On sauve de l’incendie tous les Écrits saints, qu’on les lise publiquement ou qu’on ne les lise pas. Même lorsqu’ils sont écrits dans une autre langue, ils doivent être déposés dans une geniza. Pourquoi certains ne sont-ils pas lus le shabbat ? Afin que leur lecture ne détourne pas de la maison d’étude. On sauve l’étui du rouleau avec le rouleau et l’étui des tefillin avec les tefillin, même s’ils contiennent aussi de l’argent. Où les sauve-t-on ? Dans une ruelle qui n’est pas ouverte de part en part. Ben Betera dit : même dans une ruelle ouverte.
Mishnah · Moed · Shabbat
Mishnah Shabbat — chapitre 16
Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
Texte de base : Torat Emet 357, domaine public via Sefaria. La collation critique systématique avec Kaufmann A50, Parme et les éditions savantes reste à effectuer avant tout statut supérieur.
On peut sauver la nourriture de trois repas, ce qui convient à l’être humain pour l’être humain et ce qui convient à l’animal pour l’animal. Comment ? Si l’incendie éclate le soir du shabbat, on sauve la nourriture de trois repas ; le matin, celle de deux repas ; à Minha, celle d’un repas. Rabbi Yossé dit : on peut toujours sauver la nourriture de trois repas.
On peut sauver un panier rempli de pains, même s’il contient de quoi faire cent repas, un bloc de figues sèches et un tonneau de vin. On dit aux autres : « Venez et sauvez pour vous-mêmes. » S’ils sont avisés, ils font les comptes avec le propriétaire après le shabbat. Où sauve-t-on ces choses ? Dans une cour réunie par un érouv. Ben Betera dit : même dans une cour qui n’a pas d’érouv.
On peut emporter au même endroit tous les ustensiles dont on se sert, revêtir tous les vêtements qu’on peut porter et s’envelopper de tout ce dont on peut s’envelopper. Rabbi Yossé dit : dix-huit vêtements. On peut ensuite revenir, se revêtir de nouveau et sortir encore, en disant aux autres : « Venez et sauvez avec moi. »
Rabbi Shimon ben Nannas dit : on peut étendre une peau de chevreau sur une armoire, un coffre ou une grande caisse qui ont commencé à prendre feu, parce que la peau se roussit sans s’enflammer facilement. On peut dresser une barrière avec toutes sortes de récipients, pleins ou vides, pour empêcher l’incendie de se propager. Rabbi Yossé interdit d’employer des récipients neufs en terre cuite remplis d’eau, parce qu’ils ne résistent pas au feu, éclatent et éteignent ainsi l’incendie.
Si un non-Juif vient éteindre l’incendie, on ne lui dit ni « Éteins » ni « N’éteins pas », car son repos sabbatique ne dépend pas d’Israël. Mais si un enfant vient éteindre, on ne le laisse pas faire, car son repos sabbatique relève de la responsabilité des siens.
On peut renverser un bol au-dessus d’une lampe afin que la flamme ne gagne pas une poutre, au-dessus des excréments d’un enfant, ou sur un scorpion afin qu’il ne pique pas. Rabbi Juda dit : un cas semblable fut présenté à Rabban Yohanan ben Zakkaï à Arav, et il dit : « Je crains qu’il n’y ait là matière à sacrifice pour la faute. »
Si un non-Juif allume une lampe pour lui-même, un Israélite peut profiter de sa lumière ; s’il l’a allumée pour un Israélite, c’est interdit. S’il puise de l’eau pour abreuver son animal, un Israélite peut ensuite abreuver le sien ; s’il l’a puisée pour un Israélite, c’est interdit. Si un non-Juif construit une passerelle pour descendre d’un bateau, un Israélite peut descendre après lui ; s’il l’a construite pour un Israélite, c’est interdit. Il arriva que Rabban Gamliel et les anciens arrivaient en bateau : un non-Juif construisit une passerelle pour descendre, et Rabban Gamliel et les anciens l’empruntèrent.
Passerelles
Pour situer, approfondir ou revenir au texte.