« Tout Israël a part au monde à venir », dit la Mishnah en citant Isaïe. Elle énumère ensuite ceux qui, selon son cadre doctrinal, n’y ont pas part : celui qui nie que la résurrection des morts soit fondée dans la Torah, celui qui nie l’origine céleste de la Torah, et l’epikoros. Rabbi Aqiva ajoute celui qui lit certains « livres extérieurs » et celui qui prononce sur une blessure une formule magique en citant un verset de guérison. Abba Shaoul ajoute celui qui prononce le Nom divin lettre par lettre.
Mishnah · Nezikin · Sanhedrin
Mishnah Sanhedrin — chapitre 10
Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
Provenance : texte hébreu de la Mishnah via Wikisource hébraïque, copie figée le 18 septembre 2026. La page source et ses conditions de réutilisation restent la référence de provenance. Aucune traduction moderne n’a servi de pivot.
Trois rois et quatre personnes privées sont énumérés comme n’ayant pas part au monde à venir selon le premier avis : les rois Jéroboam, Achab et Manassé ; les particuliers Balaam, Doëg, Ahitophel et Guéhazi. Rabbi Yehouda dit que Manassé a part au monde à venir parce que sa prière fut entendue et qu’il fut rétabli à Jérusalem. Les sages répondent qu’il fut rétabli dans sa royauté, non nécessairement dans la vie du monde à venir.
La génération du Déluge, celle de Babel, les habitants de Sodome, les explorateurs du désert, la génération du désert, l’assemblée de Coré et les dix tribus font l’objet de diverses affirmations sur leur part au monde à venir ou leur comparution au jugement. Rabbi Aqiva et Rabbi Éliézer divergent à plusieurs reprises : Rabbi Aqiva lit certains versets comme exclusion définitive, tandis que Rabbi Éliézer les interprète comme laissant place au retour, au relèvement ou à la restauration. Rabbi Nehemia intervient également sur le statut de Sodome. Ces propos constituent une série de lectures eschatologiques de passages bibliques, non une description historique vérifiable des individus concernés.
Les habitants d’une « ville apostate » n’ont pas part au monde à venir selon le texte. La ville n’entre dans ce régime que si les instigateurs sont des hommes issus de cette ville et de cette tribu, qu’une majorité de la ville est entraînée et que l’incitation correspond aux conditions définies. Si l’incitation vient de femmes ou de mineurs, si seule une minorité est entraînée ou si les instigateurs viennent de l’extérieur, les personnes sont jugées comme individus. Chacun exige deux témoins et un avertissement. Les individus relèvent de la lapidation et leurs biens échappent à la destruction collective ; la majorité d’une ville relevant du régime collectif est mise à mort au glaive et ses biens sont détruits selon cette législation biblique ancienne.
Les caravanes d’ânes ou de chameaux simplement de passage ne sont pas comprises dans la destruction de la ville apostate. Les biens des justes se trouvant à l’intérieur de la ville sont détruits selon le premier avis, tandis que leurs biens situés à l’extérieur sont épargnés. Les biens des personnes condamnées comme appartenant à la ville sont détruits qu’ils se trouvent à l’intérieur ou, selon les conditions du texte, à l’extérieur.
Tous les biens de la ville sont rassemblés sur sa place. Si elle n’a pas de place, on en crée une ; si la place est à l’extérieur, on la rattache à la ville pour cette procédure. Le butin profane est brûlé, mais non les biens du Ciel : les biens consacrés sont rachetés, les teroumot laissées à se décomposer, la seconde dîme et les Écritures saintes mises de côté. Rabbi Shimon interprète l’expression « offrande totale au SEIGNEUR » comme donnant une valeur rituelle au jugement. Rabbi Yossi le Galiléen comprend « elle ne sera plus rebâtie » comme interdisant même jardins et vergers ; Rabbi Aqiva permet ces usages à condition que la ville ne soit pas reconstruite comme auparavant. La Mishnah conclut que tant que les méchants subsistent, la colère demeure, et qu’elle se retire quand ils disparaissent, selon sa rhétorique morale.
Passerelles
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