Mishnah · Moed · Shabbat

Mishnah Shabbat — chapitre 9

Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.

S0 · édition évolutive7 mishnayotHébreu · français

Texte de base : Torat Emet 357, domaine public via Sefaria. La collation critique systématique avec Kaufmann A50, Parme et les éditions savantes reste à effectuer avant tout statut supérieur.

Shabbat 9,1
אָמַר רַבִּי עֲקִיבָא, מִנַּיִן לַעֲבוֹדָה זָרָה שֶׁהִיא מְּטַמְּאָה בְמַשָּׂא כַּנִּדָּה, שֶׁנֶּאֱמַר (ישעיה ל) תִּזְרֵם כְּמוֹ דָוָה, צֵא תֹּאמַר לוֹ, מַה נִּדָּה מְטַמְּאָה בְמַשָּׂא, אַף עֲבוֹדָה זָרָה מְטַמְּאָה בְמַשָּׂא:

Rabbi Aqiva dit : d’où savons-nous qu’une idole rend impur lorsqu’on la porte, comme une femme en état de nidda ? Parce qu’il est dit : « Tu les disperseras comme une chose menstruelle ; “Sors !” lui diras-tu. » De même qu’une femme en état de nidda communique l’impureté par portage, ainsi une idole communique l’impureté par portage.

Shabbat 9,2
מִנַּיִן לִסְפִינָה שֶׁהִיא טְהוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר (משלי ל) דֶּרֶךְ אֳנִיָּה בְלֶב יָם. מִנַּיִן לַעֲרוּגָה שֶׁהִיא שִׁשָּׁה עַל שִׁשָּׁה טְפָחִים שֶׁזּוֹרְעִין בְּתוֹכָהּ חֲמִשָּׁה זֵרְעוֹנִין, אַרְבָּעָה בְאַרְבַּע רוּחוֹת הָעֲרוּגָה וְאֶחָד בָּאֶמְצַע, שֶׁנֶּאֱמַר (ישעיה סא) כִּי כָאָרֶץ תּוֹצִיא צִמְחָהּ וּכְגַנָּה זֵרוּעֶיהָ תַצְמִיחַ, זַרְעָהּ לֹא נֶאֱמַר, אֶלָּא זֵרוּעֶיהָ:

D’où savons-nous qu’un bateau ne contracte pas l’impureté ? Parce qu’il est dit : « la voie d’un navire au cœur de la mer. » D’où savons-nous que, dans une plate-bande de six sur six palmes, on peut semer cinq espèces de semences — quatre aux quatre côtés de la plate-bande et une au milieu ? Parce qu’il est dit : « Comme la terre fait sortir sa végétation et comme un jardin fait germer ses semences » : il n’est pas dit « sa semence », mais « ses semences ».

Shabbat 9,3
מִנַּיִן לְפוֹלֶטֶת שִׁכְבַת זֶרַע בַּיּוֹם הַשְּׁלִישִׁי שֶׁהִיא טְמֵאָה, שֶׁנֶּאֱמַר (שמות יט) הֱיוּ נְכוֹנִים לִשְׁלשֶׁת יָמִים. מִנַּיִן שֶׁמַּרְחִיצִין אֶת הַמִּילָה בַיּוֹם הַשְּׁלִישִׁי שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת, שֶׁנֶּאֱמַר (בראשית לד) וַיְהִי בַיּוֹם הַשְּׁלִישִׁי בִּהְיוֹתָם כֹּאֲבִים. מִנַּיִן שֶׁקּוֹשְׁרִין לָשׁוֹן שֶׁל זְהוֹרִית בְּרֹאשׁ שָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ, שֶׁנֶּאֱמַר (ישעיה א) אִם יִהְיוּ חֲטָאֵיכֶם כַּשָּׁנִים כַּשֶּׁלֶג יַלְבִּינוּ:

D’où savons-nous qu’une femme qui rejette de la semence le troisième jour devient impure ? Parce qu’il est dit : « Soyez prêts pour le troisième jour. » D’où savons-nous qu’on peut laver la plaie de la circoncision le troisième jour lorsqu’il tombe un shabbat ? Parce qu’il est dit : « Le troisième jour, alors qu’ils étaient souffrants. » D’où savons-nous qu’on attachait une bande écarlate à la tête du bouc envoyé ? Parce qu’il est dit : « Même si vos péchés sont comme l’écarlate, ils deviendront blancs comme neige. »

Note philologique. La mishnah met en série plusieurs raisonnements scripturaires sans prétendre qu’ils relèvent tous du même type d’exégèse. Le lien avec la circoncision au troisième jour repose sur Gn 34,25 dans la logique du texte rabbinique.
Shabbat 9,4
מִנַּיִן לְסִיכָה שֶׁהִיא כַשְּׁתִיָּה בְיוֹם הַכִּפּוּרִים, אַף עַל פִּי שֶׁאֵין רְאָיָה לַדָּבָר, זֵכֶר לַדָּבָר, שֶׁנֶּאֱמַר (תהלים קט) וַתָּבֹא כַמַּיִם בְּקִרְבּוֹ וְכַשֶּׁמֶן בְּעַצְמוֹתָיו:

D’où savons-nous que, le jour des Expiations, s’oindre est assimilé à boire ? Bien que ce verset ne constitue pas une preuve, il en donne un souvenir : « Elle entra comme de l’eau en son sein et comme de l’huile dans ses os. »

Shabbat 9,5
הַמּוֹצִיא עֵצִים, כְּדֵי לְבַשֵּׁל בֵּיצָה קַלָּה. תְּבָלִין, כְּדֵי לְתַבֵּל בֵּיצָה קַלָּה, וּמִצְטָרְפִין זֶה עִם זֶה. קְלִפֵּי אֱגוֹזִים, קְלִפֵּי רִמּוֹנִים, אִסְטִיס וּפוּאָה, כְּדֵי לִצְבֹּעַ בָּהֶן בֶּגֶד קָטָן בַּסְּבָכָה. מֵי רַגְלַיִם, נֶתֶר וּבֹרִית, קִמּוֹנְיָא וְאַשְׁלָג, כְּדֵי לְכַבֵּס בָּהֶן בֶּגֶד קָטָן בַּסְּבָכָה. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר, כְּדֵי לְהַעֲבִיר עַל הַכָּתֶם:

Pour du bois, la mesure est ce qu’il faut pour cuire un œuf facile à cuire ; pour des épices, ce qu’il faut pour assaisonner un tel œuf, et les différentes épices s’additionnent. Pour des coquilles de noix, des écorces de grenade, du pastel et de la garance, ce qu’il faut pour teindre une petite pièce d’étoffe placée dans un filet. Pour de l’urine, du natron, de la lessive, de la kimmonia et de l’ashlag, ce qu’il faut pour laver cette petite pièce d’étoffe. Rabbi Juda dit : ce qu’il faut pour enlever une tache.

Shabbat 9,6
פִּלְפֶּלֶת, כָּל שֶׁהוּא. וְעִטְרָן, כָּל שֶׁהוּא. מִינֵי בְשָׂמִים וּמִינֵי מַתָּכוֹת, כָּל שֶׁהֵן. מֵאַבְנֵי הַמִּזְבֵּחַ וּמֵעֲפַר הַמִּזְבֵּחַ, מֶקֶק סְפָרִים וּמֶקֶק מִטְפְּחוֹתֵיהֶם, כָּל שֶׁהוּא, שֶׁמַּצְנִיעִין אוֹתָן לְגָנְזָן. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר, אַף הַמּוֹצִיא מִמְּשַׁמְּשֵׁי עֲבוֹדַת כּוֹכָבִים, כָּל שֶׁהוּא, שֶׁנֶּאֱמַר (דברים יג) וְלֹא יִדְבַּק בְּיָדְךָ מְאוּמָה מִן הַחֵרֶם:

Pour du poivre, quelle qu’en soit la quantité ; pour du goudron, quelle qu’en soit la quantité ; pour des espèces aromatiques et des espèces métalliques, quelle qu’en soit la quantité. De même, pour des pierres de l’autel, de la poussière de l’autel, des fragments rongés de rouleaux sacrés ou de leurs enveloppes, quelle qu’en soit la quantité, car on les conserve pour les déposer dans une geniza. Rabbi Juda dit : de même, celui qui fait sortir un objet ayant servi à l’idolâtrie est responsable quelle qu’en soit la quantité, puisqu’il est dit : « Que rien de ce qui est voué à l’interdit ne s’attache à ta main. »

Shabbat 9,7
הַמּוֹצִיא קֻפַּת הָרוֹכְלִין, אַף עַל פִּי שֶׁיֶּשׁ בָּהּ מִינִין הַרְבֵּה, אֵינוֹ חַיָּב אֶלָּא חַטָּאת אֶחָת. זֵרְעוֹנֵי גִנָּה, פָּחוֹת מִכַּגְּרוֹגֶרֶת. רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתֵירָא אוֹמֵר, חֲמִשָּׁה. זֶרַע קִשּׁוּאִין, שְׁנַיִם. זֶרַע דְּלוּעִין, שְׁנַיִם. זֶרַע פּוֹל הַמִּצְרִי, שְׁנַיִם. חָגָב חַי טָהוֹר, כָּל שֶׁהוּא. מֵת, כַּגְּרוֹגֶרֶת. צִפֹּרֶת כְּרָמִים, בֵּין חַיָּה בֵּין מֵתָה, כָּל שֶׁהוּא, שֶׁמַּצְנִיעִין אוֹתָהּ לִרְפוּאָה. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר, אַף הַמּוֹצִיא חָגָב חַי טָמֵא, כָּל שֶׁהוּא, שֶׁמַּצְנִיעִין אוֹתוֹ לְקָטָן לִשְׂחֹק בּוֹ:

Celui qui fait sortir la boîte d’un colporteur, même si elle contient de nombreuses espèces, n’est tenu qu’à un seul sacrifice pour la faute. Pour des graines potagères, la mesure est inférieure au volume d’une figue sèche ; Rabbi Juda ben Betera dit : cinq graines. Pour des graines de concombre : deux ; de courge : deux ; de haricot égyptien : deux. Pour une sauterelle vivante permise à la consommation, quelle qu’en soit la taille ; morte, à partir du volume d’une figue sèche. Pour un tsiporet keramim, vivant ou mort, quelle qu’en soit la taille, car on le conserve comme remède. Rabbi Juda dit : même une sauterelle vivante interdite à la consommation, quelle qu’en soit la taille, car on la conserve pour qu’un enfant joue avec elle.

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