Le sacrifice quotidien de l’après-midi est normalement abattu à huit heures et demie du jour et offert à neuf heures et demie. La veille de Pessah, il est abattu à sept heures et demie et offert à huit heures et demie, que ce soit un jour ordinaire ou un sabbat. Lorsque la veille de Pessah tombe un vendredi, il est abattu à six heures et demie et offert à sept heures et demie ; le sacrifice pascal vient ensuite.
Mishnah · Moed · Pesahim
Mishnah Pesahim — chapitre 5
Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
Texte de base : Torat Emet 357, domaine public via Sefaria. Collation critique et annotation à poursuivre avant tout statut supérieur.
Un sacrifice pascal abattu sans intention de l’offrir comme Pessah est invalide. Il en va de même si la réception du sang, son transport vers l’autel ou son aspersion sont effectués avec une intention étrangère, ou avec une intention mêlant « pour Pessah » et « pour un autre sacrifice ». Par exemple : Pessah et sacrifice de paix, ou sacrifice de paix puis Pessah.
S’il est abattu uniquement pour des personnes incapables d’en manger, pour des personnes non inscrites au groupe, pour des incirconcis ou des personnes impures, il est invalide. S’il est abattu pour un groupe mêlant personnes aptes et inaptes, inscrites et non inscrites, circoncises et incirconcises, pures et impures, il reste valable. S’il est abattu avant midi, il est invalide, puisqu’il est dit : « entre les deux soirs ». S’il est abattu avant le sacrifice quotidien, il est néanmoins valable, à condition que quelqu’un remue son sang pour le conserver jusqu’à l’aspersion du sang du sacrifice quotidien ; même si le sang pascal a déjà été aspergé, le sacrifice est valable.
Celui qui abat le sacrifice pascal alors qu’il possède encore du hamets transgresse un commandement négatif. Rabbi Yehouda étend cette règle au sacrifice quotidien de l’après-midi. Rabbi Shimon distingue : le quatorze Nisan, celui qui abat le Pessah comme Pessah en présence de hamets est soumis à l’interdit ; s’il l’abat sous une autre désignation, il en est exempt. Pour les autres sacrifices ce jour-là, l’interdit spécifique ne s’applique pas de la même manière. Pendant la fête, la situation s’inverse pour un animal désigné comme Pessah : l’abattre encore comme Pessah n’entre pas dans ce cas, tandis que l’abattre sous une autre désignation peut relever de l’interdit ; les autres sacrifices suivent leur régime propre, sauf notamment un sacrifice pour le péché rendu invalide par une intention étrangère.
Le sacrifice pascal est abattu en trois groupes, car il est dit : « toute l’assemblée de la communauté d’Israël » — assemblée, communauté et Israël. Le premier groupe entre ; lorsque la cour du Temple est remplie, on ferme ses portes. On sonne une teqia, une teroua puis une teqia. Les prêtres se tiennent en rangées avec des bassins d’argent et d’or : une rangée entièrement d’argent, une autre entièrement d’or, sans mélange. Les bassins n’ont pas de fond plat, afin qu’on ne puisse les poser et laisser le sang coaguler.
Un Israélite abat l’animal et un prêtre reçoit le sang. Il remet le bassin au prêtre suivant, qui le transmet encore ; chaque prêtre reçoit un bassin plein et rend le bassin vide. Le prêtre le plus proche de l’autel effectue une seule aspersion du sang en direction de la base de l’autel.
Le premier groupe sort et le second entre ; le second sort et le troisième entre. Les deuxième et troisième groupes procèdent comme le premier. On récite le Hallel. Si on le termine avant la fin du service, on le recommence ; si nécessaire, une troisième fois, bien qu’on n’ait jamais eu besoin de le réciter trois fois. Rabbi Yehouda dit que le troisième groupe n’arrivait même jamais au verset « J’aime le Seigneur, car il entend », parce qu’il comptait peu de participants.
Le déroulement est le même un jour ordinaire et le sabbat, sauf que le sabbat les prêtres rincent la cour, pratique que les sages n’approuvaient pas. Rabbi Yehouda dit qu’un prêtre remplissait un bassin du sang mêlé sur le sol et en faisait une aspersion unique sur l’autel, afin que le sang d’un sacrifice qui aurait échappé au service soit néanmoins présenté ; les sages ne lui donnèrent pas leur accord.
Comment suspendait-on et dépouillait-on les animaux ? Des crochets de fer étaient fixés dans les murs et les colonnes ; on y suspendait le sacrifice pour le dépouiller. Celui qui ne trouvait pas de place utilisait de fines perches lisses : il en posait une extrémité sur son épaule, l’autre sur l’épaule d’un compagnon, puis suspendait l’animal. Rabbi Eliezer dit que lorsque le quatorze tombe un sabbat, on peut simplement poser une main sur l’épaule de son compagnon et celui-ci la sienne sur l’autre épaule, et suspendre l’animal entre eux sans utiliser les perches.
On ouvre ensuite l’animal, on retire les parties destinées à l’autel, on les place dans un plateau puis on les brûle sur l’autel. Le premier groupe sort et s’installe sur le mont du Temple ; le deuxième dans le Hel ; le troisième reste dans la cour. À la tombée de la nuit, ils sortent tous et font rôtir leurs sacrifices pascals.
Passerelles
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