La seconde dîme est destinée à être mangée, bue et utilisée pour l’onction : on mange ce qui se mange normalement et on utilise pour l’onction ce qui s’y prête normalement. On ne s’enduit ni de vin ni de vinaigre, mais on peut s’enduire d’huile. On ne parfume pas l’huile de seconde dîme et on n’achète pas avec son argent une huile déjà parfumée ; on peut toutefois aromatiser le vin. Si du miel ou des épices y sont ajoutés et augmentent sa valeur, l’accroissement est réparti proportionnellement. Des poissons cuits avec des poireaux de seconde dîme : l’accroissement de valeur est réparti proportionnellement. Une pâte de seconde dîme cuite et améliorée : toute l’amélioration revient au statut de la seconde dîme. Règle générale : lorsqu’on peut distinguer matériellement ce qui a produit l’amélioration, on partage selon les proportions ; lorsqu’on ne le peut pas, l’amélioration entière suit la seconde dîme.
Mishnah · Zeraïm · Maaser Sheni
Mishnah Maaser Sheni — chapitre 2
Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
Texte de base : Torat Emet 357, domaine public via Sefaria. Collation critique et annotation à poursuivre avant tout statut supérieur.
Rabbi Shimon dit qu’on ne doit pas s’enduire avec de l’huile de seconde dîme à Jérusalem ; les sages le permettent. Ils lui dirent : si l’on est indulgent pour la terouma, pourtant plus stricte, ne le serait-on pas pour la seconde dîme, plus légère ? Il répondit : la terouma comporte aussi des règles plus souples pour les vesces et le fenugrec, alors que la seconde dîme ne bénéficie pas de ces mêmes assouplissements.
Le fenugrec de seconde dîme est consommé à l’état de jeunes pousses. Pour celui de terouma, la maison de Shammaï dit que toutes les opérations doivent être faites en pureté, sauf le frottage ; la maison de Hillel dit que toutes peuvent être faites en impureté, sauf le trempage.
Les vesces de seconde dîme se mangent comme jeunes pousses ; elles peuvent entrer à Jérusalem puis en ressortir. Si elles deviennent impures, Rabbi Tarfon dit qu’on les divise en petites pâtes ; les sages disent qu’on les rachète. Pour des vesces de terouma, la maison de Shammaï autorise trempage et frottage en pureté, puis l’alimentation des animaux en état d’impureté ; la maison de Hillel exige le trempage en pureté mais permet frottage et alimentation en impureté. Shammaï dit qu’elles seront mangées sèches. Rabbi Aqiva permet toutes les opérations en impureté.
Des pièces profanes et des pièces de seconde dîme se sont dispersées ensemble : ce que l’on ramasse d’abord est considéré comme argent de seconde dîme jusqu’à reconstituer la somme correspondante ; le reste est profane. Si l’on mélange volontairement les pièces puis en prend une poignée, on les répartit selon la proportion. Règle générale : ce qui peut être recueilli individuellement est affecté d’abord à la seconde dîme ; ce qui est véritablement mélangé se répartit selon le calcul.
Un sela de seconde dîme et un sela profane se sont confondus. On apporte pour un sela de petite monnaie et on dit : « Le sela de seconde dîme, où qu’il soit, est racheté sur cette monnaie. » On choisit ensuite le meilleur des deux sela et l’on rachète de nouveau la monnaie sur lui. Car ils ont dit qu’en cas de nécessité on peut convertir de l’argent en cuivre, mais qu’on ne laisse pas durablement le rachat sous cette forme : on le reconvertit en argent.
La maison de Shammaï dit qu’on ne transforme pas ses sela d’argent de seconde dîme en dinars d’or ; la maison de Hillel le permet. Rabbi Aqiva dit : « J’ai moi-même converti en dinars d’or l’argent de Rabban Gamliel et de Rabbi Josué. »
Celui qui change un sela provenant de l’argent de la seconde dîme en petite monnaie : la maison de Shammaï dit qu’il doit changer tout le sela en pièces ; la maison de Hillel dit : la moitié en argent et la moitié en petite monnaie. Rabbi Meïr dit qu’on ne rachète pas ensemble de l’argent et des fruits sur une même somme d’argent ; les sages le permettent.
Celui qui change à Jérusalem un sela de seconde dîme : la maison de Shammaï exige tout le sela en petites pièces ; la maison de Hillel, un shekel d’argent et un shekel en petites pièces. Ceux qui discutaient devant les sages proposaient trois dinars d’argent et un dinar en pièces. Rabbi Aqiva dit : trois dinars d’argent et seulement un quart de dinar en pièces. Rabbi Tarfon dit : quatre asper d’argent. Shammaï dit : qu’il laisse le sela chez le marchand et consomme progressivement contre sa valeur.
Celui dont certains enfants sont rituellement impurs et d’autres purs peut poser un sela et déclarer : « Ce que boiront les enfants purs est racheté sur ce sela. » Ainsi purs et impurs peuvent boire d’une même jarre, seuls les actes de consommation des purs recevant le statut correspondant.
Passerelles
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