Voici des préparations contenant du grain fermenté qui doivent être éliminées à Pessah : le koutah babylonien, la bière mède, le vinaigre édomite, le zitom égyptien, certaines pâtes d’artisans teinturiers, l’amidon des cuisiniers et la colle des scribes. Rabbi Eliezer ajoute certaines préparations cosmétiques féminines. Règle générale : tout produit de ce genre contenant une espèce de céréale fermentescible relève de l’interdit. Leur consommation transgresse l’interdit, mais n’entraîne pas nécessairement la peine de retranchement applicable au hamets consommé sous sa forme propre.
Mishnah · Moed · Pesahim
Mishnah Pesahim — chapitre 3
Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
Texte de base : Torat Emet 357, domaine public via Sefaria. Collation critique et annotation à poursuivre avant tout statut supérieur.
De la pâte demeurée dans les fissures d’un pétrin : s’il y a en un endroit le volume d’une olive, il faut l’éliminer ; sinon, la petite quantité est considérée comme annulée dans le récipient. Pour les règles d’impureté, si le propriétaire tient à la retirer, elle constitue une séparation ; s’il veut qu’elle demeure pour réparer ou renforcer le pétrin, elle est considérée comme partie du récipient. Une pâte dite « silencieuse », dont on ne peut constater visuellement la fermentation, est interdite si une pâte comparable préparée au même moment a déjà fermenté.
Comment prélever une hallah devenue impure lorsqu’un jour de fête coïncide avec la veille de Pessah ? Rabbi Eliezer dit : qu’on ne lui donne le nom de hallah qu’une fois la pâte cuite. Rabbi Yehouda ben Betera dit : on place la portion dans de l’eau froide pour retarder la fermentation. Rabbi Josué dit : cette hallah n’est pas un hamets dont le propriétaire serait personnellement tenu par « qu’il ne soit ni vu ni trouvé » ; on peut donc la séparer et la laisser jusqu’au soir, et si elle fermente, elle fermente.
Rabban Gamliel dit : trois femmes peuvent pétrir en même temps puis cuire successivement dans un seul four. Les sages disent : trois femmes travaillent en chaîne sur la pâte, l’une pétrissant, la seconde façonnant et la troisième cuisant. Rabbi Aqiva dit : toutes les femmes, tous les bois et tous les fours n’agissent pas à la même vitesse. Règle générale : dès que la pâte commence à gonfler, on la travaille immédiatement avec du froid pour arrêter le processus.
Une pâte au premier stade de fermentation, appelée seor, doit être brûlée, mais celui qui en mange n’est pas encore passible de retranchement selon Rabbi Yehouda. Une pâte pleinement fissurée doit être brûlée et sa consommation entraîne le retranchement. Qu’appelle-t-il seor ? Une pâte où apparaissent des fissures semblables à des cornes de sauterelle. Est pleinement fissurée celle dont les fentes se croisent. Les sages disent que dans les deux cas la consommation entraîne le retranchement ; pour eux, le seor commence lorsque la surface de la pâte pâlit et se transforme comme le visage d’une personne dont les cheveux se hérissent.
Lorsque le quatorze Nisan tombe un sabbat, Rabbi Meïr dit qu’on élimine tout le hamets avant le sabbat. Les sages disent qu’on l’élimine à son moment normal. Rabbi Elazar bar Tsadoq dit : la terouma doit être éliminée avant le sabbat, tandis que les produits profanes le sont à leur moment normal.
Celui qui se rend pour sacrifier son Pessah, circoncire son fils ou prendre part au repas de ses fiançailles chez son beau-père, puis se souvient qu’il a du hamets chez lui : s’il peut revenir l’éliminer puis accomplir encore la mitsva, il retourne l’éliminer ; sinon, il l’annule mentalement. S’il se rend pour sauver des personnes d’un danger venant de non-Juifs, d’une rivière, de brigands, d’un incendie ou d’un effondrement, il l’annule mentalement sans revenir. S’il se rend seulement pour une activité facultative, il doit revenir immédiatement.
De même, celui qui a quitté Jérusalem puis se souvient qu’il transporte de la viande consacrée : s’il a dépassé Tsofim, il la brûle sur place ; sinon, il retourne et la brûle devant l’enceinte avec du bois destiné à l’autel. À partir de quelle quantité doit-on revenir ? Rabbi Meïr dit : pour la viande consacrée comme pour le hamets, à partir du volume d’un œuf. Rabbi Yehouda dit : pour les deux, à partir du volume d’une olive. Les sages disent : viande consacrée, volume d’une olive ; hamets, volume d’un œuf.
Passerelles
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