Comment agrandit-on juridiquement une ville pour le calcul de la limite sabbatique ? On prolonge la ligne selon les maisons qui avancent ou reculent et les ruines qui forment des saillies. S’il y a des murs hauts de dix palmes, des ponts ou des monuments funéraires comportant un espace habitable, on étend la mesure jusqu’à eux. On inscrit ensuite la ville dans une forme carrée afin de bénéficier des angles.
Mishnah · Moed · Eruvin
Mishnah Eruvin — chapitre 5
Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
Texte de base : Torat Emet 357, domaine public via Sefaria. Collation critique et annotation à poursuivre avant tout statut supérieur.
Rabbi Meïr accorde à chaque ville un karpef, espace périphérique supplémentaire. Les sages disent qu’on n’a parlé de karpef qu’entre deux villes : si chacune possède vers l’autre soixante-dix coudées et un reste, on attribue cet espace aux deux et elles sont considérées comme une seule ville.
De même, pour trois villages disposés en triangle : si la distance entre les deux villages extérieurs est de cent quarante et une coudées et un tiers ou moins lorsque l’on considère le village central entre eux, le village du milieu réunit les trois en une seule agglomération.
On ne mesure la limite qu’avec une corde de cinquante coudées, ni plus courte ni plus longue, tenue à hauteur de poitrine. Si la ligne rencontre une vallée ou une clôture, on les « absorbe » par une mesure horizontale puis on reprend la ligne. De même pour une montagne, à condition de ne pas sortir de la limite pendant l’opération. Si l’obstacle ne peut être absorbé ainsi, Rabbi Dostaï fils de Rabbi Yannaï rapporte au nom de Rabbi Meïr qu’on mesure la montagne par étapes successives.
La mesure ne se fait qu’avec quelqu’un de compétent. Si une mesure donne plus d’espace à un endroit et moins à un autre, on retient la mesure la plus grande. Si deux mesureurs diffèrent, on retient également la plus grande. Même un esclave ou une servante sont crus pour dire : « Jusqu’ici allait la limite sabbatique », car les sages ont établi cette règle pour faciliter, non pour alourdir.
Une ville qui appartenait autrefois à un seul et est devenue ville de plusieurs peut être réunie entièrement par un erouv. Une ville de plusieurs devenue propriété d’un seul ne peut être réunie entièrement qu’en laissant hors de l’erouv une portion comparable à Hadasha en Judée, qui comptait cinquante habitants : paroles de Rabbi Yehouda. Rabbi Shimon dit qu’il suffit de laisser trois cours comprenant chacune deux maisons.
Une personne se trouve à l’est et dit à son fils : « Établis-moi un erouv à l’ouest », ou inversement. Si sa maison est à moins de deux mille coudées et l’erouv au-delà, il peut aller chez lui mais non jusqu’à l’erouv. Si l’erouv est à moins de deux mille coudées et la maison au-delà, il peut aller jusqu’à l’erouv mais non jusqu’à sa maison. Celui qui place son erouv dans la zone périphérique déjà considérée comme partie de la ville ne gagne rien. S’il le place ne serait-ce qu’une coudée au-delà, il perd d’un côté ce qu’il gagne de l’autre.
Les habitants d’une grande ville peuvent parcourir toute une petite ville située dans leur limite et poursuivre encore deux mille coudées au-delà. Les habitants de la petite ville ne disposent pas nécessairement du même avantage pour une grande ville. Ainsi, celui qui réside dans une grande ville et place son erouv dans une petite, ou inversement, peut parcourir toute la ville où se trouve son erouv et encore deux mille coudées au-delà. Rabbi Aqiva dit : il n’a que deux mille coudées depuis le lieu exact de son erouv.
Rabbi Aqiva leur dit : « Ne reconnaissez-vous pas que celui qui place son erouv dans une grotte n’a que deux mille coudées depuis son erouv ? » Ils répondirent : cela vaut lorsqu’elle n’est pas habitée ; si elle l’est, il peut parcourir toute la grotte et encore deux mille coudées au-delà. Ainsi l’intérieur habité est traité plus favorablement que sa surface. Quant à celui qui mesure sa limite depuis son lieu de résidence, même si les deux mille coudées se terminent au milieu d’une grotte, il s’arrête là.
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