Mishnah · Nezikin · Sanhedrin

Mishnah Sanhedrin — chapitre 11

Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.

S0 · édition évolutive6 mishnayotHébreu · français

Provenance : texte hébreu de la Mishnah via Wikisource hébraïque, copie figée le 18 septembre 2026. La page source et ses conditions de réutilisation restent la référence de provenance. Aucune traduction moderne n’a servi de pivot.

Sanhedrin 11,1
אלו הן הנחנקין, המכה אביו ואמו (שמות כא, טו), וגונב נפש מישראל (שם, טז/דברים כד, ז), וזקן ממרא על פי בית דין (דברים יז, ח-יג), ונביא השקר (שם יג, ב-ו/יח, כ), והמתנבא בשם עבודה זרה (שם/שם), והבא על אשת איש (ויקרא כ, י/דברים כב, כב), וזוממי בת כהן ובועלה (ויקרא כא, ט). המכה אביו ואמו אינו חייב עד שיעשה בהן חבורה . זה חומר במקלל מבמכה, שהמקלל לאחר מיתה חייב, והמכה לאחר מיתה פטור. הגונב נפש מישראל אינו חייב עד שיכניסנו לרשותו. רבי יהודה אומר, עד שיכניסנו לרשותו וישתמש בו, שנאמר (דברים כד, ז) " והתעמר בו ומכרו " . הגונב את בנו, [ רבי ישמעאל בנו של ] רבי יוחנן בן ברוקה מחייב, וחכמים פוטרין. גנב מי שחציו עבד וחציו בן חורין, רבי יהודה מחייב, וחכמים פוטרין.

Voici ceux que la Mishnah classe sous la strangulation : celui qui frappe son père ou sa mère dans les conditions prévues, celui qui enlève une personne d’Israël, le sage rebelle contre la décision du tribunal, le faux prophète, celui qui prophétise au nom d’une idole, celui qui commet l’adultère avec une femme mariée, ainsi que certains faux témoins dans le cas d’une fille de prêtre et de son partenaire. Celui qui frappe son père ou sa mère n’est passible de cette peine que s’il provoque une blessure. La malédiction des parents est plus sévère en un point : elle peut être punie même après leur mort, contrairement au coup. Le ravisseur n’est condamné que lorsqu’il a fait entrer la victime dans son propre domaine ; Rabbi Yehouda exige également qu’il l’ait utilisée comme serviteur ou en ait tiré profit. Les maîtres divergent sur l’enlèvement de son propre fils et d’une personne mi-esclave mi-libre.

Sanhedrin 11,2
זקן ממרא על פי בית דין, שנאמר (דברים יז, ח) " כי יפלא ממך דבר למשפט וגו' ". שלשה בתי דינין היו שם, אחד יושב על פתח הר הבית, ואחד יושב על פתח העזרה, ואחד יושב בלשכת הגזית. באים לזה שעל פתח הר הבית, ואומר, כך דרשתי וכך דרשו חברי, כך לימדתי וכך לימדו חברי. אם שמעו , אומרים להם. ואם לאו, באין להן לאותן שעל פתח העזרה, ואומר, כך דרשתי וכך דרשו חברי כך לימדתי וכך לימדו חברי. אם שמעו, אומרים להם. ואם לאו, אלו ואלו באים לבית דין הגדול שבלשכת הגזית, שממנו יוצאת תורה לכל ישראל, שנאמר (דברים יז, י) " מן המקום ההוא אשר יבחר ה' ". חזר לעירו ושנה ולימד כדרך שהיה למד, פטור. ואם הורה לעשות, חייב , שנאמר (דברים יז, יב) " והאיש אשר יעשה בזדון ", אינו חייב עד שיורה לעשות. תלמיד שהורה לעשות, פטור, נמצא חומרו קולו.

Le « sage rebelle » est défini par Deutéronome 17. Trois tribunaux siégeaient à Jérusalem : à l’entrée du mont du Temple, à l’entrée de la cour et dans la salle de pierre taillée. Le sage et ses collègues exposaient leur interprétation au premier tribunal ; s’il connaissait la décision, elle leur était donnée. Sinon ils montaient au second, puis, en dernier recours, au grand tribunal de la salle de pierre taillée, d’où sortait l’enseignement pour tout Israël. Si le sage retournait dans sa ville et continuait à enseigner son opinion théorique, il était exempt ; il n’était condamné que s’il donnait une décision pratique à appliquer contre la décision du grand tribunal. Un élève qui donnait une telle décision était exempt selon le texte, et la Mishnah remarque paradoxalement que son statut moins élevé allège sa responsabilité.

Sanhedrin 11,3
חומר בדברי סופרים מדברי תורה, האומר אין תפילין, כדי לעבור על דברי תורה, פטור . חמש טוטפות, להוסיף על דברי סופרים, חייב.

La Mishnah affirme qu’une transgression de certaines décisions des sages peut, dans ce cadre, être traitée plus sévèrement qu’une négation abstraite d’un commandement de la Torah. Elle donne l’exemple : celui qui dit qu’il n’existe pas de tefillin, en s’opposant directement au texte de la Torah, n’entre pas dans la peine du « sage rebelle » ; celui qui ajoute un cinquième compartiment aux tefillin en contredisant la forme transmise par les sages peut y entrer selon les conditions de cette institution.

Sanhedrin 11,4
אין ממיתין אותו לא בבית דין שבעירו ולא בבית דין שביבנה, אלא מעלין אותו לבית דין הגדול שבירושלים, ומשמרין אותו עד הרגל וממיתין אותו ברגל, שנאמר (דברים יז, יג) " וכל העם ישמעו ויראו ולא יזידון עוד ", דברי רבי עקיבא. רבי יהודה אומר, אין מענין את דינו של זה, אלא ממיתין אותו מיד, וכותבין ושולחין שלוחים בכל המקומות, איש פלוני בן איש פלוני נתחייב מיתה בבית דין.

Selon Rabbi Aqiva, le sage rebelle n’est exécuté ni dans le tribunal de sa ville ni à Yavné : on le monte au Grand Tribunal de Jérusalem, on le garde jusqu’à la fête de pèlerinage et on exécute alors la sentence publiquement, afin que « tout le peuple entende, craigne et ne recommence pas ». Rabbi Yehouda dit qu’on ne retarde pas ainsi son jugement : on exécute immédiatement la sentence et on envoie ensuite des messagers annoncer dans tous les lieux qu’Untel a été condamné par le tribunal.

Sanhedrin 11,5
נביא השקר המתנבא על מה שלא שמע ומה שלא נאמר לו, מיתתו בידי אדם. אבל הכובש את נבואתו, והמוותר על דברי הנביא , ונביא שעבר על דברי עצמו, מיתתן בידי שמים, שנאמר (דברים יח, יט) " אנכי אדרוש מעמו ".

Le faux prophète qui annonce comme révélation ce qu’il n’a pas entendu ou ce qui ne lui a pas été dit relève d’une peine infligée par des humains selon le texte. Celui qui retient une prophétie qu’il devait transmettre, celui qui néglige les paroles d’un prophète authentique et le prophète qui transgresse sa propre parole relèvent de la « main du Ciel », sur la base du verset : « Moi, je lui en demanderai compte. »

Sanhedrin 11,6
המתנבא בשם עבודה זרה ואומר כך אמרה עבודה זרה, אפילו כיון את ההלכה לטמא את הטמא ולטהר את הטהור. הבא על אשת איש, כיון שנכנסה לרשות הבעל לנשואין אף על פי שלא נבעלה, הבא עליה הרי זה בחנק. וזוממי בת כהן ובועלה, שכל הזוממין מקדימין לאותה מיתה, חוץ מזוממי בת כהן ובועלה .

Celui qui prophétise au nom d’une idole entre dans la catégorie même si le contenu de sa décision est matériellement correct, par exemple déclarer impur ce qui est impur et pur ce qui est pur. Pour l’adultère avec une femme mariée, la Mishnah considère le mariage suffisamment constitué dès l’entrée dans le domaine conjugal pour les noces, même avant la première relation sexuelle, selon les conditions du droit ancien. Les faux témoins dans le cas d’une fille de prêtre et de son partenaire constituent une exception à la règle générale selon laquelle les témoins zomemim reçoivent la même peine que celle qu’ils cherchaient à faire infliger.

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