Avec quoi allume-t-on, et avec quoi n’allume-t-on pas ? On n’allume ni avec le lekhesh, ni avec le hosen, ni avec le kalakh, ni avec une mèche d’idan, ni avec une mèche du désert, ni avec la végétation qui flotte à la surface de l’eau. On n’allume ni avec du goudron, ni avec de la cire, ni avec de l’huile de ricin, ni avec de l’huile destinée à être brûlée, ni avec de la graisse de queue, ni avec du suif. Nahoum le Mède dit : on peut allumer avec du suif fondu. Les sages disent : qu’il soit fondu ou non, on ne doit pas l’utiliser pour l’éclairage.
Mishnah · Moed · Shabbat
Mishnah Shabbat — chapitre 2
Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
Texte de base : Torat Emet 357, domaine public via Sefaria. La collation critique systématique avec Kaufmann A50, Parme et les éditions savantes reste à effectuer avant tout statut supérieur.
On n’allume pas avec de l’huile destinée à être brûlée un jour de fête. Rabbi Ishmaël dit : on n’allume pas avec du goudron, par respect pour le shabbat. Les sages permettent toutes les huiles : huile de sésame, huile de noix, huile de radis, huile de poisson, huile de coloquinte, goudron et naphte. Rabbi Tarfon dit : on n’allume qu’avec de l’huile d’olive.
Parmi les matières qui proviennent d’un arbre, on n’en emploie aucune comme mèche, sauf le lin. Parmi les matières qui proviennent d’un arbre, aucune ne contracte l’impureté d’une tente funéraire, sauf le lin. Une mèche faite d’un morceau d’étoffe qu’on a plié sans la flamber : Rabbi Eliézer dit qu’elle reste impure et qu’on ne peut pas l’allumer ; Rabbi Aqiva dit qu’elle est pure et qu’on peut l’allumer.
On ne doit pas percer une coquille d’œuf, la remplir d’huile et la placer au-dessus de l’ouverture d’une lampe afin qu’elle y goutte, même si elle est en terre cuite. Rabbi Juda le permet. Mais si le potier l’a fixée dès l’origine à la lampe, c’est permis, car l’ensemble forme un seul récipient. On ne doit pas remplir un bol d’huile, le placer à côté de la lampe et y mettre l’extrémité de la mèche afin qu’elle y aspire l’huile. Rabbi Juda le permet.
Celui qui éteint la lampe parce qu’il craint des non-Juifs, des brigands ou un mauvais esprit, ou afin qu’un malade puisse dormir, est exempt. S’il l’éteint pour épargner la lampe, l’huile ou la mèche, il est responsable. Rabbi Yossé l’exempte dans tous ces cas, sauf lorsqu’il veut épargner la mèche, parce qu’il en fait alors du charbon.
Pour trois transgressions, dit le texte, des femmes meurent au moment de l’accouchement : parce qu’elles ne sont pas attentives aux règles de nidda, au prélèvement de la halla et à l’allumage de la lampe.
Trois choses doivent être dites par une personne dans sa maison, la veille du shabbat à la tombée de la nuit : « Avez-vous prélevé la dîme ? Avez-vous préparé l’érouv ? Allumez la lampe. » Entre chien et loup, lorsqu’on ne sait pas encore si la nuit est tombée, on ne prélève pas la dîme sur un produit certainement non titré, on n’immerge pas les ustensiles et on n’allume pas les lampes ; mais on peut prélever la dîme sur le demaï, préparer l’érouv et envelopper un plat chaud pour conserver sa chaleur.
Passerelles
Pour situer, approfondir ou revenir au texte.