Le « fils rebelle et indocile » ne relève de cette catégorie que pendant une période très limitée de l’adolescence : à partir de l’apparition de deux poils jusqu’à l’achèvement du développement pubertaire visé par le texte. La Torah dit « fils », non fille, et « fils », non homme adulte. Un mineur est exempt parce qu’il n’est pas encore soumis à l’ensemble des commandements.
Mishnah · Nezikin · Sanhedrin
Mishnah Sanhedrin — chapitre 8
Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
Provenance : texte hébreu de la Mishnah via Wikisource hébraïque, copie figée le 18 septembre 2026. La page source et ses conditions de réutilisation restent la référence de provenance. Aucune traduction moderne n’a servi de pivot.
À partir de quand devient-il passible de cette qualification ? Lorsqu’il consomme la quantité déterminée de viande et boit la quantité déterminée de vin italien. Rabbi Yossi fixe des quantités plus élevées. S’il mange dans un repas lié à un commandement, à l’intercalation du mois, de la seconde dîme à Jérusalem, des aliments interdits ou sacrés dans les conditions énumérées, ou s’il mange beaucoup sans manger de viande, ou boit beaucoup sans boire de vin, il ne devient pas « fils rebelle et indocile ». Le texte fonde la catégorie sur « glouton et ivrogne ».
S’il vole à son père et mange dans le domaine de son père, ou vole à d’autres et mange chez eux, ou vole à d’autres et mange chez son père, il ne relève pas de cette catégorie. Il faut, selon le premier avis, qu’il vole à son père et consomme le produit dans le domaine d’autres personnes. Rabbi Yossi bar Rabbi Yehouda exige qu’il vole à la fois à son père et à sa mère.
Si le père veut engager la procédure et la mère non, ou inversement, le fils ne devient pas « fils rebelle et indocile » : les deux doivent vouloir. Rabbi Yehouda ajoute que certaines conditions doivent exister entre les parents. Si l’un des deux ne peut saisir, marcher, parler, voir ou entendre comme l’exige littéralement le verset, la procédure ne s’applique pas selon cette lecture. Le fils reçoit d’abord un avertissement devant trois juges et est puni de coups. S’il recommence, il est jugé par vingt-trois, avec présence des trois premiers. S’il fuit avant la conclusion du jugement et atteint ensuite la maturité qui met fin à la période juridique, il est exempt ; si le jugement avait déjà été conclu avant sa fuite, le changement ultérieur d’âge ne l’exempte pas selon le texte.
La Mishnah explique que le « fils rebelle et indocile » est jugé « en raison de sa fin », c’est-à-dire sur la trajectoire criminelle que le texte lui attribue. Elle formule plusieurs maximes : la mort des méchants est présentée comme bénéfique pour eux et pour le monde, celle des justes comme un mal ; certaines formes de repos, de dispersion ou de réunion sont également évaluées différemment pour les méchants et les justes. Ces affirmations appartiennent à la rhétorique morale de la Mishnah.
Le cambrioleur qui entre par effraction est également jugé « en raison de sa fin » dans le cadre biblique de l’intrusion nocturne. S’il brise une jarre pendant l’effraction, son obligation civile dépend du statut juridique de l’intrusion : s’il existe une protection de sa vie dans les circonstances données, il est responsable ; si la confrontation le place dans le régime où il peut être tué sans responsabilité selon le texte, l’obligation civile est écartée par la peine plus grave.
On peut sauver certaines victimes même au prix de la vie du poursuivant : celui qui poursuit son prochain pour le tuer, celui qui poursuit un homme pour une relation sexuelle interdite visée par le texte, ou une jeune fille fiancée pour la violer. En revanche, celui qui poursuit un animal pour une relation interdite, profane le shabbat ou sert une idole n’est pas arrêté par mise à mort au titre de cette règle préventive.
Passerelles
Pour situer, approfondir ou revenir au texte.