶׁנָּשָׂא כְשֵׁרָה וְיֶשׁ לוֹ אָח כָּשֵׁר, יִשְׂרָאֵל שֶׁנָּשָׂא בַת יִשְׂרָאֵל וְיֶשׁ לוֹ אָח מַמְזֵר, מַמְזֵר שֶׁנָּשָׂא מַמְזֶרֶת וְיֶשׁ לוֹ אָח יִשְׂרָאֵל, מֻתָּרוֹת לְבַעֲלֵיהֶן וַאֲסוּרוֹת לִיְבָמֵיהֶן:

Certaines femmes sont permises à leur mari mais interdites à leur yavam ; d’autres permises au yavam mais interdites au mari ; d’autres permises aux deux ; d’autres interdites aux deux. Exemple d’une femme permise à son mari mais interdite au yavam : un prêtre ordinaire épouse une veuve mais son frère est grand prêtre ; un halal épouse une femme apte mais son frère est prêtre apte ; un Israélite épouse une fille d’Israël mais son frère est mamzer ; un mamzer épouse une mamzeret mais son frère est Israélite. Dans ces cas, l’union existante est permise mais le yibbum par le frère serait interdit.

Yevamot 9,2
וְאֵלּוּ מֻתָּרוֹת לִיְבָמֵיהֶן וַאֲסוּרוֹת לְבַעֲלֵיהֶן. כֹּהֵן גָּדוֹל שֶׁקִּדֵּשׁ אֶת הָאַלְמָנָה וְיֶשׁ לוֹ אָח כֹּהֵן הֶדְיוֹט, כָּשֵׁר שֶׁנָּשָׂא חֲלָלָה וְיֶשׁ לוֹ אָח חָלָל, יִשְׂרָאֵל שֶׁנָּשָׂא מַמְזֶרֶת וְיֶשׁ לוֹ אָח מַמְזֵר, מַמְזֵר שֶׁנָּשָׂא בַת יִשְׂרָאֵל וְיֶשׁ לוֹ אָח יִשְׂרָאֵל, מֻתָּרוֹת לִיְבָמֵיהֶן וַאֲסוּרוֹת לְבַעֲלֵיהֶן. אֲסוּרוֹת לָאֵלּוּ וְלָאֵלּוּ, כֹּהֵן גָּדוֹל שֶׁנָּשָׂא אֶת הָאַלְמָנָה וְיֶשׁ לוֹ אָח כֹּהֵן גָּדוֹל אוֹ כֹהֵן הֶדְיוֹט, כָּשֵׁר שֶׁנָּשָׂא חֲלָלָה וְיֶשׁ לוֹ אָח כָּשֵׁר, יִשְׂרָאֵל שֶׁנָּשָׂא מַמְזֶרֶת וְיֶשׁ לוֹ אָח יִשְׂרָאֵל, מַמְזֵר שֶׁנָּשָׂא בַת יִשְׂרָאֵל וְיֶשׁ לוֹ אָח מַמְזֵר, אֲסוּרוֹת לָאֵלּוּ וְלָאֵלּוּ. וּשְׁאָר כָּל הַנָּשִׁים, מֻתָּרוֹת לְבַעֲלֵיהֶן וְלִיְבָמֵיהֶן:

Exemples inverses : un grand prêtre a fiancé une veuve et son frère est prêtre ordinaire ; un prêtre apte épouse une halala et son frère est halal ; un Israélite épouse une mamzeret et son frère est mamzer ; un mamzer épouse une fille d’Israël et son frère est Israélite. La femme peut être interdite au mari mais permise au yavam. Il existe aussi des cas où elle est interdite aux deux : grand prêtre avec veuve lorsque le frère est lui aussi prêtre qui ne peut l’épouser ; prêtre apte avec halala et frère également apte ; Israélite avec mamzeret et frère Israélite ; mamzer avec fille d’Israël et frère mamzer. Les autres femmes sont permises à leur mari et à leur yavam lorsque rien d’autre ne les interdit.

Yevamot 9,3
שְׁנִיּוֹת מִדִּבְרֵי סוֹפְרִים, שְׁנִיָּה לַבַּעַל וְלֹא שְׁנִיָּה לַיָּבָם, אֲסוּרָה לַבַּעַל וּמֻתֶּרֶת לַיָּבָם. שְׁנִיָּה לַיָּבָם וְלֹא שְׁנִיָּה לַבַּעַל, אֲסוּרָה לַיָּבָם וּמֻתֶּרֶת לַבָּעַל. שְׁנִיָּה לָזֶה וְלָזֶה, אֲסוּרָה לָזֶה וְלָזֶה. אֵין לָהּ לֹא כְתֻבָּה, וְלֹא פֵרוֹת, וְלֹא מְזוֹנוֹת, וְלֹא בְלָאוֹת, וְהַוָּלָד כָּשֵׁר, וְכוֹפִין אוֹתוֹ לְהוֹצִיא. אַלְמָנָה לְכֹהֵן גָּדוֹל, גְּרוּשָׁה וַחֲלוּצָה לְכֹהֵן הֶדְיוֹט, מַמְזֶרֶת וּנְתִינָה לְיִשְׂרָאֵל, בַּת יִשְׂרָאֵל לְנָתִין וּלְמַמְזֵר, יֵשׁ לָהֶן כְּתֻבָּה:

Les parentes de second degré interdites par les scribes produisent des combinaisons analogues : si elle est « seconde » pour le mari mais pas pour le yavam, elle est interdite au mari et permise au yavam ; inversement pour le yavam ; si elle l’est pour les deux, interdite aux deux. Une union de cette catégorie ne donne ni ketouba, ni fruits, ni entretien, ni restitution normale des vêtements usés ; l’enfant reste légitime et on contraint le mari à la faire sortir. En revanche, une veuve avec grand prêtre, une divorcée ou haloutsa avec prêtre ordinaire, une mamzeret ou Netina avec Israélite, ou fille d’Israël avec Natin ou mamzer ont néanmoins une ketouba malgré l’interdit.

Yevamot 9,4
בַּת יִשְׂרָאֵל מְאֹרֶסֶת לְכֹהֵן, מְעֻבֶּרֶת מִכֹּהֵן, שׁוֹמֶרֶת יָבָם לְכֹהֵן, וְכֵן בַּת כֹּהֵן לְיִשְׂרָאֵל, לֹא תֹאכַל בַּתְּרוּמָה. בַּת יִשְׂרָאֵל מְאֹרֶסֶת לְלֵוִי, מְעֻבֶּרֶת מִלֵּוִי, שׁוֹמֶרֶת יָבָם לְלֵוִי, וְכֵן בַּת לֵוִי לְיִשְׂרָאֵל, לֹא תֹאכַל בַּמַּעֲשֵׂר. בַּת לֵוִי מְאֹרֶסֶת לְכֹהֵן, מְעֻבֶּרֶת מִכֹּהֵן, שׁוֹמֶרֶת יָבָם לְכֹהֵן, וְכֵן בַּת כֹּהֵן לְלֵוִי, לֹא תֹאכַל לֹא בַתְּרוּמָה וְלֹא בַמַּעֲשֵׂר:

Une fille d’Israël fiancée à un prêtre, enceinte d’un prêtre ou shomeret yavam devant un prêtre ne mange pas encore de terouma ; de même, une fille de prêtre fiancée à un Israélite perd son droit. Une fille d’Israël fiancée à un lévite, enceinte d’un lévite ou shomeret yavam devant un lévite ne mange pas la dîme en vertu de lui ; une fille de lévite fiancée à un Israélite ne la mange pas davantage. Une fille de lévite liée à un prêtre, et une fille de prêtre liée à un lévite, ne bénéficient pas automatiquement des deux régimes : la Mishnah distingue strictement le statut effectivement acquis.

Yevamot 9,5
בַּת יִשְׂרָאֵל שֶׁנִּסֵּת לְכֹהֵן, תֹּאכַל בַּתְּרוּמָה. מֵת, וְלָהּ הֵימֶנּוּ בֵן, תֹּאכַל בַּתְּרוּמָה. נִסֵּת לְלֵוִי, תֹּאכַל בַּמַּעֲשֵׂר. מֵת, וְלָהּ הֵימֶנּוּ בֵן, תֹּאכַל בַּמַּעֲשֵׂר. נִסֵּת לְיִשְׂרָאֵל, לֹא תֹאכַל לֹא בַתְּרוּמָה, וְלֹא בַמַּעֲשֵׂר. מֵת, וְלָהּ הֵימֶנּוּ בֵן, לֹא תֹאכַל לֹא בַתְּרוּמָה וְלֹא בַמַּעֲשֵׂר. מֵת בְּנָהּ מִיִּשְׂרָאֵל, תֹּאכַל בַּמַּעֲשֵׂר. מֵת בְּנָהּ מִלֵּוִי, תֹּאכַל בַּתְּרוּמָה. מֵת בְּנָהּ מִכֹּהֵן, לֹא תֹאכַל לֹא בַתְּרוּמָה וְלֹא בַמַּעֲשֵׂר:

Une fille d’Israël mariée à un prêtre mange la terouma. S’il meurt en laissant d’elle un fils, elle continue d’en manger grâce à ce fils. Elle épouse ensuite un lévite : elle mange la dîme ; s’il meurt en laissant un fils, elle continue par lui. Elle épouse ensuite un Israélite : elle ne mange ni terouma ni dîme ; s’il meurt en laissant un fils, ce fils maintient son exclusion. Si ce fils israélite meurt, elle peut revenir au régime lié au fils lévite ; si le fils lévite meurt, elle revient au régime lié au fils prêtre ; si enfin le fils prêtre meurt, elle n’a plus de descendant la rattachant au sacerdoce et ne mange ni terouma ni dîme.

Yevamot 9,6
בַּת כֹּהֵן שֶׁנִּשֵּׂאת לְיִשְׂרָאֵל, לֹא תֹאכַל בַּתְּרוּמָה. מֵת וְלָהּ הֵימֶנּוּ בֵן, לֹא תֹאכַל בַּתְּרוּמָה. נִשֵּׂאת לְלֵוִי, תֹּאכַל בַּמַּעֲשֵׂר. מֵת, וְלָהּ הֵימֶנּוּ בֵן, תֹּאכַל בַּמַּעֲשֵׂר. נִשֵּׂאת לְכֹהֵן, תֹּאכַל בַּתְּרוּמָה. מֵת, וְלָהּ הֵימֶנּוּ בֵן, תֹּאכַל בַּתְּרוּמָה. מֵת בְּנָהּ מִכֹּהֵן, לֹא תֹאכַל בַּתְּרוּמָה. מֵת בְּנָהּ מִלֵּוִי, לֹא תֹאכַל בַּמַּעֲשֵׂר. מֵת בְּנָהּ מִיִּשְׂרָאֵל, חוֹזֶרֶת לְבֵית אָבִיהָ. וְעַל זוֹ נֶאֱמַר (ויקרא כב), וְשָׁבָה אֶל בֵּית אָבִיהָ כִּנְעוּרֶיהָ מִלֶּחֶם אָבִיהָ תֹּאכֵל:

Une fille de prêtre épouse un Israélite : elle cesse de manger la terouma ; s’il meurt mais laisse d’elle un fils, elle reste exclue. Elle épouse ensuite un lévite : elle mange la dîme ; s’il meurt et laisse un fils, elle continue. Elle épouse ensuite un prêtre : elle mange la terouma ; s’il meurt et laisse un fils, elle continue. Si le fils prêtre meurt, elle redescend au statut que lui laisse le fils lévite ; si le fils lévite meurt, elle reste encore liée au fils israélite et ne revient pas à la terouma ; lorsque ce dernier meurt aussi, elle revient enfin à la maison de son père, conformément à Lévitique 22 : « Elle retournera à la maison de son père comme dans sa jeunesse ; elle mangera du pain de son père. »

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