Mishnah · Nashim · Yevamot

Mishnah Yevamot — chapitre 11

Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.

S0 · édition évolutive7 mishnayotHébreu · français

Texte de base : Torat Emet 357, domaine public via Sefaria. Collation critique et annotation à poursuivre avant tout statut supérieur.

Yevamot 11,1
נוֹשְׂאִין עַל הָאֲנוּסָה וְעַל הַמְפֻתָּה. הָאוֹנֵס וְהַמְפַתֶּה עַל הַנְּשׂוּאָה, חַיָּב. נוֹשֵׂא אָדָם אֲנוּסַת אָבִיו וּמְפֻתַּת אָבִיו, אֲנוּסַת בְּנוֹ וּמְפֻתַּת בְּנוֹ. רַבִּי יְהוּדָה אוֹסֵר בַּאֲנוּסַת אָבִיו וּמְפֻתַּת אָבִיו:

Un homme peut, selon l’opinion anonyme, épouser une femme que son père ou son fils avait violée ou séduite, car il n’y avait pas eu mariage créant les interdits d’affinité ordinaires. En revanche, si la femme était mariée au père ou au fils, la relation avec elle est interdite. Rabbi Yehouda interdit aussi la femme violée ou séduite par son père.

Yevamot 11,2
הַגִּיּוֹרֶת שֶׁנִּתְגַּיְּרוּ בָנֶיהָ עִמָּהּ, לֹא חוֹלְצִין וְלֹא מְיַבְּמִין, אֲפִלּוּ הוֹרָתוֹ שֶׁל רִאשׁוֹן שֶׁלֹּא בִקְדֻשָּׁה וְלֵדָתוֹ בִקְדֻשָּׁה, וְהַשֵּׁנִי הוֹרָתוֹ וְלֵדָתוֹ בִקְדֻשָּׁה. וְכֵן שִׁפְחָה שֶׁנִּשְׁתַּחְרְרוּ בָנֶיהָ עִמָּהּ:

Une convertie dont les fils se convertissent avec elle : les frères n’accomplissent entre eux ni halitsa ni yibbum sur la base de la fraternité antérieure à la conversion, même si l’un a été conçu avant conversion mais est né après, tandis que l’autre a été conçu et est né après. Même logique pour une esclave affranchie avec ses fils selon les catégories juridiques antiques du traité.

Yevamot 11,3
חָמֵשׁ נָשִׁים שֶׁנִּתְעָרְבוּ וַלְדוֹתֵיהֶן, הִגְדִּילוּ הַתַּעֲרֹבוֹת וְנָשְׂאוּ נָשִׁים וּמֵתוּ, אַרְבָּעָה חוֹלְצִין לְאַחַת, וְאֶחָד מְיַבֵּם אוֹתָהּ. הוּא וּשְׁלשָׁה חוֹלְצִים לְאַחֶרֶת, וְאֶחָד מְיַבֵּם. נִמְצְאוּ אַרְבַּע חֲלִיצוֹת וְיִבּוּם לְכָל אַחַת וְאֶחָת:

Cinq femmes voient leurs nouveau-nés mélangés. Les enfants grandissent, se marient puis meurent sans descendance. Pour chacune des cinq veuves, quatre des hommes susceptibles d’être ses beaux-frères accomplissent halitsa, puis le cinquième peut faire yibbum ; on répète la procédure de sorte que chacune bénéficie de quatre halitsa et, lorsque juridiquement possible, d’un yibbum certain.

Yevamot 11,4
הָאִשָּׁה שֶׁנִּתְעָרֵב וְלָדָהּ בִּוְלַד כַּלָּתָהּ, הִגְדִּילוּ הַתַּעֲרֹבוֹת, וְנָשְׂאוּ נָשִׁים, וּמֵתוּ, בְּנֵי הַכַּלָּה חוֹלְצִין וְלֹא מְיַבְּמִין, שֶׁהוּא סְפֵק אֵשֶׁת אָחִיו סְפֵק אֵשֶׁת אֲחִי אָבִיו. וּבְנֵי הַזְּקֵנָה, אוֹ חוֹלְצִין אוֹ מְיַבְּמִין, שֶׁהוּא סְפֵק אֵשֶׁת אָחִיו וְאֵשֶׁת בֶּן אָחִיו. מֵתוּ הַכְּשֵׁרִים, בְּנֵי הַתַּעֲרֹבוֹת לִבְנֵי הַזְּקֵנָה חוֹלְצִין וְלֹא מְיַבְּמִין, שֶׁהוּא סְפֵק אֵשֶׁת אָחִיו וְאֵשֶׁת אֲחִי אָבִיו, וּבְנֵי הַכַּלָּה, אֶחָד חוֹלֵץ וְאֶחָד מְיַבֵּם:

Le fils d’une femme et celui de sa belle-fille ont été mélangés. Devenus adultes, ils se marient puis meurent. Les fils certains de la belle-fille font halitsa mais non yibbum aux veuves des enfants mélangés, parce que l’homme peut être soit leur frère soit leur oncle. Les fils certains de la femme plus âgée peuvent, selon le cas, faire halitsa ou yibbum parce que le défunt est soit leur frère soit leur neveu. Lorsque les fils certains meurent à leur tour, on organise les halitsa et yibbum des enfants mélangés selon les mêmes doutes, en évitant toute union qui pourrait être en réalité interdite.

Yevamot 11,5
כֹּהֶנֶת שֶׁנִּתְעָרֵב וְלָדָּהּ בִּוְלַד שִׁפְחָתָהּ, הֲרֵי אֵלּוּ אוֹכְלִים בַּתְּרוּמָה, וְחוֹלְקִים חֵלֶק אֶחָד בַּגֹּרֶן, וְאֵינָן מִטַּמְּאִין לְמֵתִים, וְאֵין נוֹשְׂאִין נָשִׁים, בֵּין כְּשֵׁרוֹת בֵּין פְּסוּלוֹת. הִגְדִּילוּ הַתַּעֲרֹבוֹת, וְשִׁחְרְרוּ זֶה אֶת זֶה, נוֹשְׂאִין נָשִׁים רְאוּיוֹת לַכְּהֻנָּה, וְאֵינָן מִטַּמְּאִין לְמֵתִים. וְאִם נִטְמְאוּ, אֵינָן סוֹפְגִין אֶת הָאַרְבָּעִים. וְאֵינָן אוֹכְלִים בַּתְּרוּמָה. וְאִם אָכְלוּ, אֵינָן מְשַׁלְּמִין קֶרֶן וָחֹמֶשׁ. וְאֵינָן חוֹלְקִין עַל הַגֹּרֶן. וּמוֹכְרִין אֶת הַתְּרוּמָה, וְהַדָּמִים שֶׁלָּהֶם. וְאֵינָן חוֹלְקִים בְּקָדְשֵׁי הַמִּקְדָּשׁ, וְאֵין נוֹתְנִין לָהֶם קָדָשִׁים, וְאֵין מוֹצִיאִין שֶׁלָּהֶם מִיָּדָם, וּפְטוּרִין מִן הַזְּרֹעַ וּמִן הַלְּחָיַיִם וּמִן הַקֵּבָה, וּבְכוֹרוֹ יְהֵא רוֹעֶה עַד שֶׁיִּסְתָּאֵב, וְנוֹתְנִין עָלָיו חֻמְרֵי כֹהֲנִים וְחֻמְרֵי יִשְׂרְאֵלִים:

Une femme prêtresse voit son enfant mélangé avec celui de son esclave. Tant que leur statut n’est pas résolu, tous deux peuvent manger la terouma et ne reçoivent qu’une seule part à l’aire ; ils ne se rendent pas impurs pour les morts et ne peuvent épouser ni femmes que seul un prêtre pourrait épouser ni femmes qui lui seraient interdites. Devenus adultes, ils s’affranchissent mutuellement afin que l’un soit certainement libre, puis épousent des femmes aptes au sacerdoce. Ils restent soumis aux rigueurs à la fois du prêtre et de l’Israélite : pas de contact avec les morts, mais pas de peine certaine s’ils transgressent ; pas de consommation de terouma, mais pas de remboursement du cinquième s’ils en mangent ; pas de part distribuée à l’aire, mais ils peuvent vendre la terouma qui leur revient et garder l’argent ; pas de parts sacerdotales du Temple, sans qu’on puisse cependant leur retirer un bien dont ils ont possession certaine. Ils sont dispensés des dons de l’épaule, des mâchoires et de la caillette, et leur premier-né animal paît jusqu’à défaut. Toutes les rigueurs des deux statuts leur sont appliquées.

Yevamot 11,6
מִי שֶׁלֹּא שָׁהֲתָה אַחַר בַּעְלָה שְׁלֹשָׁה חֳדָשִׁים וְנִשֵּׂאת, וְיָלְדָה, וְאֵין יָדוּעַ אִם בֶּן תִּשְׁעָה לָרִאשׁוֹן אִם בֶּן שִׁבְעָה לָאַחֲרוֹן. הָיוּ לָהּ בָּנִים מִן הָרִאשׁוֹן וּבָנִים מִן הַשֵּׁנִי, חוֹלְצִין וְלֹא מְיַבְּמִין. וְכֵן הוּא לָהֶם, חוֹלֵץ וְלֹא מְיַבֵּם. הָיוּ לוֹ אַחִים מִן הָרִאשׁוֹן וְאַחִים מִן הַשֵּׁנִי שֶׁלֹּא מֵאוֹתָהּ הָאֵם, הוּא חוֹלֵץ וּמְיַבֵּם, וְהֵם, אֶחָד חוֹלֵץ וְאֶחָד מְיַבֵּם:

Une femme se remarie sans avoir attendu trois mois et met au monde un enfant dont on ignore s’il est né à neuf mois du premier mari ou à sept mois du second. S’il a des frères certains du premier et du second mari, lorsqu’un de ces frères meurt, il fait halitsa mais non yibbum par doute ; eux aussi font halitsa sans yibbum à sa femme. S’il existe des frères du premier et du second qui ne sont pas nés de cette mère et dont la fraternité avec lui est donc seulement douteuse par le père, il peut, selon la configuration, faire halitsa et parfois yibbum après que le doute interdit a été levé ; les autres procèdent l’un par halitsa, puis l’autre par yibbum lorsque cela devient sûr.

Yevamot 11,7
הָיָה אֶחָד יִשְׂרָאֵל וְאֶחָד כֹּהֵן, נוֹשֵׂא אִשָּׁה רְאוּיָה לְכֹהֵן, וְאֵינוֹ מִטַּמֵּא לְמֵתִים, וְאִם נִטְמָא, אֵינוֹ סוֹפֵג אֶת הָאַרְבָּעִים. וְאֵינוֹ אוֹכֵל בַּתְּרוּמָה, וְאִם אָכַל, אֵינוֹ מְשַׁלֵּם קֶרֶן וָחֹמֶשׁ. וְאֵינוֹ חוֹלֵק עַל הַגֹּרֶן. וּמוֹכֵר הַתְּרוּמָה, וְהַדָּמִים שֶׁלּוֹ. וְאֵינוֹ חוֹלֵק בְּקָדְשֵׁי הַמִּקְדָּשׁ, וְאֵין נוֹתְנִים לוֹ אֶת הַקָּדָשִׁים, וְאֵין מוֹצִיאִין אֶת שֶׁלּוֹ מִיָּדוֹ. וּפָטוּר מִן הַזְּרֹעַ וְהַלְּחָיַיִם וְהַקֵּבָה. וּבְכוֹרוֹ יְהֵא רוֹעֶה עַד שֶׁיִּסְתָּאֵב. וְנוֹתְנִין עָלָיו חֻמְרֵי כֹהֲנִים וְחֻמְרֵי יִשְׂרְאֵלִים. הָיוּ שְׁנֵיהֶם כֹּהֲנִים, הוּא אוֹנֵן עֲלֵיהֶם, וְהֵם אוֹנְנִים עָלָיו. הוּא אֵינוֹ מִטַּמֵּא לָהֶם, וְהֵם אֵינָן מִטַּמְּאִין לוֹ. הוּא אֵינוֹ יוֹרֵשׁ אוֹתָן, אֲבָל הֵם יוֹרְשִׁין אוֹתוֹ. וּפָטוּר עַל מַכָּתוֹ וְעַל קִלְלָתוֹ שֶׁל זֶה וְשֶׁל זֶה, וְעוֹלֶה בְמִשְׁמָרוֹ שֶׁל זֶה וְשֶׁל זֶה, וְאֵינוֹ חוֹלֵק. אִם הָיוּ שְׁנֵיהֶם בְּמִשְׁמָר אֶחָד, נוֹטֵל חֵלֶק אֶחָד:

Si l’un des deux pères possibles est Israélite et l’autre prêtre, l’enfant à paternité incertaine épouse une femme apte à un prêtre, ne se rend pas impur pour les morts et n’est pas puni avec certitude s’il l’a fait. Il ne mange pas de terouma, mais s’il en mange ne paie pas principal et cinquième ; il ne reçoit pas de part à l’aire, mais peut vendre la terouma qui lui revient. Il ne reçoit pas les parts du Temple, mais on ne lui retire pas ce qu’il détient. Il est dispensé des dons sacerdotaux et son premier-né animal paît jusqu’à défaut. On lui applique les rigueurs des prêtres et des Israélites. Si les deux pères possibles sont prêtres, les deux familles prennent le deuil pour lui et lui pour elles selon le doute, mais ni lui ni elles ne se rendent impurs rituellement les uns pour les autres. Il n’hérite avec certitude d’aucun des deux, tandis que les deux familles peuvent hériter de lui. Il n’est pas puni avec certitude pour avoir frappé ou maudit l’un ou l’autre père. Il peut monter avec la garde sacerdotale de l’un ou l’autre, mais ne prend une part que si les deux appartiennent à la même garde.

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