Celui qui apporte un guet de l’étranger et dit seulement « il a été écrit devant moi » mais pas « signé devant moi », ou seulement l’inverse, ou n’atteste qu’une partie de l’écriture ou des signatures, ne satisfait pas la formule requise. Si un témoin atteste l’écriture et un autre la signature, l’acte est invalide selon l’opinion anonyme. Deux attestent l’écriture et un la signature : invalide, Rabbi Yehouda valide. Un atteste l’écriture et deux attestent les signatures : valide.
Mishnah · Nashim · Gittin
Mishnah Gittin — chapitre 2
Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
Provenance : Torat Emet 357 via l’API Sefaria, texte hébreu indiqué « Public Domain ». Traduction française originale établie directement sur l’hébreu ; aucune traduction moderne n’a servi de pivot.
Un guet écrit et signé le même jour est valide. Écrit et signé la même nuit, valide. Écrit la nuit et signé le jour suivant, valide. Écrit le jour et signé seulement la nuit suivante est invalide selon l’opinion anonyme parce que la date de l’acte précède sa finalisation. Rabbi Shimon le valide pour les actes de divorce, tout en reconnaissant l’invalidité de cette chronologie pour la plupart des autres actes.
On peut écrire un guet avec de l’encre, des pigments durables ou toute substance qui demeure. On ne l’écrit pas avec des liquides ou jus qui disparaissent. On peut écrire sur divers supports, même une feuille d’olivier ou la corne d’une vache à condition de remettre la vache elle-même, ou la main d’un esclave à condition de remettre l’esclave. Rabbi Yossi le Galiléen interdit les supports vivants et les aliments.
On n’écrit pas le guet sur ce qui est encore attaché au sol. Si le texte est écrit sur un support attaché, puis le support détaché, signé et remis, l’opinion anonyme le valide. Rabbi Yehouda exige que l’écriture comme la signature aient lieu après détachement. Rabbi Yehouda ben Betera interdit aussi certains papiers effacés ou supports pouvant facilement être falsifiés ; les sages les valident sous les conditions ordinaires.
De nombreuses personnes peuvent écrire matériellement un guet, même certaines personnes qui ne peuvent pas ensuite servir comme agents de remise, parce que la validité dépend finalement de l’ordre du mari et des signatures. La femme peut même écrire matériellement son propre guet et l’homme son reçu, puisque la force du document vient de son authentification. Pour apporter le guet comme agent, en revanche, la Mishnah exclut le sourd-muet selon la catégorie juridique ancienne, la personne mentalement incapable, le mineur, l’aveugle et le non-Juif.
Si quelqu’un reçoit la mission alors qu’il est mineur puis devient majeur, sourd puis recouvre l’audition, aveugle puis recouvre la vue, mentalement incapable puis retrouve sa capacité, ou non-Juif puis se convertit, la mission initiale reste invalide parce qu’elle a commencé dans une incapacité juridique. Mais si une personne capable devient temporairement sourde, aveugle ou mentalement incapable puis retrouve sa capacité avant l’achèvement, elle peut accomplir la mission. Principe : début et fin de la mission doivent être accomplis en état de capacité juridique.
Même certaines femmes qui ne sont pas crues pour annoncer seules le décès du mari — belle-mère, fille de belle-mère, coépouse, belle-sœur ou fille du mari — peuvent apporter le guet, car l’acte écrit lui-même constitue une preuve indépendante. La femme peut même apporter son propre guet depuis l’étranger, à condition de pouvoir dire : « Il a été écrit devant moi et signé devant moi. »
Passerelles
Pour situer, approfondir ou revenir au texte.