Pour les indemnisations de dommages, on recouvre sur les meilleurs terrains du débiteur ; pour une dette ordinaire, sur des terrains de qualité moyenne ; pour une ketouba, sur les terrains les moins bons selon l’opinion anonyme. Rabbi Meïr traite aussi la ketouba comme dette recouvrable sur terrain moyen.
Mishnah · Nashim · Gittin
Mishnah Gittin — chapitre 5
Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
Provenance : Torat Emet 357 via l’API Sefaria, texte hébreu indiqué « Public Domain ». Traduction française originale établie directement sur l’hébreu ; aucune traduction moderne n’a servi de pivot.
On ne poursuit pas des biens déjà vendus lorsqu’il reste au débiteur des biens libres, même de qualité inférieure. Sur les biens des orphelins, on ne recouvre normalement que sur les biens de moindre qualité.
On ne poursuit pas les acquéreurs de biens vendus pour des obligations portant sur la consommation de fruits, les améliorations apportées au terrain ou l’entretien de l’épouse et des filles, afin de préserver la stabilité des transactions. De même, celui qui restitue une trouvaille n’est pas soumis à certains serments qui risqueraient de décourager les restitutions, « pour la réparation du monde ».
Des orphelins se placent sous la responsabilité d’un chef de maison, ou leur père leur avait nommé un administrateur : celui-ci prélève les dîmes sur leurs produits afin de les gérer correctement. Un administrateur nommé par le père doit, selon une opinion, prêter serment sur sa gestion, tandis qu’un administrateur nommé par le tribunal en est dispensé ; Abba Shaoul inverse, estimant que celui qui accepte une charge publique du tribunal doit justement pouvoir être soumis au contrôle. Celui qui rend le bien d’autrui impur, le mélange à de la terouma ou le voue à un culte interdit par erreur est exempt du paiement punitif ; s’il agit volontairement, il est responsable. Des prêtres qui rendent volontairement un sacrifice piggoul doivent indemniser son propriétaire.
Rabbi Yohanan ben Gudgeda témoigna qu’une femme sourde mariée par son père pouvait sortir par un guet écrit. Il témoigna aussi qu’une petite fille d’Israël mariée à un prêtre pouvait manger la terouma dans les conditions juridiques du mariage ancien et que son mari héritait d’elle. Un poutre volée puis incorporée dans un grand bâtiment n’est pas arrachée du bâtiment : le voleur restitue sa valeur, afin d’encourager le repentir plutôt que de rendre la restitution matériellement impossible. De même, un sacrifice pour le péché qui s’avère volé mais dont le vol n’était pas publiquement connu peut être tenu pour expiatoire afin de préserver la stabilité du service de l’autel.
La Mishnah traite du « sicarique », contexte de confiscations et violences foncières en Judée. Pendant certaines phases de guerre, les acquisitions sous contrainte ne recevaient pas de reconnaissance normale. Après cette période, on institua des règles : acheter au détenteur violent puis seulement au propriétaire initial n’était pas suffisant ; acheter d’abord au propriétaire puis régulariser auprès du détenteur pouvait être reconnu. Un tribunal ultérieur fixa qu’un acquéreur auprès du sicarique verse au propriétaire initial un quart de la valeur lorsque celui-ci ne peut racheter lui-même. Rabbi Yehouda HaNassi réunit ensuite un tribunal qui permit, après douze mois d’occupation sans rachat, que le premier acquéreur puisse acheter tout en versant ce quart au propriétaire.
Une personne sourde selon la catégorie juridique ancienne peut communiquer un acte d’acquisition de biens meubles par gestes et recevoir par gestes. Ben Betera admet même certaines formes plus simples de communication corporelle pour les biens meubles. Les jeunes enfants ayant déjà une compréhension pratique du commerce peuvent effectuer des achats et ventes de biens meubles selon leur degré de discernement.
Plusieurs règles sont établies « pour les voies de paix » : le prêtre lit le premier dans la Torah, puis le lévite, puis l’Israélite ; certains usages communautaires établis pour l’erouv sont maintenus afin d’éviter les querelles ; un puits proche du canal est rempli en premier selon l’ordre reconnu ; prendre des animaux déjà capturés dans le filet d’autrui est traité comme vol au moins par institution de paix — Rabbi Yossi le considère comme vol complet ; de même les objets trouvés par un sourd, une personne mentalement incapable ou un mineur, et les olives déjà abattues par un pauvre depuis l’arbre. On ne chasse pas non plus les pauvres non juifs des glanages, oublis et coins de champ, pour préserver la paix.
Une femme peut prêter à sa voisine soupçonnée de transgresser les règles de la septième année tamis, crible, meule ou four, mais ne l’aide pas directement à trier ou moudre les produits interdits. Une femme scrupuleuse en matière de pureté peut prêter certains ustensiles à une femme am haaretz et même participer à plusieurs étapes tant que le produit n’a pas atteint le stade où elle contribuerait directement à une transgression certaine. Toutes ces facilités sont « pour les voies de paix ». On peut aussi encourager poliment des non-Juifs dans leur travail pendant la septième année sans aider un Israélite à transgresser, et leur adresser des salutations de paix.
Passerelles
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