Le prêtre retire l’offrande de la corbeille égyptienne et la place dans un vase sacré, puis dans les mains de la femme. Le prêtre place sa main sous les siennes et effectue le geste de balancement rituel.
Mishnah · Nashim · Sotah
Mishnah Sotah — chapitre 3
Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
Texte de base : Torat Emet 357, domaine public via Sefaria. Collation critique et annotation à poursuivre avant tout statut supérieur.
Après le balancement, on approche l’offrande de l’autel, on prélève la poignée et on la brûle ; le reste est mangé par les prêtres. Selon l’opinion anonyme, on fait boire la femme puis on offre son oblation. Rabbi Shimon lit Nombres 5 dans l’ordre inverse : offrande d’abord, puis eau. Si l’ordre a été inversé, il reconnaît néanmoins la validité du rite.
Avant que le rouleau ait été effacé, si elle dit : « Je ne boirai pas », le rouleau est mis à l’écart et son offrande est dispersée sur les cendres ; ce rouleau ne sert pas à une autre femme. Si le rouleau a déjà été effacé et qu’elle avoue ensuite son impureté, l’eau est versée et l’offrande détruite. Si elle refuse simplement de boire après l’effacement sans avouer, on la contraint selon la procédure antique à boire.
La Mishnah décrit les effets immédiats attendus lorsque la femme coupable boit : altération du visage, yeux saillants et réaction corporelle, au point qu’on demande de la faire sortir rapidement de la cour sacrée. Elle ajoute toutefois qu’un mérite peut retarder l’effet pendant un, deux ou trois ans selon les traditions. Ben Azzai en déduit qu’un père doit enseigner la Torah à sa fille, afin qu’elle comprenne qu’un délai ne prouve pas l’innocence. Rabbi Eliezer s’y oppose fortement. Rabbi Josué ajoute plusieurs maximes critiques sur les formes de fausse piété et de comportement religieux dévoyé. Ces propos reflètent les controverses tannaitiques et leurs catégories sociales anciennes.
Rabbi Shimon rejette l’idée qu’un mérite retarde l’effet des eaux, car cela rendrait l’épreuve ambiguë et permettrait de soupçonner à tort les femmes réellement innocentes dont rien n’arrive. Rabbi Yehouda HaNassi maintient qu’un mérite peut retarder l’issue : la femme ne prospère cependant pas, mais décline progressivement jusqu’à subir finalement la mort décrite par la tradition.
Si l’offrande de la sota devient impure avant d’avoir été sanctifiée dans le vase, elle peut être rachetée comme une autre offrande végétale non encore sanctifiée. Après sanctification dans le vase, elle doit être brûlée. Sont également brûlées les offrandes des femmes dont la procédure ne peut plus se poursuivre : celle qui avoue, celle contre qui des témoins établissent l’impureté, celle qui refuse de boire, celle dont le mari refuse la procédure ou celle avec qui il a eu une relation en chemin. Les offrandes apportées par des femmes mariées à des prêtres sont elles aussi brûlées en raison de la part sacerdotale du mari.
Une fille d’Israël mariée à un prêtre apporte une offrande qui est brûlée. Une fille de prêtre mariée à un Israélite apporte une offrande qui peut être mangée. La Mishnah énumère d’autres différences de statut entre prêtre et fille de prêtre : l’offrande d’un prêtre n’est pas mangée ; une fille de prêtre peut perdre son statut sacerdotal par certaines unions, le prêtre non ; elle peut se rendre rituellement impure pour les morts alors que le prêtre est restreint ; le prêtre mange des sacrifices très saints, elle non.
La Mishnah énumère ici diverses différences juridiques antiques entre homme et femme : certaines règles funéraires de la tsaraat, possibilité du père de vouer son fils au naziréat, utilisation de fonds de naziréat hérités du père, pouvoir ancien de vendre ou de fiancer une fille mineure, modalités d’exécution pénale et vente du voleur insolvable. Ces distinctions appartiennent au système juridique ancien et ne sont pas des catégories sociales contemporaines.
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