Voici ceux que la Mishnah classe sous la strangulation : celui qui frappe son père ou sa mère dans les conditions prévues, celui qui enlève une personne d’Israël, le sage rebelle contre la décision du tribunal, le faux prophète, celui qui prophétise au nom d’une idole, celui qui commet l’adultère avec une femme mariée, ainsi que certains faux témoins dans le cas d’une fille de prêtre et de son partenaire. Celui qui frappe son père ou sa mère n’est passible de cette peine que s’il provoque une blessure. La malédiction des parents est plus sévère en un point : elle peut être punie même après leur mort, contrairement au coup. Le ravisseur n’est condamné que lorsqu’il a fait entrer la victime dans son propre domaine ; Rabbi Yehouda exige également qu’il l’ait utilisée comme serviteur ou en ait tiré profit. Les maîtres divergent sur l’enlèvement de son propre fils et d’une personne mi-esclave mi-libre.
Mishnah · Nezikin · Sanhedrin
Mishnah Sanhedrin — chapitre 11
Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
Provenance : texte hébreu de la Mishnah via Wikisource hébraïque, copie figée le 18 septembre 2026. La page source et ses conditions de réutilisation restent la référence de provenance. Aucune traduction moderne n’a servi de pivot.
Le « sage rebelle » est défini par Deutéronome 17. Trois tribunaux siégeaient à Jérusalem : à l’entrée du mont du Temple, à l’entrée de la cour et dans la salle de pierre taillée. Le sage et ses collègues exposaient leur interprétation au premier tribunal ; s’il connaissait la décision, elle leur était donnée. Sinon ils montaient au second, puis, en dernier recours, au grand tribunal de la salle de pierre taillée, d’où sortait l’enseignement pour tout Israël. Si le sage retournait dans sa ville et continuait à enseigner son opinion théorique, il était exempt ; il n’était condamné que s’il donnait une décision pratique à appliquer contre la décision du grand tribunal. Un élève qui donnait une telle décision était exempt selon le texte, et la Mishnah remarque paradoxalement que son statut moins élevé allège sa responsabilité.
La Mishnah affirme qu’une transgression de certaines décisions des sages peut, dans ce cadre, être traitée plus sévèrement qu’une négation abstraite d’un commandement de la Torah. Elle donne l’exemple : celui qui dit qu’il n’existe pas de tefillin, en s’opposant directement au texte de la Torah, n’entre pas dans la peine du « sage rebelle » ; celui qui ajoute un cinquième compartiment aux tefillin en contredisant la forme transmise par les sages peut y entrer selon les conditions de cette institution.
Selon Rabbi Aqiva, le sage rebelle n’est exécuté ni dans le tribunal de sa ville ni à Yavné : on le monte au Grand Tribunal de Jérusalem, on le garde jusqu’à la fête de pèlerinage et on exécute alors la sentence publiquement, afin que « tout le peuple entende, craigne et ne recommence pas ». Rabbi Yehouda dit qu’on ne retarde pas ainsi son jugement : on exécute immédiatement la sentence et on envoie ensuite des messagers annoncer dans tous les lieux qu’Untel a été condamné par le tribunal.
Le faux prophète qui annonce comme révélation ce qu’il n’a pas entendu ou ce qui ne lui a pas été dit relève d’une peine infligée par des humains selon le texte. Celui qui retient une prophétie qu’il devait transmettre, celui qui néglige les paroles d’un prophète authentique et le prophète qui transgresse sa propre parole relèvent de la « main du Ciel », sur la base du verset : « Moi, je lui en demanderai compte. »
Celui qui prophétise au nom d’une idole entre dans la catégorie même si le contenu de sa décision est matériellement correct, par exemple déclarer impur ce qui est impur et pur ce qui est pur. Pour l’adultère avec une femme mariée, la Mishnah considère le mariage suffisamment constitué dès l’entrée dans le domaine conjugal pour les noces, même avant la première relation sexuelle, selon les conditions du droit ancien. Les faux témoins dans le cas d’une fille de prêtre et de son partenaire constituent une exception à la règle générale selon laquelle les témoins zomemim reçoivent la même peine que celle qu’ils cherchaient à faire infliger.
Passerelles
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