Celui que des non-Juifs ou un état de contrainte ont fait sortir de sa limite sabbatique n’a que quatre coudées de déplacement. S’ils le ramènent, il est comme s’il n’était jamais sorti. S’ils l’ont conduit dans une autre ville ou placé dans un enclos, Rabban Gamliel et Rabbi Elazar ben Azaria disent qu’il peut parcourir tout l’espace clos ; Rabbi Josué et Rabbi Aqiva ne lui accordent que quatre coudées. Il arriva que leur bateau quitta le port en mer : Rabban Gamliel et Rabbi Elazar ben Azaria se déplacèrent dans tout le bateau, tandis que Rabbi Josué et Rabbi Aqiva restèrent dans leurs quatre coudées par rigueur personnelle.
Mishnah · Moed · Eruvin
Mishnah Eruvin — chapitre 4
Texte hébreu et traduction française originale, unité par unité.
Texte de base : Torat Emet 357, domaine public via Sefaria. Collation critique et annotation à poursuivre avant tout statut supérieur.
Une fois, leur bateau n’entra dans le port qu’après la nuit. Ils demandèrent à Rabban Gamliel : « Pouvons-nous descendre ? » Il répondit : « Oui, car j’avais observé notre position avant la nuit et nous étions déjà à l’intérieur de la limite sabbatique. »
Celui qui est sorti de la limite avec autorisation pour accomplir une mission permise, puis apprend que l’action nécessaire a déjà été faite, dispose de deux mille coudées dans chaque direction. S’il se trouve encore à l’intérieur de la limite originelle, il est comme s’il n’était pas sorti. Car ceux qui sortent pour porter secours peuvent revenir à leur lieu.
Celui qui s’est assis en chemin puis, en se relevant, découvre qu’il se trouve tout près d’une ville : puisqu’il n’avait pas eu l’intention d’établir là sa résidence sabbatique, Rabbi Meïr dit qu’il ne peut entrer dans la ville. Rabbi Yehouda dit qu’il peut y entrer. Rabbi Yehouda rapporte qu’un cas semblable arriva à Rabbi Tarfon, qui entra sans avoir formulé d’intention particulière.
Celui qui s’est endormi en chemin sans savoir que la nuit tombait possède, selon Rabbi Yohanan ben Nouri, deux mille coudées dans chaque direction. Les sages ne lui accordent que quatre coudées. Rabbi Eliezer dit : il se tient au milieu de ces quatre coudées. Rabbi Yehouda dit : il peut choisir dans quelle direction les utiliser ; mais une fois son choix fait, il ne peut plus revenir dessus.
Deux personnes dont les domaines de quatre coudées se chevauchent partiellement peuvent apporter leur nourriture et manger dans l’espace commun, à condition qu’aucune ne transporte de son propre domaine dans celui exclusif de l’autre. S’ils sont trois et que le domaine de celui du milieu chevauche celui de chacun des deux autres, lui et chacun d’eux peuvent partager dans leur zone commune, mais les deux extérieurs ne peuvent partager directement entre eux. Rabbi Shimon compare cela à trois cours ouvertes l’une sur l’autre et sur le domaine public : si les deux cours extérieures ont chacune fait un erouv avec celle du milieu, celle du milieu est permise avec chacune, mais les deux extérieures restent interdites l’une à l’autre.
Un voyageur surpris par la nuit qui reconnaît un arbre ou une clôture et dit : « Ma résidence sabbatique est sous cet arbre » n’a rien déterminé, car le lieu est trop imprécis. S’il dit : « Ma résidence est à son pied », il peut marcher jusqu’à deux mille coudées depuis sa position jusqu’au pied de l’arbre, puis encore deux mille coudées depuis ce point jusqu’à sa maison : il peut ainsi parcourir au total jusqu’à quatre mille coudées après la tombée de la nuit.
S’il ne connaît aucun repère ou ignore la règle et dit : « Ma résidence sabbatique est ici », le lieu où il se trouve lui acquiert deux mille coudées dans chaque direction. Rabbi Hanina ben Antigonos les mesure comme un cercle. Les sages les mesurent comme un carré afin qu’il bénéficie des angles.
C’est ce qu’ils entendaient en disant : le pauvre peut établir son erouv avec ses pieds. Rabbi Meïr dit : cette faculté n’a été donnée qu’au pauvre. Rabbi Yehouda dit : pauvre ou riche peuvent agir ainsi ; l’institution de l’erouv avec du pain n’a été créée que pour faciliter la tâche du riche afin qu’il n’ait pas à sortir lui-même jusqu’au lieu de résidence.
Celui qui était sorti pour aller dans une ville où il voulait établir son erouv et qu’un ami a fait revenir peut, selon Rabbi Yehouda, encore aller jusqu’à cette ville, alors que les autres habitants de sa ville ne le peuvent pas. Rabbi Meïr dit : toute personne qui pouvait établir un erouv mais ne l’a finalement pas fait se trouve dans la situation restrictive dite « ânier-chamelier ».
Celui qui est sorti hors de la limite sabbatique, même d’une seule coudée, ne peut rentrer. Rabbi Eliezer dit : s’il n’est sorti que de deux coudées, il peut rentrer ; de trois, non. Celui que la nuit surprend juste hors de la limite, même d’une coudée, ne peut entrer. Rabbi Shimon dit : même jusqu’à quinze coudées, il peut entrer, car les mesureurs de la limite ne vont pas jusqu’à l’extrémité exacte afin de ménager ceux qui peuvent se tromper.
Passerelles
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