Rabbi Eliézer dit : si l’instrument nécessaire à la circoncision n’a pas été apporté avant le shabbat, on l’apporte le shabbat à découvert ; en temps de danger, on le couvre, en présence de témoins. Rabbi Eliézer dit encore : on peut couper du bois pour fabriquer du charbon et fabriquer ensuite l’instrument de fer. Rabbi Aqiva énonce cette règle : tout travail qu’il était possible d’accomplir avant le shabbat ne repousse pas le shabbat ; ce qu’il était impossible d’accomplir avant le shabbat repousse le shabbat.
Mishnah · Moed · Shabbat
Mishnah Shabbat — chapitre 19
Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
Texte de base : Torat Emet 357, domaine public via Sefaria. La collation critique systématique avec Kaufmann A50, Parme et les éditions savantes reste à effectuer avant tout statut supérieur.
On accomplit tous les besoins de la circoncision le shabbat : on circoncit, on découvre la couronne, on aspire le sang et on applique sur la plaie un pansement et du cumin. Si le cumin n’a pas été moulu avant le shabbat, on le mâche avec les dents puis on l’applique. Si le vin et l’huile n’ont pas été mélangés avant le shabbat, on met chacun séparément. On ne prépare pas pour la première fois le pansement spécial, mais on entoure la plaie d’un chiffon. Si aucun chiffon n’a été préparé avant le shabbat, on l’enroule autour de son doigt et on l’apporte, même depuis une autre cour.
On lave le nourrisson aussi bien avant qu’après la circoncision, et on verse de l’eau sur lui avec la main, mais non avec un récipient. Rabbi Elazar ben Azaria dit : on lave le nourrisson le troisième jour même lorsque ce jour tombe un shabbat, comme il est dit : « Le troisième jour, alors qu’ils étaient souffrants. » Pour un enfant dont le statut est douteux ou pour un androgyne, on ne transgresse pas le shabbat ; Rabbi Juda le permet pour un androgyne.
Celui qui avait deux nourrissons, l’un devant être circoncis après le shabbat et l’autre le shabbat, et qui, par oubli, circoncit le shabbat celui qui devait l’être après le shabbat, est responsable. Si l’un devait être circoncis la veille du shabbat et l’autre le shabbat, et qu’il circoncit par oubli le shabbat celui qui devait l’être la veille, Rabbi Eliézer le tient pour passible d’un sacrifice pour la faute, tandis que Rabbi Josué l’exempte.
Un enfant peut être circoncis au huitième, au neuvième, au dixième, au onzième ou au douzième jour, ni plus tôt ni plus tard. Comment ? Normalement, au huitième. S’il est né entre chien et loup, au neuvième. S’il est né entre chien et loup à l’entrée du shabbat, au dixième. Si un jour de fête suit le shabbat, au onzième. Si les deux jours de Rosh ha-Shana interviennent, au douzième. Un enfant malade n’est pas circoncis avant d’être rétabli.
Quels lambeaux de prépuce empêchent de considérer la circoncision comme achevée ? La chair qui couvre la majeure partie de la couronne. Tant qu’elle subsiste, il ne mange pas de terouma. Si l’enfant est très charnu, on corrige l’apparence afin qu’il paraisse circoncis. Celui qui a circoncis sans découvrir la couronne est considéré comme n’ayant pas circoncis.
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