À l’origine, on disait qu’une personne pouvait ramasser dans son propre terrain bois, pierres et herbes grossières comme elle le ferait dans celui d’autrui. Lorsque les transgresseurs se multiplièrent, on institua que chacun ramasserait dans le terrain de l’autre, sans contrepartie ; à plus forte raison ne doit-on pas convenir de lui fournir sa nourriture en échange.
Mishnah · Zeraïm · Sheviit
Mishnah Sheviit — chapitre 4
Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
Texte de base : Torat Emet 357, domaine public via Sefaria. Collation critique, terminologie agricole et annotation halakhique à poursuivre avant tout statut supérieur.
Un champ simplement débarrassé des épines peut être semé après la septième année. Un champ amélioré illicitement ou fumé par parcage ne sera pas semé immédiatement après la septième année. Pour un champ amélioré illicitement, la maison de Shammaï dit qu’on ne mange pas ses produits durant la septième année ; la maison de Hillel le permet. La maison de Shammaï dit encore qu’on ne consomme pas les fruits de la septième année comme faveur reçue du propriétaire ; la maison de Hillel permet de les consommer avec ou sans cette faveur. Rabbi Yehouda transmet l’attribution inverse et range cette règle parmi les indulgences de Shammaï et les rigueurs de Hillel.
On peut louer des terres labourées appartenant à des non-Juifs pendant la septième année, mais non celles d’un Israélite. On peut encourager verbalement des non-Juifs dans leur travail, mais non des Israélites, et on peut les saluer, pour les voies de la paix.
Celui qui éclaircit des oliviers : la maison de Shammaï dit qu’il doit les couper au-dessus du sol ; la maison de Hillel permet de les déraciner. Ils reconnaissent que s’il enlève une bande entière de trois arbres contigus, il doit seulement les couper. Qu’est-ce qu’éclaircir ? En enlever un ou deux. En enlever trois côte à côte, c’est dégarnir une bande. Cela vaut dans son propre champ ; dans celui d’autrui, même une bande entière peut être déracinée.
Celui qui fend un olivier pour son bois ne recouvre pas la coupe de terre, mais peut la couvrir de pierres ou de paille. Celui qui coupe des poutres de sycomore agit de même. On ne coupe pas un jeune sycomore vierge de la manière habituelle durant la septième année, car ce serait un travail agricole. Rabbi Yehouda dit : la coupe ordinaire est interdite ; on peut toutefois couper à dix palmes du sol ou au ras du sol.
Celui qui raccourcit l’extrémité des vignes ou coupe des roseaux : Rabbi Yossi le Galiléen dit qu’il doit laisser un palme. Rabbi Aqiva permet de couper comme d’habitude, à la hache, à la faucille, à la scie ou avec tout autre outil. Un arbre fendu peut être lié durant la septième année, non pour le faire guérir, mais pour empêcher la fente de s’aggraver.
À partir de quand peut-on manger les fruits des arbres pendant la septième année ? Pour les figues non mûres, dès qu’elles commencent à se colorer, on peut les manger avec son pain dans le champ ; lorsqu’elles mûrissent davantage, on peut les rentrer chez soi. Aux autres années, le même stade marque leur assujettissement aux dîmes.
Pour les raisins verts, dès qu’ils produisent du jus, on peut les manger avec son pain dans le champ ; lorsqu’ils commencent à mûrir, on peut les rentrer chez soi. Aux autres années, le stade correspondant les rend soumis aux dîmes.
Pour les olives, lorsqu’une seah de fruits peut produire un quart de log d’huile, on peut les écraser et les manger dans le champ. Lorsqu’elles peuvent produire un demi-log, on peut les broyer et s’en oindre dans le champ. Lorsqu’elles ont atteint le tiers de leur maturité, on peut les broyer dans le champ et les rentrer chez soi. Aux autres années, les mêmes stades déterminent l’assujettissement aux dîmes. Pour les autres fruits d’arbres, le stade correspondant aux dîmes est aussi celui qui compte pour la septième année.
À partir de quand ne peut-on plus couper un arbre pendant la septième année ? La maison de Shammaï dit : pour tout arbre, dès qu’il commence à produire. La maison de Hillel dit : pour les caroubes lorsqu’elles commencent à pendre, pour les raisins lorsqu’ils forment leurs premiers grains, pour les olives lorsqu’elles fleurissent, et pour les autres arbres dès qu’ils produisent. Une fois le fruit arrivé au stade des dîmes, il est de nouveau permis de couper l’arbre. Quelle quantité d’olives suffit à interdire la coupe ? Un quart de qav ; Rabban Shimon ben Gamliel dit : cela dépend de la taille de l’olivier.
Passerelles
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