Mishnah · Moed · Eruvin

Mishnah Eruvin — chapitre 8

Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.

S0 · édition évolutive11 mishnayotHébreu · français

Texte de base : Torat Emet 357, domaine public via Sefaria. Collation critique et annotation à poursuivre avant tout statut supérieur.

Eruvin 8,1
כֵּיצַד מִשְׁתַּתְּפִין בַּתְּחוּמִין. מֵנִיחַ אֶת הֶחָבִית וְאוֹמֵר, הֲרֵי זֶה לְכָל בְּנֵי עִירִי, לְכָל מִי שֶׁיֵּלֵךְ לְבֵית הָאֵבֶל אוֹ לְבֵית הַמִּשְׁתֶּה. וְכֹל שֶׁקִּבֵּל עָלָיו מִבְּעוֹד יוֹם, מֻתָּר. מִשֶּׁתֶּחְשַׁךְ, אָסוּר, שֶׁאֵין מְעָרְבִין מִשֶּׁתֶּחְשָׁךְ:

Comment associe-t-on des personnes pour un erouv de limites ? On dépose un récipient de nourriture et on dit : « Ceci est pour tous les habitants de ma ville, pour quiconque voudra aller à une maison de deuil ou à une maison de fête. » Quiconque a accepté ce dispositif avant la nuit peut l’utiliser ; après la tombée de la nuit, il est trop tard, car on ne constitue pas un erouv après l’entrée du sabbat.

Eruvin 8,2
כַּמָּה הוּא שִׁעוּרוֹ, מְזוֹן שְׁתֵּי סְעוּדוֹת לְכָל אֶחָד. מְזוֹנוֹ לְחֹל וְלֹא לְשַׁבָּת, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר, לְשַׁבָּת וְלֹא לְחֹל. וְזֶה וָזֶה מִתְכַּוְּנִין לְהָקֵל. רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן בְּרוֹקָה אוֹמֵר, מִכִּכָּר בְּפֻנְדְּיוֹן, מֵאַרְבַּע סְאִין בְּסֶלַע. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר, שְׁתֵּי יָדוֹת לְכִכָּר מִשָּׁלֹשׁ לְקָב. חֶצְיָהּ לְבַיִת הַמְנֻגָּע, וַחֲצִי חֶצְיָהּ לִפְסֹל אֶת הַגְּוִיָּה:

Quelle quantité faut-il ? De quoi faire deux repas pour chaque personne. Rabbi Meïr évalue selon un repas ordinaire de semaine et non de sabbat ; Rabbi Yehouda selon le sabbat et non la semaine. Tous deux cherchent l’estimation la plus légère. Rabbi Yohanan ben Beroqa fixe la mesure à un pain d’un pundion lorsque quatre seah de farine valent un sela. Rabbi Shimon fixe deux tiers d’un pain fait avec un tiers de qav. La moitié de cette quantité sert de mesure pour celui qui entre dans une maison atteinte de tsaraat, et la moitié de cette moitié comme mesure pour rendre le corps rituellement impropre selon la règle concernée.

Eruvin 8,3
אַנְשֵׁי חָצֵר וְאַנְשֵׁי מִרְפֶּסֶת שֶׁשָּׁכְחוּ וְלֹא עֵרְבוּ, כֹּל שֶׁגָּבוֹהַּ עֲשָׂרָה טְפָחִים, לַמִּרְפֶּסֶת. פָּחוֹת מִכָּאן, לֶחָצֵר. חֻלְיַת הַבּוֹר וְהַסֶּלַע, גְּבוֹהִים עֲשָׂרָה טְפָחִים, לַמִּרְפֶּסֶת. פָּחוֹת מִכָּאן, לֶחָצֵר. בַּמֶּה דְבָרִים אֲמוּרִים, בִּסְמוּכָה. אֲבָל בְּמֻפְלֶגֶת, אֲפִלּוּ גָבוֹהַּ עֲשָׂרָה טְפָחִים, לֶחָצֵר. וְאֵיזוֹ הִיא סְמוּכָה, כֹּל שֶׁאֵינָהּ רְחוֹקָה אַרְבָּעָה טְפָחִים:

Les habitants d’une cour et ceux d’une galerie supérieure ont oublié de faire un erouv. Tout objet ou emplacement haut de dix palmes est attribué à la galerie ; en dessous, à la cour. Ainsi, la margelle d’un puits ou un rocher haut de dix palmes appartiennent à l’usage de la galerie, en dessous à la cour. Cela vaut lorsqu’ils sont proches de la galerie ; s’ils en sont éloignés, même hauts de dix palmes, ils relèvent de la cour. Est considéré comme proche ce qui se trouve à moins de quatre palmes.

Eruvin 8,4
הַנּוֹתֵן אֶת עֵרוּבוֹ בְּבֵית שַׁעַר, אַכְסַדְרָה וּמִרְפֶּסֶת, אֵינוֹ עֵרוּב. וְהַדָּר שָׁם, אֵינוֹ אוֹסֵר עָלָיו. בְּבֵית הַתֶּבֶן וּבְבֵית הַבָּקָר וּבְבֵית הָעֵצִים וּבְבֵית הָאוֹצָרוֹת, הֲרֵי זֶה עֵרוּב. וְהַדָּר שָׁם, אוֹסֵר עָלָיו. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר, אִם יֶשׁ שָׁם תְּפִיסַת יָד שֶׁל בַּעַל הַבַּיִת, אֵינוֹ אוֹסֵר עָלָיו:

Celui qui dépose son erouv dans une loge d’entrée, un portique ou une galerie n’a pas constitué d’erouv ; celui qui habite dans un tel espace n’interdit pas l’usage de la cour aux autres. En revanche, un grenier à paille, une étable, un dépôt de bois ou un entrepôt peuvent servir de lieu d’erouv, et celui qui y habite peut interdire l’usage commun s’il n’a pas participé. Rabbi Yehouda dit : si le propriétaire conserve dans ce lieu une emprise réelle par ses biens ou son usage, l’occupant n’interdit pas.

Eruvin 8,5
הַמַּנִּיחַ בֵּיתוֹ וְהָלַךְ לִשְׁבּוֹת בְּעִיר אַחֶרֶת, אֶחָד נָכְרִי וְאֶחָד יִשְׂרָאֵל, הֲרֵי זֶה אוֹסֵר, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר, אֵינוֹ אוֹסֵר. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר, נָכְרִי אוֹסֵר, יִשְׂרָאֵל אֵינוֹ אוֹסֵר, שֶׁאֵין דֶּרֶךְ יִשְׂרָאֵל לָבֹא בְשַׁבָּת. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר, אֲפִלּוּ הִנִּיחַ בֵּיתוֹ וְהָלַךְ לִשְׁבּוֹת אֵצֶל בִּתּוֹ בְאוֹתָהּ הָעִיר, אֵינוֹ אוֹסֵר, שֶׁכְּבָר הִסִּיעַ מִלִּבּוֹ:

Celui qui laisse sa maison et va passer le sabbat dans une autre ville : qu’il soit non-Juif ou Israélite, Rabbi Meïr considère qu’il continue d’interdire l’usage commun. Rabbi Yehouda dit qu’il n’interdit pas. Rabbi Yossi dit qu’un non-Juif interdit mais qu’un Israélite n’interdit pas, puisqu’un Israélite n’a normalement pas l’intention de revenir le sabbat. Rabbi Shimon dit : même s’il passe le sabbat chez sa fille dans la même ville, il n’interdit pas, puisqu’il a détaché son intention de sa maison pour ce sabbat.

Eruvin 8,6
בּוֹר שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵרוֹת, אֵין מְמַלְּאִין מִמֶּנּוּ בְשַׁבָּת, אֶלָּא אִם כֵּן עָשׂוּ לוֹ מְחִצָּה גָבוֹהַּ עֲשָׂרָה טְפָחִים בֵּין מִלְמַעְלָה, בֵּין מִלְּמַטָּה, בֵּין מִתּוֹךְ אֹגְנוֹ. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר, בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים, מִלְּמַטָּה. וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים, מִלְמָעְלָה. אָמַר רַבִּי יְהוּדָה, לֹא תְהֵא מְחִצָּה גְדוֹלָה מִן הַכֹּתֶל שֶׁבֵּינֵיהֶם:

Un puits se trouve entre deux cours. On ne peut y puiser le sabbat à moins d’avoir établi une séparation haute de dix palmes, soit au-dessus, soit au-dessous, soit à l’intérieur de la margelle. Rabban Shimon ben Gamliel rapporte que la maison de Shammaï exige la séparation en bas et la maison de Hillel la permet en haut. Rabbi Yehouda dit : le mur qui sépare déjà les deux cours constitue lui-même une séparation suffisante.

Eruvin 8,7
אַמַּת הַמַּיִם שֶׁהִיא עוֹבֶרֶת בֶּחָצֵר, אֵין מְמַלְּאִין הֵימֶנָּה בְשַׁבָּת, אֶלָּא אִם כֵּן עָשׂוּ לָהּ מְחִצָּה גָבוֹהַּ עֲשָׂרָה טְפָחִים בַּכְּנִיסָה וּבַיְצִיאָה. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר, כֹּתֶל שֶׁעַל גַּבָּהּ תִּדּוֹן מִשּׁוּם מְחִצָּה. אָמַר רַבִּי יְהוּדָה, מַעֲשֶׂה בָאַמָּה שֶׁל אָבֵל שֶׁהָיוּ מְמַלְּאִין מִמֶּנָּה עַל פִּי זְקֵנִים בְּשַׁבָּת. אָמְרוּ לוֹ, מִפְּנֵי שֶׁלֹּא הָיָה בָהּ כַּשִּׁעוּר:

Un canal d’eau traverse une cour. On ne peut y puiser le sabbat à moins d’avoir établi une séparation haute de dix palmes à son entrée et à sa sortie. Rabbi Yehouda dit que le mur passant au-dessus du canal peut être considéré comme la séparation. Il rapporte le cas du canal d’Avel, où les anciens permettaient de puiser le sabbat ; on lui répondit que ce canal n’avait pas les dimensions minimales qui auraient rendu cette séparation nécessaire.

Eruvin 8,8
גְּזֻזְטְרָא שֶׁהִיא לְמַעְלָה מִן הַמַּיִם, אֵין מְמַלְּאִין הֵימֶנָּה בְשַׁבָּת, אֶלָּא אִם כֵּן עָשׂוּ לָהּ מְחִצָּה גָבוֹהַּ עֲשָׂרָה טְפָחִים, בֵּין מִלְמַעְלָה בֵּין מִלְּמַטָּה. וְכֵן שְׁתֵּי גְזֻזְטְרָאוֹת זוֹ לְמַעְלָה מִזּוֹ. עָשׂוּ לָעֶלְיוֹנָה וְלֹא עָשׂוּ לַתַּחְתּוֹנָה, שְׁתֵּיהֶן אֲסוּרוֹת עַד שֶׁיְּעָרֵבוּ:

Un balcon surplombe l’eau. On ne peut y puiser le sabbat à moins d’avoir établi une séparation haute de dix palmes, soit au-dessus soit au-dessous de l’ouverture. Il en va de même pour deux balcons superposés. Si une séparation n’a été faite que pour le balcon supérieur, les habitants des deux balcons restent interdits d’usage jusqu’à ce qu’ils aient fait un erouv commun.

Eruvin 8,9
חָצֵר שֶׁהִיא פְחוּתָה מֵאַרְבַּע אַמּוֹת, אֵין שׁוֹפְכִין בְּתוֹכָהּ מַיִם בְּשַׁבָּת, אֶלָּא אִם כֵּן עָשׂוּ לָהּ עוּקָה מַחֲזֶקֶת סָאתַיִם מִן הַנֶּקֶב וּלְמַטָּה, בֵּין מִבַּחוּץ בֵּין מִבִּפְנִים, אֶלָּא שֶׁמִּבַּחוּץ צָרִיךְ לִקְמוֹר, מִבִּפְנִים אֵין צָרִיךְ לִקְמוֹר:

Dans une cour de moins de quatre coudées, on ne verse pas directement de l’eau le sabbat à moins d’avoir aménagé une fosse d’absorption pouvant contenir deux seah sous son ouverture, qu’elle soit à l’intérieur ou à l’extérieur. Si elle est à l’extérieur, elle doit être couverte ; à l’intérieur, ce n’est pas nécessaire.

Eruvin 8,10
רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אוֹמֵר, בִּיב שֶׁהוּא קָמוּר אַרְבַּע אַמּוֹת בִּרְשׁוּת הָרַבִּים, שׁוֹפְכִין לְתוֹכוֹ מַיִם בְּשַׁבָּת. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים, אֲפִלּוּ גַג אוֹ חָצֵר מֵאָה אַמָּה, לֹא יִשְׁפֹּךְ עַל פִּי הַבִּיב, אֲבָל שׁוֹפֵךְ מִגַּג לְגַג, וְהַמַּיִם יוֹרְדִין לַבִּיב. הֶחָצֵר וְהָאַכְסַדְרָה מִצְטָרְפִין לְאַרְבַּע אַמּוֹת:

Rabbi Eliezer ben Yaakov dit : lorsqu’un égout couvert court sur quatre coudées sous le domaine public, on peut y verser de l’eau le sabbat. Les sages disent : même depuis un toit ou une cour longue de cent coudées, on ne verse pas directement à l’embouchure de l’égout ; on peut toutefois verser sur le toit, de sorte que l’eau s’écoule ensuite d’elle-même vers l’égout. La cour et le portique s’additionnent pour constituer les quatre coudées requises.

Eruvin 8,11
וְכֵן שְׁתֵּי דְיוֹטָאוֹת זוֹ כְנֶגֶד זוֹ, מִקְצָתָן עָשׂוּ עוּקָה וּמִקְצָתָן לֹא עָשׂוּ עוּקָה, אֶת שֶׁעָשׂוּ עוּקָה, מֻתָּרִין, וְאֶת שֶׁלֹּא עָשׂוּ עוּקָה, אֲסוּרִין:

De même, lorsque deux rangées de maisons se font face et que certains habitants ont aménagé une fosse d’absorption tandis que d’autres ne l’ont pas fait, ceux qui l’ont aménagée peuvent verser leur eau ; ceux qui ne l’ont pas fait ne le peuvent pas.

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