Trois fois par an on prélève dans la chambre des shekels pour financer les sacrifices : avant Pessah, avant Shavouot et avant Soukkot. Rabbi Aqiva dit que ces dates servent aussi de repères pour la dîme du bétail. Ben Azzai fixe ces périodes au vingt-neuf Adar, au premier Sivan et au vingt-neuf Av. Rabbi Elazar et Rabbi Shimon disent : premier Nisan, premier Sivan et vingt-neuf Eloul. Pourquoi vingt-neuf Eloul plutôt que premier Tishri ? Parce que le premier Tishri est jour de fête et qu’on ne peut y prélever la dîme du bétail ; on avance donc l’opération au vingt-neuf Eloul.
On prélevait la chambre avec trois paniers de trois seah chacun, marqués alef, bet et gimel. Rabbi Yishmaël dit qu’ils portaient en grec alpha, beta et gamma. La personne qui entrait prélever ne portait ni vêtement à poche ou revers où cacher de l’argent, ni chaussures, ni sandales, ni tefillin, ni amulette : si elle devenait pauvre on ne devait pas dire que sa pauvreté venait d’une faute commise dans la chambre ; si elle devenait riche, qu’elle s’était enrichie avec l’argent du sanctuaire. Une personne doit être irréprochable aux yeux des êtres humains comme devant Dieu.
Note philologique. La transparence imposée au préleveur de la chambre constitue un témoignage remarquable d’éthique administrative du Temple.
Les membres de la maison de Rabban Gamliel entraient avec leur shekel entre les doigts et le lançaient devant celui qui prélevait ; celui-ci veillait à le pousser lui-même dans le panier afin qu’il soit compris dans le prélèvement. Avant de prélever, il demandait : « Dois-je prélever ? » On lui répondait : « Prélève, prélève, prélève », trois fois.
Après avoir rempli le premier panier, on le recouvrait ; de même le deuxième. Le troisième restait découvert, afin de ne pas oublier et reprendre involontairement de l’argent déjà prélevé. Le premier prélèvement était fait au nom des habitants de la terre d’Israël, le deuxième au nom des villes voisines, le troisième au nom de Babylone, de Médie et des contrées lointaines.