On peut regrouper les shekels en grosses pièces d’or, des darics, afin d’alléger le poids du transport. Comme il y avait des coffres en forme de shofar dans le Temple, il y en avait aussi dans les provinces. Les habitants d’une ville envoient leurs shekels et ceux-ci sont volés ou perdus : si le prélèvement du trésor pour les sacrifices de l’année a déjà été effectué, les convoyeurs jurent devant les trésoriers du Temple ; sinon, ils jurent devant les habitants de la ville et ceux-ci versent de nouveaux shekels. Si les premiers sont ensuite retrouvés ou rendus par les voleurs, les deux versements demeurent des shekels consacrés et ne sont pas reportés comme paiement de l’année suivante.
Mishnah · Moed · Shekalim
Mishnah Shekalim — chapitre 2
Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
Texte de base : Torat Emet 357, domaine public via Sefaria. Collation critique et annotation à poursuivre avant tout statut supérieur.
Celui qui remet son shekel à un ami pour que celui-ci le verse en son nom, mais dont l’argent est finalement utilisé comme le shekel de cet ami, peut tomber sous les règles de meïla si le prélèvement du trésor a déjà été effectué. De même, celui qui paie son shekel avec de l’argent déjà consacré commet la meïla lorsque le prélèvement a été fait et que l’animal acheté avec ces fonds est offert. Celui qui utilise de l’argent de seconde dîme ou de produits de la septième année doit restituer une valeur équivalente à leur destination légitime.
Quelqu’un rassemble des pièces et dit : « Tout ceci est pour mon shekel. » La maison de Shammaï dit que le surplus devient offrande volontaire ; la maison de Hillel dit qu’il reste profane. S’il dit : « De cet argent je prélèverai mon shekel », tous reconnaissent que le surplus reste profane. S’il dit : « Tout ceci est pour mon sacrifice pour le péché », tous reconnaissent que le surplus devient offrande volontaire ; s’il dit : « De cet argent j’achèterai mon sacrifice pour le péché », le surplus reste profane.
Rabbi Shimon demande : pourquoi distinguer shekels et sacrifice pour le péché ? Le shekel a une mesure fixée, le prix d’un sacrifice pour le péché non. Rabbi Yehouda répond que même le shekel n’a pas toujours eu la même valeur monétaire : au retour de l’exil on payait en darics, puis en sela, puis en monnaies plus petites, et on envisagea même le dinar. Rabbi Shimon répond : à chaque époque, tous étaient néanmoins tenus d’une somme identique ; pour le sacrifice pour le péché, l’un peut apporter un animal d’un sela, l’autre de deux ou de trois.
Le surplus mis de côté pour un shekel reste profane. Le surplus d’une offrande du dixième d’épha, des oiseaux obligatoires d’hommes ou femmes atteints de flux, des accouchées, des sacrifices pour le péché ou de réparation devient offrande volontaire. Règle générale : tout surplus provenant d’une obligation de péché ou de réparation va aux offrandes volontaires. Le surplus d’une holocauste reste destiné à une holocauste ; celui d’une offrande végétale à une offrande végétale ; celui d’un sacrifice de paix à un sacrifice de paix ; celui d’un Pessah à un sacrifice de paix. Les sommes réunies en surplus pour plusieurs nazir vont aux nazir ; le surplus d’un nazir particulier va aux offrandes volontaires. Le surplus d’un fonds pour les pauvres reste aux pauvres, mais celui recueilli pour un pauvre déterminé lui revient. Il en va de même des prisonniers à racheter. Le surplus d’un fonds pour les morts sert aux morts ; le surplus destiné à un défunt déterminé revient à ses héritiers. Rabbi Meïr dit qu’on le conserve jusqu’à la venue d’Élie ; Rabbi Nathan dit qu’on peut construire avec ce surplus un monument sur sa tombe.
Passerelles
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